La baie Culebra porte bien son nom : elle s'enroule dans les terres du Guanacaste comme un serpent d'eau calme, protégée de la houle du Pacifique par la péninsule de Papagayo. C'est dans cet abri naturel que les petits navires viennent s'amarrer à Marina Papagayo, au pied de collines qui passent du vert profond à l'ocre doré selon la saison. La côte nord-ouest du Costa Rica se découvre ici par sa porte la plus feutrée.
Une marina posée dans une baie tranquille
L'escale a ceci de particulier que les navires de taille modeste accostent directement aux pontons, parmi les voiliers et les yachts. On descend la passerelle et l'on se trouve aussitôt dans un décor soigné : quais de bois, boutiques nautiques, terrasses face à l'eau. Le plan d'eau, remarquablement abrité, se prête à toutes les activités douces. Kayaks et planches à pagaie se louent sur place, et une heure de glisse le long des rives suffit pour apercevoir pélicans, hérons et parfois une tortue venue respirer en surface.
Le Guanacaste, version mer
Les sorties en bateau constituent le grand attrait du secteur. Les catamarans et les vedettes sillonnent le golfe de Papagayo entre pitons volcaniques et criques accessibles uniquement par la mer, avec arrêts pour nager et explorer les fonds au masque et tuba. Les eaux du golfe accueillent dauphins, raies et tortues marines, et les baleines à bosse croisent au large selon les saisons de migration. Les amateurs de pêche sportive trouveront des charters bien équipés, la région comptant parmi les plus réputées du pays pour cette activité.
Le Guanacaste, version terre
Ceux qui préfèrent la terre ferme ont l'embarras du choix, à condition d'accepter un peu de route. Les excursions proposées depuis la marina mènent vers l'arrière-pays : forêt sèche tropicale, plantations et villages d'éleveurs où la tradition des sabaneros, les cavaliers du Nord, reste vivante. Cette région se distingue nettement du reste du pays : moins de pluie, plus de lumière, des paysages ouverts qui rappellent parfois une savane piquée d'arbres solitaires. Le parc national Rincón de la Vieja, avec ses fumerolles et ses bassins de boue bouillonnante au pied du volcan, figure parmi les objectifs les plus courus pour une journée complète. Plus près, certaines sorties combinent tyrolienne, sources chaudes et rivière, un condensé des plaisirs costariciens.
L'aéroport international de Liberia se trouve à environ 35 minutes de route, un détail qui en dit long : cette région s'est développée pour accueillir les voyageurs, et les infrastructures suivent. Les résidences et l'hôtellerie haut de gamme de la péninsule, dont un complexe Four Seasons, expliquent le soin apporté aux lieux.
L'art de ne rien faire, à la costaricienne
Il serait pourtant dommage de réduire l'escale à un catalogue d'activités. La baie Culebra invite aussi à la lenteur : un café en terrasse face aux mâts, une baignade depuis une plage de la péninsule, la sieste à l'ombre d'un guanacaste, cet arbre au houppier immense qui a donné son nom à la province. Les urracas, ces geais à huppe effrontés du Nord costaricien, viennent inspecter les tables pendant que les écureuils variables courent d'une branche à l'autre. Le « pura vida » costaricien n'est pas un slogan, c'est une manière d'habiter le temps, et cette échancrure de côte en offre une démonstration convaincante.
Au moment de larguer les amarres, quand le soleil descend derrière la péninsule et embrase l'eau calme, les mots deviennent inutiles. On comprend pourquoi les navigateurs de passage prolongent souvent leur séjour ici. Vous, il vous faudra repartir avec le navire, mais quelque chose de cette lumière dorée restera accroché à la mémoire, comme une promesse à honorer un jour.


