Houston Texas

Soyons francs d'entrée de jeu : les paquebots ne s'amarrent plus à Houston même. Le terminal de Bayport a cessé d'accueillir des croisières en 2016, et c'est Galveston, à environ 80 km au sud-est, qui sert aujourd'hui de grand port d'embarquement du Texas. Houston n'en demeure pas moins l'étape naturelle d'avant ou d'après croisière : quatrième ville des États-Unis, plaque tournante de l'énergie et capitale mondiale de l'aventure spatiale, elle mérite qu'on lui consacre une journée pleine avant de prendre la mer.

Space Center Houston

Une seule adresse justifierait le détour : le Space Center, porte d'entrée officielle du centre spatial Johnson, d'où furent dirigées les missions Apollo. On y touche une pierre lunaire, on y contemple la fusée Saturn V couchée dans son hangar, immense au point de défier la compréhension, et l'on parcourt en tramway le campus de la NASA, y compris la salle de contrôle restaurée d'Apollo, celle du « Houston, we've had a problem ». Les passionnés y passeraient la journée entière : simulateurs, capsules d'époque, combinaisons lunaires et récits d'astronautes se succèdent sans temps mort. Comptez au moins une demi-journée; le site se trouve à une quarantaine de kilomètres au sud-est de la métropole, sur la route du littoral.

Le quartier des musées

La métropole texane aligne dans un même secteur verdoyant une concentration de musées rare en Amérique. Le Musée des beaux-arts, l'un des plus vastes du pays, couvre six millénaires d'art. Le Musée des sciences naturelles enchaîne squelettes de dinosaures, salle des gemmes et pavillon des papillons vivants. La collection Menil, gratuite, réunit surréalistes et antiquités dans un pavillon de verre au milieu d'un quartier de bungalows gris, à deux pas de la chapelle Rothko, espace de silence tapissé des toiles sombres du peintre. Le parc Hermann voisin, avec son jardin japonais et son petit train, invite à souffler entre deux collections.

Tours, tunnels et chauves-souris

Le secteur des affaires dresse ses tours de verre au-dessus d'un réseau insolite : une dizaine de kilomètres de tunnels climatisés relient les gratte-ciel, réponse locale aux étés torrides. En surface, le quartier des théâtres concentre opéra, ballet et orchestre symphonique de renom, tandis que le parc Discovery Green anime les abords du palais des congrès. Les berges réaménagées du bayou Buffalo se prêtent à la marche et au vélo, skyline en toile de fond; au crépuscule, des centaines de milliers de chauves-souris s'envolent du pont de la rue Waugh sous les yeux des curieux rassemblés.

Une table cosmopolite

Terre d'immigration massive, la capitale texane de l'énergie s'est taillé une réputation de grande destination gourmande : barbecue fumé de longues heures, cuisine tex-mex, tables vietnamiennes parmi les meilleures du continent, artères entières dédiées aux saveurs indiennes ou chinoises. Un repas improvisé y vaut souvent bien des restaurants réputés d'autres grandes capitales.

Repères pour le passage en ville

Trajet (depuis le centre-ville, sauf indication)Distance et durée approximatives
Terminal de croisière de GalvestonEnviron 80 km, 1 h à 1 h 30 selon la circulation
Space CenterUne quarantaine de kilomètres, 30 à 40 minutes
Space Center vers GalvestonEnviron 50 km, 40 minutes
Aéroports (IAH et Hobby) vers le port d'embarquementPrévoir 1 h 15 à 2 h selon l'aéroport

Cap sur le golfe

Le lendemain, sur la route du golfe, les tours s'effacent dans le rétroviseur et les raffineries cèdent peu à peu la place aux marais côtiers, aux hérons et aux ponts sur la baie. On embarque avec le sentiment d'avoir croisé une géante qui regarde à la fois vers l'espace et vers le large, démesurée et accueillante à la fois. Peu d'itinéraires de croisière commencent avec, en mémoire, une fusée de 110 mètres couchée dans un hangar.

Questions fréquentes

Pas au centre-ville. Les paquebots utilisent le terminal de croisière de Bayport, sur la baie de Galveston, à environ 40 km au sud-est du centre de Houston. Comptez de 40 à 60 minutes de route selon la circulation.
Non, en aucun cas. Le terminal est isolé dans une zone industrielle portuaire, sans commerces ni attraits à distance de marche. Une navette, un taxi ou une excursion est indispensable.
Le Space Center Houston, en priorité : c'est l'attrait qui justifie à lui seul le déplacement. Le quartier des musées et le centre-ville complètent bien une journée.
La porte d'entrée officielle du centre spatial Johnson de la NASA, avec navette d'exposition, salle de contrôle historique et modules d'entraînement des astronautes. Comptez au minimum trois heures sur place.
Une concentration de musées rare en Amérique du Nord, regroupés dans un même secteur verdoyant : beaux-arts, sciences naturelles, art contemporain et plusieurs institutions plus modestes, souvent à distance de marche les unes des autres.
Une dizaine de kilomètres de galeries climatisées reliant les tours du secteur des affaires, avec commerces et restaurants. C'est une curiosité locale née de la chaleur texane, et elle se parcourt à pied en semaine.
Oui, une colonie s'est établie sous un pont du centre-ville et sort en nuée au crépuscule, du printemps à l'automne. C'est un spectacle gratuit et étonnant en pleine ville.
Le dollar américain, l'anglais et beaucoup d'espagnol. Houston est l'une des villes les plus cosmopolites des États-Unis : cartes de crédit acceptées partout, pourboire attendu.
De mars à mai et d'octobre à décembre : chaleur supportable et humidité moindre. L'été texan est étouffant et la saison des ouragans court de juin à novembre sur le golfe du Mexique.
De tout, et c'est la force de la ville. Terre d'immigration massive, Houston s'est taillé une réputation de grande table américaine : barbecue texan, cuisine mexicaine, vietnamienne, cajun et indienne se côtoient dans les mêmes quartiers.