Aschach an der Donau Austria
Austria

Le Danube prend son temps dans ce coin de Haute-Autriche. En amont, le fleuve vient de s'offrir sa boucle la plus théâtrale, l'épingle de Schlögen, où il tourne sur lui-même entre des versants couverts de forêt; en aval s'ouvre le bassin fertile d'Eferding. Entre les deux, Aschach an der Donau aligne ses façades pastel le long de la rive, avec son clocher pointu et ses toits sages. Deux mille habitants, pas un de plus : voici l'escale fluviale dans ce qu'elle a de plus intime.

Un village né du fleuve

Au Moyen Âge, le bourg vivait du péage : les bateliers qui descendaient le Danube devaient s'y arrêter et payer leur droit de passage. Trains de bois flotté et barges de sel firent longtemps la fortune des aubergistes, à l'époque où des attelages de chevaux halaient les embarcations à contre-courant. Cette prospérité ancienne se lit encore dans le bourg, où les maisons des XVe et XVIe siècles montrent des façades gothiques, Renaissance ou baroques étonnamment soignées pour un si petit lieu. En flânant dans la rue principale, on remarque les portails sculptés, les cours intérieures et les enseignes de fer forgé; l'église paroissiale, reconstruite vers 1490, veille sur l'ensemble avec sa silhouette de gothique tardif.

La promenade des bords de l'eau

Le quai d'amarrage se trouve directement au village : trente secondes de passerelle et l'on marche déjà sur la berge. La promenade riveraine suit le fleuve dans les deux directions, ponctuée de bancs et de vieux arbres. Les cyclistes de la piste danubienne, l'une des plus fréquentées d'Europe, filent en sonnaillant; les pêcheurs surveillent leurs lignes; les habitants promènent leur chien en saluant les passagers. C'est un spectacle sans événement, et c'est exactement ce qui repose. Juste en aval, l'écluse de la grande centrale hydroélectrique voisine, la plus puissante d'Autriche au fil de l'eau, fait passer les navires d'un bief à l'autre; observée depuis le pont supérieur, la manœuvre a ses adeptes.

Vin, vergers et tavernes

La région cultive la vigne et les vergers depuis des siècles, et quelques tavernes familiales servent le vin du coin accompagné de charcuteries et de fromages fermiers. Selon la saison, on trouve aussi le moût nouveau ou le cidre de poire, spécialité discrète de la Haute-Autriche. Les marcheurs croisent en chemin l'une de ces chapelles fleuries que la Haute-Autriche sème le long de ses coteaux. S'attabler une heure dans une cour ombragée, un verre à la main, pendant que les cloches sonnent le quart : l'escale tient parfois tout entière dans ce genre de moment.

Autour du village

  • Le château d'Aschach, propriété privée, se contemple depuis l'extérieur; sa masse claire domine l'entrée amont du bourg.
  • La boucle de Schlögen se découvre depuis le pont du navire à l'arrivée ou au départ; des belvédères la surplombent pour les excursions organisées.
  • La vallée du Pesenbach, à quelques kilomètres, cache le Kerzenstein, une colonne de granit de douze mètres sculptée par l'érosion.
  • Les sentiers du Sauwald grimpent dans la forêt pour une randonnée de quelques heures, réservée aux plus longues escales.

Beaucoup de voyageurs ne retiendront de cette halte qu'une parenthèse entre deux villes célèbres du programme. Les autres, ceux qui auront pris le temps de s'asseoir sur la berge et d'écouter le fleuve, comprendront pourquoi les peintres autrichiens aimaient tant ces rives. Le Danube ne se raconte pas seulement à Vienne ou à Passau; il se confie aussi, à voix basse, dans les villages qui l'ont vu passer depuis mille ans.

Questions fréquentes

Au quai du village même. Trente secondes de passerelle et l'on marche déjà sur la berge : aucune navette n'est nécessaire.
Entièrement. Le bourg compte environ 2 000 habitants et sa rue principale se parcourt en quelques minutes depuis le quai.
Flâner dans la rue principale pour ses façades gothiques, Renaissance et baroques des XVe et XVIe siècles, suivre la promenade riveraine dans un sens ou dans l'autre, puis s'attabler dans une taverne familiale devant un verre de vin du coin.
Son passé de poste de péage. Au Moyen Âge, les bateliers qui descendaient le Danube devaient s'y arrêter et payer leur droit de passage; trains de bois flotté et barges de sel ont fait la fortune des aubergistes, et cette prospérité ancienne se lit encore dans les portails sculptés et les cours intérieures.
Pas depuis le village. Le méandre se découvre depuis le pont du navire, en amont, à l'arrivée ou au départ. Des belvédères le surplombent pour ceux qui prennent une excursion.
L'euro. Dans un village de cette taille, gardez un peu d'argent comptant : les petites tavernes et les fermes n'acceptent pas toutes les cartes.
L'allemand. Quelques commerçants se débrouillent en anglais; le français est rare. Un mot de salutation en allemand est toujours bien reçu.
Le vin de la région et le cidre de poire, spécialité discrète de la Haute-Autriche, servis avec charcuteries et fromages fermiers. Selon la saison, on trouve aussi le moût nouveau.
Modérément. C'est une escale calme, sans attraction conçue pour les enfants. Le passage de l'écluse de la grande centrale hydroélectrique voisine, observé du pont supérieur, les intéresse souvent plus que le village.
De mai à début octobre, quand les tavernes ouvrent leurs cours et que la promenade riveraine est agréable. L'automne ajoute les vendanges et les vergers; l'hiver, la plupart des commerces du village dorment.