Ostiglia Italy

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Le Pô coule ici large et tranquille, entre des digues plantées de peupliers où les hérons montent la garde. Ostiglia apparaît au détour d'un méandre : un campanile, des toits de tuiles, un quai modeste où les bateaux fluviaux qui relient Venise à Mantoue font régulièrement halte. Cette petite ville lombarde d'environ 7 000 habitants ne figure dans aucun palmarès touristique, et c'est précisément ce qui rend l'arrêt intéressant : on y touche l'Italie du fleuve, agricole et laborieuse, celle qui a nourri la plaine du Pô depuis les Romains.

Hostilia, fille de Rome

Sous ses airs discrets, Ostiglia possède un passé considérable. La bourgade romaine d'Hostilia, port fluvial actif sur la route entre Vérone et le delta, expédiait déjà grains et marchandises sur le fleuve il y a deux mille ans. L'écrivain Cornelius Nepos, biographe et ami de Cicéron, serait né dans les environs. Le petit musée civique conserve des vestiges de cette époque, et quelques rues du centre suivent encore la trame antique. C'est aussi d'Hostilia que partait vers le nord la via Claudia Augusta, route impériale qui gagnait le Danube et dont le tracé fait aujourd'hui le bonheur des cyclistes au long cours.

Le centre, entre portiques et café lent

La promenade dans le noyau ancien demande une heure sans se presser : la place principale et ses arcades, l'église paroissiale, les palais de brique rose et les commerces où l'on entre autant pour bavarder que pour acheter. Le bourg s'enorgueillit d'un titre inattendu : c'est ici qu'Arnoldo Mondadori fonda en 1907 la maison d'édition devenue la plus grande d'Italie. Une plaque et le souvenir des presses rappellent que ce bourg agricole a contribué à faire lire tout un pays.

Les marais, refuge d'oiseaux

Aux portes de la ville s'étend la réserve naturelle des Paludi di Ostiglia, zone humide protégée qui prolonge l'oasis de Busatello. Roselières, canaux et prairies inondées y accueillent environ 175 espèces d'oiseaux, du butor étoilé au héron pourpré, ainsi que tortues des marais et grenouilles. Des passerelles et des postes d'observation permettent une balade silencieuse aux jumelles — un contrepoint agréable après les villes d'art du parcours. Tôt le matin ou en fin de journée, quand la brume s'accroche aux roselières, l'endroit prend des airs de delta miniature.

Mantoue, l'excursion qui s'impose

La plupart des croisières fluviales profitent de l'escale pour conduire leurs passagers à Mantoue, à une trentaine de kilomètres. Entourée de trois lacs formés par le Mincio, la ville des Gonzague concentre un patrimoine classé au patrimoine mondial de l'UNESCO : l'immense Palazzo Ducale et la Camera degli Sposi peinte par Mantegna, le Palazzo Te et ses fresques de Giulio Romano, les places médiévales qui s'enchaînent comme des salons à ciel ouvert. Une demi-journée y passe très vite, et les circuits laissent généralement du temps libre autour de la Piazza delle Erbe et de sa rotonde romane du XIe siècle.

À table, la cuisine du fleuve

La région mange gras et bon : tortelli di zucca (raviolis à la courge, note sucrée-salée), risotto alla pilota, viandes braisées et, en dessert, la sbrisolona qui s'émiette sous les doigts. Les vins de Lambrusco mantouan, légers et perlants, accompagnent le tout. Les trattorias du bourg et des environs servent cette cuisine sans chichi, à des prix de campagne. Le riz vialone nano, cultivé dans les rizières de la rive véronaise toute proche, entre dans la plupart des risottos servis à table.

Au moment où le bateau reprend le fil du courant, les peupliers défilent de nouveau et les clochers de la plaine se répondent d'une rive à l'autre. Ostiglia aura offert ce que les grandes destinations ne peuvent plus donner : du temps, du silence, et la sensation d'avoir vu l'Italie de l'intérieur, celle qui vit avec son fleuve depuis toujours.

Questions fréquentes

À un quai fluvial modeste au bord du Pô, en bordure directe du bourg. Ostiglia est une escale de croisière fluviale, pas un port maritime : le débarquement se fait au pied des digues plantées de peupliers, à quelques minutes du centre.
Oui, entièrement. Le noyau ancien se parcourt en une heure sans se presser : la place à arcades, l'église paroissiale, les palais de brique rose et les commerces de la rue principale.
La plupart des passagers partent pour Mantoue, à une trentaine de kilomètres. Si vous restez sur place, comptez une heure pour le bourg et le musée civique, puis consacrez le reste à la réserve des Paludi di Ostiglia et à ses postes d'observation.
Oui, c'est même la raison d'être de la plupart des programmes. La ville des Gonzague, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, aligne le Palazzo Ducale avec la Camera degli Sposi de Mantegna, le Palazzo Te et ses fresques de Giulio Romano, et des places médiévales qui s'enchaînent. Une demi-journée y passe très vite.
Une réserve naturelle de zones humides aux portes de la ville, prolongement de l'oasis de Busatello. Roselières, canaux et prairies inondées y accueillent environ 175 espèces d'oiseaux, du butor étoilé au héron pourpré. Des passerelles et des postes d'observation permettent une balade silencieuse aux jumelles.
Peu de monuments, mais un passé réel. Ostiglia est l'antique Hostilia, port fluvial romain sur la route entre Vérone et le delta ; le petit musée civique en conserve les vestiges. C'est aussi ici qu'Arnoldo Mondadori fonda en 1907 la maison d'édition devenue la plus grande d'Italie. Si vous cherchez des chefs-d'œuvre, allez à Mantoue.
L'euro. Les cartes passent dans la plupart des commerces, mais un bourg de cette taille compte encore des cafés et des marchands qui préfèrent le liquide. Gardez quelques billets.
L'italien, avec un dialecte lombard entre habitants. L'anglais est peu répandu hors des circuits organisés : les guides d'excursion assurent la traduction, mais dans les commerces du bourg, attendez-vous à communiquer par gestes et sourires.
D'avril à juin et de septembre à octobre. Le printemps et l'automne conviennent le mieux à l'observation des oiseaux dans les marais, et la plaine du Pô devient lourde et moite en plein été. Les brumes matinales d'automne donnent au paysage son plus beau visage.
La cuisine du fleuve, généreuse et sans détour : tortelli di zucca (raviolis à la courge, note sucrée-salée), risotto alla pilota au riz vialone nano, viandes braisées et, en dessert, la sbrisolona qui s'émiette sous les doigts. Le Lambrusco mantouan, léger et perlant, accompagne le tout.