Un pont a suffi à inscrire Arnhem dans la mémoire du monde. En septembre 1944, des parachutistes britanniques tentèrent de s'emparer du passage sur le Rhin inférieur lors de l'opération Market Garden ; la bataille qui suivit marqua la ville à jamais. Aujourd'hui, les bateaux de croisière fluviale s'amarrent au Rijnkade, la berge aménagée entre les ponts Nelson-Mandela et John-Frost, ce dernier surnommé par les soldats « un pont trop loin ». Depuis la passerelle, dix minutes de marche mènent au centre, le long d'une berge animée de restaurants et de péniches. L'escale se joue entre mémoire, clochers et douceur de vivre néerlandaise.
La mémoire de 1944
Le premier détour s'impose au pied de l'ouvrage, où un centre d'information retrace la bataille d'Arnhem : photographies, témoignages, cartes des combats de rue, récits des habitants pris entre deux feux. Des plaques discrètes jalonnent les environs, et chaque mois de septembre, la cité honore ses libérateurs. Traverser ensuite l'ouvrage à pied, au-dessus des eaux du Nederrijn, donne la mesure de ce que représentait cet objectif pour les Alliés. Ceux qui souhaitent approfondir cette page d'histoire mettront le cap sur Oosterbeek, à quelques kilomètres à l'ouest, où le musée Airborne occupe l'ancien quartier général britannique de la villa Hartenstein ; les autobus urbains s'y rendent sans difficulté.
L'église Saint-Eusèbe et le centre reconstruit
En remontant vers le cœur de la ville, la tour de l'église Saint-Eusèbe s'aperçoit de presque partout. L'édifice du XVe siècle, lourdement endommagé pendant la guerre puis relevé pierre par pierre, symbolise la renaissance de la cité. L'ascension de la tour récompense l'effort : le panorama porte sur la vallée du Rhin, les toits d'Arnhem et, par temps clair, les collines boisées de la Veluwe. En contrebas, les rues commerçantes témoignent d'une reconstruction réussie : places animées, terrasses, boutiques de créateurs dans le quartier de la mode. On mange bien ici, et les cafés qui bordent le Rijnkade permettent de revenir vers le fleuve sans quitter l'ambiance.
Une autre idée des Pays-Bas
À quatre kilomètres du centre, le musée néerlandais de plein air rassemble fermes, moulins, ateliers et maisons venus de tout le pays, remontés pièce par pièce dans un grand parc. Des tramways historiques circulent entre les hameaux reconstitués, des artisans font revivre les métiers d'autrefois, et l'ensemble compose une visite aussi agréable pour les familles que pour les curieux d'histoire quotidienne. Deux bonnes heures s'y écoulent sans qu'on les voie passer, entre une démonstration de boulangerie ancienne et un tour en tramway centenaire. C'est la surprise de l'escale : on vient ici pour la guerre, on en repart avec un condensé des Pays-Bas ruraux.
Distances et déplacements
| Destination | Distance depuis le quai | Moyen conseillé |
|---|---|---|
| Centre-ville et église Saint-Eusèbe | Environ 800 m | À pied |
| John-Frost et salle d'exposition | Environ 1 km | À pied |
| Musée néerlandais de plein air | Environ 4 km | Autobus ou taxi |
| Oosterbeek (villa Hartenstein) | Environ 6 km | Autobus ou taxi |
Les marcheurs trouveront leur bonheur sans quitter la ville ; les excursions vers Oosterbeek ou le musée de plein air demandent chacune une demi-journée pour être appréciées sans hâte.
Revenir par la berge
Le retour au navire longe le Rijnkade, ses restaurants et ses péniches. En fin de journée, la silhouette métallique de John-Frost se détache sur le fleuve, saluée par les cyclistes qui rentrent chez eux, et il est difficile de ne pas penser à ceux qui se battirent ici pour quelques centaines de mètres de tablier. Arnhem porte cette mémoire sans lourdeur : la ville l'a intégrée à une vie urbaine chaleureuse, tournée vers ses places et son fleuve. On quitte l'escale avec le sentiment d'avoir compris quelque chose de l'histoire européenne, et avec l'envie de raconter, à son tour, l'histoire de ce pont.


