Sulina Romania
Romania

Aucune route ne mène à Sulina. On y arrive par l'eau ou l'on n'y arrive pas. C'est ici, à l'extrémité orientale de la Roumanie et de l'Union européenne, que le Danube achève son voyage de 2 850 kilomètres et se dissout dans la mer Noire. Les bateaux fluviaux qui traversent le delta font de cette bourgade leur point final, et le lieu a le caractère singulier des fins de parcours : un mélange de lumière marine, de maisons basses et de souvenirs cosmopolites.

La ville que le fleuve a fait naître

Au dix-neuvième siècle, Sulina fut le siège de la Commission européenne du Danube, créée en 1856 pour rendre l'embouchure navigable. Ingénieurs, marins et négociants de toute l'Europe s'y côtoyaient, et la petite cité portuaire vivait au rythme des pavillons étrangers. De cette époque subsistent des bâtiments d'inspiration occidentale le long du quai, l'église grecque Saint-Nicolas dressée face au fleuve, et un cimetière maritime où reposent, côte à côte, des marins britanniques, grecs, turcs et roumains. Peu d'endroits racontent aussi bien l'Europe des navigateurs.

Le vieux phare et son musée

Le vieux phare, achevé en 1870, veillait autrefois sur l'entrée du port. Haut de 17 mètres, il se dresse aujourd'hui au milieu de la ville, car les alluvions ont repoussé le rivage loin de sa lanterne. Il abrite un petit musée consacré à l'histoire de la navigation et aux traditions maritimes du delta. Grimper ses marches, puis regarder la bourgade et les toits depuis la galerie, vaut l'effort : la montée est courte, mais la récompense dure. On saisit d'un coup d'œil combien le courant façonne et déplace tout ici, même la ligne du rivage.

Aux portes d'un royaume d'oiseaux

Autour de la petite cité s'étend le delta du Danube, réserve de biosphère parmi les plus riches du continent, royaume d'eau, de roseaux et d'oiseaux. Pélicans, hérons, cormorans et dizaines d'autres espèces peuplent les canaux et les lacs. Les excursions en barque proposées depuis le quai s'enfoncent dans ce labyrinthe végétal où le moteur se coupe pour écouter les ailes et les roseaux. Les guides locaux repèrent les pélicans bien avant tout le monde. À quelques kilomètres, la plage sauvage voisine étire son sable presque vierge entre le chenal et la mer.

Repères pour l'escale

RepèreCe qu'il faut savoir
AccostageLes bateaux fluviaux s'amarrent au quai, le long de la promenade principale
AccèsUniquement par voie d'eau; aucune route ne rejoint Sulina
À piedÉglise grecque, vieux phare et berges à distance de marche
NatureRéserve de biosphère du delta; excursions en barque et plage sauvage

Flâner sur le quai

La vie locale se concentre sur sa promenade riveraine. On y observe les cargos qui remontent vers les ports d'amont, les barques des pêcheurs, les enfants qui plongent depuis les pontons en été. On échange quelques mots avec les riverains, souvent ravis de voir des voyageurs prendre le temps de s'attarder. Les terrasses servent une soupe de poisson locale, la fameuse bors de peste, et des plats simples tirés des eaux voisines. Les rues perpendiculaires, calmes et ombragées, alignent des maisons basses aux toits de tuile où le temps semble ralentir à mesure qu'on s'éloigne de l'eau.

Là où le fleuve devient mer

Avant de repartir, allez regarder l'endroit où le chenal s'ouvre sur l'horizon. L'eau douce, chargée du limon de dix pays, rencontre l'eau salée dans un dégradé mouvant que les mouettes survolent en criant. On pense à tout ce que ces eaux ont traversé, forêts allemandes, capitales impériales, gorges des Carpates, pour finir ici, dans cette lumière étale. Ceux qui aiment les bouts du monde repartent d'ici avec une envie neuve : celle de remonter un jour le Danube jusqu'à sa source.

Questions fréquentes

Au quai qui longe la promenade principale, en plein cœur de la bourgade. Sulina n'a pas de terminal de croisière : les bateaux fluviaux s'amarrent le long de la berge et vous débarquez directement dans la rue riveraine.
Non. Aucune route ne rejoint Sulina. On y arrive par l'eau, en descendant le bras de Sulina du Danube, ou pas du tout. C'est ce qui explique l'atmosphère de bout du monde de l'endroit.
Ni l'un ni l'autre. Tout se fait à pied depuis le quai : l'église grecque Saint-Nicolas, le vieux phare et le cimetière maritime sont à quelques minutes de marche. La bourgade est petite et plate.
Le vieux phare et son musée d'abord, puis le cimetière maritime, l'église grecque, et une marche sur la promenade du quai. S'il vous reste du temps, une sortie en barque dans les canaux du delta ou un saut jusqu'à la plage sauvage complètent bien la journée.
C'est le point final du fleuve : après 2 850 kilomètres, le Danube s'y dissout dans la mer Noire. Sulina fut aussi le siège de la Commission européenne du Danube dès 1856, et son cimetière maritime rassemble des marins britanniques, grecs, turcs et roumains côte à côte.
Oui. Achevé en 1870 et haut de 17 mètres, il abrite un petit musée sur la navigation et les traditions du delta. Curiosité : il se dresse aujourd'hui en pleine ville, car les alluvions ont repoussé le rivage loin de sa lanterne.
Oui, et c'est l'une des raisons de venir. Sulina ouvre sur la réserve de biosphère du delta du Danube, où pélicans, hérons et cormorans sont courants. Les excursions en barque dans les canaux offrent les meilleures observations; depuis le quai, la vue reste plus modeste.
Le leu roumain. Sulina est une petite localité isolée : prévoyez de l'argent comptant, car les terrasses, les barques d'excursion et les commerces n'acceptent pas tous les cartes, et les guichets automatiques sont rares.
Le roumain. L'anglais se comprend au port et dans les endroits touchés par le tourisme fluvial, mais très peu ailleurs. Le français est rare. Quelques mots de roumain sont bien reçus.
De mai à septembre, quand les bateaux fluviaux descendent le delta. Mai et juin sont les meilleurs mois pour les oiseaux et la végétation; juillet et août sont chauds et propices à la baignade, mais les moustiques du delta se font sentir en soirée — apportez un répulsif.