Kythira Island Diakofti, Greece

Les poètes et les peintres ont rêvé de Cythère bien avant les navigateurs. C'est ici, selon la tradition antique, qu'Aphrodite serait née de l'écume, et le nom de l'île a traversé les siècles comme un synonyme du voyage amoureux. La réalité est plus discrète et plus attachante : suspendue entre le Péloponnèse et la Crète, à l'écart des grandes routes maritimes, Kythira cultive un art de vivre paisible que peu de croisiéristes ont encore eu la chance d'approcher.

Diakofti, la porte de l'île

Les navires font relâche à Diakofti, sur la côte est, le seul point d'accostage moderne de l'île, adossé à un îlot relié par une chaussée. Le hameau lui-même se résume à quelques maisons, une plage de sable clair et une eau translucide où l'on patauge dès la descente. Tout l'intérêt de l'escale consiste à s'enfoncer dans les terres, en taxi ou en voiture de location, sur des routes qui montent entre les collines couvertes de thym et d'oliviers. Les conducteurs locaux connaissent les horaires des navires et proposent volontiers des boucles adaptées au temps disponible : précisez simplement l'heure limite de retour à bord.

Chora et sa forteresse vénitienne

La capitale, Chora, coiffe une crête au sud de l'île. Ses maisons blanchies à la chaux s'alignent le long d'une rue principale sans prétention, entre bougainvilliers et petites places où le temps s'écoule au rythme des conversations. Tout au bout, la forteresse vénitienne domine la mer d'une hauteur vertigineuse : depuis les remparts, le regard embrasse la double baie en contrebas et, par temps clair, semble porter jusqu'à la Crète. Dans l'enceinte, les archives historiques et les chapelles rappellent que Venise tint l'île pendant des siècles, y laissant son empreinte dans la pierre comme dans les noms de famille. On flâne ensuite en redescendant la rue principale, entre cafés et façades patinées, sans croiser le moindre autocar.

Kapsali, les bains sous le château

En contrebas, à 2,5 kilomètres par la route, Kapsali arrondit ses deux anses jumelles au pied des falaises. Tavernes et cafés bordent la plage principale, où les eaux calmes et peu profondes invitent à la baignade avec le château en surplomb. C'est l'endroit parfait pour conclure la visite : un plongeon, une friture de poisson, un café grec, dans un décor qui n'a pas eu besoin de se déguiser pour plaire. Les plus curieux pousseront jusqu'au bout de la jetée, d'où la vue remonte vers les maisons blanches accrochées à la crête.

Moulins, cascades et villages

Les escales plus longues permettent de pousser vers Mylopotamos, village de sources et de platanes d'où un sentier descend la vallée des moulins à eau jusqu'à la cascade de Neraida. Les marcheurs y trouvent une Grèce fraîche et verte, à contre-courant des images habituelles de l'archipel : platanes centenaires, eau courante, mousse sur les vieilles pierres des moulins. Ailleurs, les ruines de Paleochora, ancienne capitale byzantine accrochée à son ravin, récompensent ceux qui aiment les pierres chargées de récits.

Repères pratiques

  • Accostage ou mouillage à Diakofti; prévoir taxi ou voiture de location pour explorer l'île.
  • Capitale et baie de Kapsali dans le sud de l'île; comptez une demi-journée pour les deux.
  • Baignade familiale dans des eaux abritées, tavernes sur place pour le repas du midi.
  • Routes sinueuses : prévoyez une marge confortable pour le retour au navire.

Watteau a peint jadis un embarquement pour Cythère; les passagers d'aujourd'hui vivent la scène en sens inverse, et c'est le débarquement qui tient de l'œuvre d'art. Au retour, quand l'îlot de Diakofti rapetisse dans le sillage, chacun comprend pourquoi cette île a inspiré tant de rêveries : elle ne montre presque rien, et elle donne beaucoup.

Questions fréquentes

À Diakofti, sur la côte est, le seul point d'accostage moderne de l'île, adossé à un îlot relié par une chaussée. Le hameau se résume à quelques maisons, une plage de sable clair et une eau translucide.
On peut, mais on manquerait l'essentiel. Tout l'intérêt consiste à s'enfoncer dans les terres, en taxi ou en voiture de location, sur des routes qui montent entre les collines couvertes de thym et d'oliviers.
La capitale Chora et sa forteresse vénitienne, puis la baie de Kapsali en contrebas pour la baignade et le repas. Comptez une demi-journée pour les deux, dans le sud de l'île.
Un ouvrage vénitien au bout de la rue principale, qui domine la mer d'une hauteur vertigineuse. Depuis les remparts, le regard embrasse la double baie en contrebas et, par temps clair, semble porter jusqu'à la Crète. Dans l'enceinte, archives historiques et chapelles.
Deux anses jumelles au pied des falaises, à 2,5 kilomètres de Chora par la route, avec tavernes et cafés au bord de la plage. Les eaux sont calmes et peu profondes, avec le château en surplomb : c'est l'endroit idéal pour conclure la visite.
Parce que selon la tradition antique, Aphrodite y serait née de l'écume. Le nom a traversé les siècles comme un synonyme du voyage amoureux, et Watteau a peint jadis un embarquement pour Cythère.
Un village de sources et de platanes d'où un sentier descend la vallée des moulins à eau jusqu'à la cascade de Neraida. On y trouve une Grèce fraîche et verte, à contre-courant des images habituelles de l'archipel. Réservé aux escales longues.
C'est plus prudent. Les conducteurs locaux connaissent les horaires des navires et proposent volontiers des boucles adaptées au temps disponible : précisez simplement l'heure limite de retour à bord.
Bien pour la baignade : Kapsali offre des eaux abritées et peu profondes, et Diakofti a une plage de sable clair dès la descente. Les routes sinueuses de l'intérieur demandent en revanche un peu de patience.
L'euro et le grec. L'île reste à l'écart des grandes routes maritimes et peu de croisiéristes l'ont approchée : prévoyez du comptant. L'anglais se pratique dans les tavernes de Kapsali.