American Cruise Lines : 18 navires, 3 600 départs, et une loi de 1886 qui explique tout
Dix-huit navires à notre inventaire et 3 600 départs distincts, répartis sur 1 094 dates et seulement 130 parcours, du 18 juillet 2026 au 31 décembre 2029. Sur tout ce que nous avons mesuré, une seule compagnie fait mieux en nombre de départs : MSC, avec 6 554 et vingt-cinq navires. Et cette fenêtre jusqu'à la fin de 2029 est la plus lointaine de notre calendrier. L'American Eagle porte à lui seul 298 départs, l'American Glory 290, l'American Legend 283 et l'American Liberty 273.
Beaucoup de départs, peu de parcours
Cent trente parcours pour 3 600 départs : ces navires refont les mêmes trajets, très souvent, sur des boucles courtes. On choisit une date et une région, pas un itinéraire rare. C'est le contraire exact d'une flotte d'expédition, et c'est ce qui rend le produit facile à réserver tard.
La compagnie possède ses navires
Dans un groupe où trois compagnies sur quatre vendent des coques qui ne leur appartiennent pas, celle-ci est l'exception. Elle fait construire ses navires aux États-Unis, les immatricule sous pavillon américain et les arme avec des équipages américains. Tous ses navires neufs sortent du même chantier du Maryland ; les deux entreprises partagent le même fondateur et un dirigeant commun, mais le lien de propriété exact n'est pas rendu public, et nous ne dirons pas qu'elle possède son chantier.
Pourquoi elle ne touche jamais le Canada
Ce n'est pas un oubli, c'est le modèle d'affaires. Le Passenger Vessel Services Act de 1886 — la loi sur les passagers, souvent confondue avec le Jones Act de 1920, qui porte sur le fret — réserve le transport entre deux ports américains aux navires construits aux États-Unis, détenus par des citoyens américains et immatriculés avec l'endossement de cabotage. Cette compagnie remplit les trois conditions, alors elle n'a besoin d'aucune escale étrangère. Les navires sous pavillon étranger, eux, en ont besoin : c'est pour ça que les croisières d'Alaska au départ de Seattle s'arrêtent à Victoria ou à Vancouver. Ici, on embarque à Juneau, à Ketchikan ou à Tacoma, et on ne verra pas le Canada.
Un conseil de la compagnie qui ne vaut pas pour vous
Elle suggère de laisser son passeport à la maison, puisque tous ses départs sont américains. Cette phrase est écrite pour une clientèle américaine. Un Québécois qui entre aux États-Unis a besoin de son passeport valide et doit satisfaire aux formalités d'entrée américaines, qui se vérifient auprès des sources gouvernementales et non auprès du croisiériste. C'est le genre de détail qui se règle en trois minutes à la réservation et qui coûte un voyage à l'aéroport.
Accessibilité : mieux, avec deux réserves
La compagnie annonce des cabines aménagées et un ascenseur, parce qu'elle est soumise à la loi américaine sur les personnes handicapées. C'est un vrai écart avec les fluviaux européens de ce groupe, dont l'un déclare n'avoir aucune cabine accessible. Deux réserves honnêtes cependant : sa foire aux questions signale que trois navires n'ont qu'un accès limité à l'ascenseur, et en janvier 2024 elle a conclu avec le ministère de la Justice américain un règlement l'engageant à rendre sa flotte plus accessible, à nommer un responsable de la conformité et à former son personnel. L'état exact navire par navire n'est pas publié : faites-le confirmer.
Le rythme du bord
Tranquille, et il vaut mieux le savoir avant. Il n'y a ni casino, ni bar séparé, ni restaurant de spécialité, et les soirées se terminent tôt. La clientèle est âgée. Ce n'est pas un reproche, c'est un profil : quelqu'un qui s'attend à l'ambiance d'un paquebot des Caraïbes se trompe de produit, et quelqu'un qui veut voir l'Amérique par ses fleuves est exactement au bon endroit.