Chiang Khong Thailand

Le Mékong coule ici entre deux pays : la Thaïlande sur une rive, le Laos sur l'autre, et un simple regard suffit pour embrasser les deux. Chiang Khong, bourgade de la province de Chiang Rai, s'étire le long de cette frontière liquide dans l'extrême nord thaïlandais, aux portes de la région dite du Triangle d'or. Les bateaux fluviaux qui naviguent sur le haut Mékong y font halte, et l'endroit sert aussi de point de passage pour rejoindre les embarcations qui descendent vers Luang Prabang depuis Huay Xai, la localité laotienne d'en face.

On aborde une rive tranquille, sans terminal ni grue, où les longues barques colorées se balancent au bout de leurs amarres. Le rythme de l'escale s'accorde immédiatement à celui du courant : lent, régulier, ponctué par le passage des pirogues de pêcheurs qui remontent contre le fil de l'eau.

La promenade riveraine

Le chemin de halage qui longe l'eau constitue le vrai monument de la bourgade. On y marche face aux collines laotiennes, dont les crêtes bleutées se succèdent jusqu'à l'horizon, pendant que les jardins potagers descendent en terrasses vers le courant brun. Les habitants y promènent leurs enfants, tendent leurs filets, surveillent la montée des eaux selon la saison. Quelques cafés au plancher de bois surplombent la berge et servent un café de montagne cultivé dans la province ; s'y attabler une demi-heure, tasse fumante devant le panorama, résume assez bien l'art de vivre du grand nord thaïlandais.

Un temple tricentenaire

Dans le bourg, un temple vieux de trois siècles conserve un chedi de style Chiang Saen, du nom de l'ancien royaume qui rayonnait sur ce coude du fleuve. Les moines y perpétuent la routine des offrandes matinales, et les visiteurs respectueux peuvent parcourir l'enceinte en dehors des offices. La modestie du lieu fait partie de son intérêt : rien n'y est aménagé pour la photo, tout y demeure vivant et quotidien. Une tenue couvrant épaules et genoux s'impose, comme partout dans les sanctuaires du royaume, et une petite contribution à la boîte des dons est toujours bienvenue.

Marchés et saveurs du nord

Le marché du matin déploie ses bâches dès l'aube : poissons du Mékong, herbes amères, piments par paniers entiers et douceurs de riz gluant enveloppées dans des feuilles de bananier. C'est le meilleur endroit pour sentir battre le cœur de la bourgade et rapporter quelques trouvailles, tissus tissés main ou café local. Les échoppes de nouilles servent des bols fumants qui valent bien des restaurants réputés, et le soir, quelques grils s'installent devant le couchant qui embrase les crêtes laotiennes.

Repères pour l'escale

Lieu Accès depuis la berge d'accostage
Chemin de halage et vues sur le Laos Immédiat, le long du fleuve
Temple tricentenaire et son vieux chedi Dans le bourg, à pied
Marché du matin Centre du bourg, à pied
Pont de l'Amitié vers le Laos À une dizaine de kilomètres, en véhicule

Le fleuve comme fil conducteur

Chiang Khong n'accumule pas les attraits ; elle offre autre chose, une position. Assis sur la berge en fin d'après-midi, on regarde la lumière glisser sur les collines du Laos et les pirogues rentrer à l'abri, et l'on comprend ce qui attire les voyageurs au long cours vers le haut Mékong. Cette artère d'eau relie six pays, nourrit des millions de personnes, et c'est ici, entre deux rives qui se font face sans se ressembler, qu'on le ressent le mieux. Les routards qui patientent avant la descente vers Luang Prabang croisent les passagers des navires de croisière fluviale dans les mêmes cafés, et les conversations s'engagent d'elles-mêmes. L'escale s'achève souvent par un silence, celui des voyageurs qui n'ont pas envie de quitter la berge.

Questions fréquentes

Sur une rive tranquille du Mékong, sans terminal ni grue, où les longues barques colorées se balancent au bout de leurs amarres. Chiang Khong est une bourgade de la province de Chiang Rai, dans l’extrême nord thaïlandais, aux portes de la région dite du Triangle d’or.
Oui, d’un simple regard : le Mékong coule ici entre deux pays, la Thaïlande sur une rive, le Laos sur l’autre. Les crêtes bleutées des collines laotiennes se succèdent jusqu’à l’horizon, et la localité de Huay Xai fait face au bourg.
Marcher sur le chemin de halage qui longe le fleuve, visiter le temple tricentenaire du bourg, parcourir le marché du matin et s’attabler dans un café au plancher de bois surplombant la berge. Tout se fait à pied et sans se presser : c’est l’esprit du lieu.
Le vrai monument de la bourgade : un sentier le long de l’eau, face aux collines laotiennes, où les jardins potagers descendent en terrasses vers le courant brun. Les habitants y promènent leurs enfants, tendent leurs filets et surveillent la montée des eaux selon la saison.
Un chedi de style Chiang Saen, du nom de l’ancien royaume qui rayonnait sur ce coude du fleuve, dans un temple vieux de trois siècles. Les moines y perpètuent la routine des offrandes matinales et les visiteurs respectueux peuvent parcourir l’enceinte en dehors des offices.
Épaules et genoux couverts, comme partout dans les sanctuaires du royaume. Une petite contribution à la boîte des dons est toujours bienvenue. Le lieu n’a rien d’aménagé pour la photo : il reste vivant et quotidien, ce qui appelle une certaine discrétion.
Des poissons du Mékong, des herbes amères, des piments par paniers entiers et des douceurs de riz gluant enveloppées dans des feuilles de bananier. Les bâches se déploient dès l’aube. C’est aussi là qu’on rapporte des tissus tissés main ou du café local.
Des bols de nouilles fumants, servis dans des échoppes qui valent bien des restaurants réputés, et le café de montagne cultivé dans la province, à boire face au panorama. Le soir, quelques grils s’installent devant le couchant qui embrase les crêtes laotiennes.
Le pont de l’Amitié se trouve à une dizaine de kilomètres, en véhicule, et c’est par là que transitent les voyageurs qui descendent ensuite vers Luang Prabang depuis Huay Xai. Une traversée frontalière ne s’improvise pas le temps d’une escale : elle relève du programme du bateau, pas de l’initiative individuelle.
À une escale qui n’accumule pas les attraits mais qui offre une position. Le Mékong relie six pays et nourrit des millions de personnes; c’est ici, entre deux rives qui se font face sans se ressembler, qu’on le ressent le mieux. Le rythme est lent, régulier, réglé sur le courant.