Tout au bout de la péninsule de Basse-Californie, là où 1 600 kilomètres de désert plongent enfin dans l'océan, des rochers de granit blond se dressent en pleine mer. L'arche d'El Arco, sculptée par les vagues à la pointe de Land's End, marque l'endroit exact où le Pacifique rencontre la mer de Cortez. C'est ce paysage que les passagers aperçoivent depuis le pont, le navire restant au mouillage dans la baie de Cabo San Lucas.
De la baie à la marina
Les navettes maritimes du bord rejoignent en cinq à dix minutes le quai des tenders, au cœur de la marina. Dès l'arrivée, l'ambiance donne le ton : yachts de pêche sportive, pélicans perchés sur les pilotis, otaries qui quémandent leur part aux bateaux qui rentrent. La promenade qui ceinture le bassin aligne restaurants, boutiques et kiosques d'excursions. Cabo San Lucas était encore un simple village de pêcheurs de thon il y a cinquante ans; la station née depuis vit au rythme des embarcations qui entrent et sortent sans interruption.
El Arco et la plage des Amoureux
Impossible de rejoindre l'arche à pied : elle se mérite par la mer. À la sortie du quai, les capitaines locaux proposent la course en bateau-taxi ou à fond de verre, une boucle d'une quarantaine de minutes qui longe la colonie d'otaries, les falaises de granit et les formations rocheuses aux noms imagés. La plupart déposent sur demande à la Playa del Amor, une langue de sable coincée entre les deux mers : d'un côté l'eau calme de la baie, de l'autre les rouleaux du Pacifique, où la baignade est interdite. Prévoir l'heure du retour avec le capitaine avant de débarquer.
Médano, la grande plage de la baie
Face au mouillage s'étire le sable de Médano, accessible en quinze à vingt minutes de marche depuis le quai ou en deux minutes de bateau-taxi. L'eau y est nageable et surveillée, chose rare dans la région où le Pacifique impose souvent ses courants. Chaises, palapas et écoles de sports nautiques s'y succèdent sur près de trois kilomètres, avec l'arche en toile de fond. C'est l'endroit tout indiqué pour une après-midi sans programme.
La saison des géantes
De la mi-décembre à la mi-avril, les baleines grises et à bosse croisent au large du cap, au terme d'une migration de plusieurs milliers de kilomètres depuis l'Alaska. Les sorties d'observation encadrées partent directement des pontons. Même sans excursion, il n'est pas rare d'apercevoir un souffle ou une queue depuis le pont du navire ou la plage, simplement en gardant l'œil sur l'horizon.
Une pause au bassin des yachts
Entre l'excursion du matin et le retour à bord, le secteur des pontons mérite qu'on s'y attarde. Les bateaux de pêche sportive rentrent en début d'après-midi et hissent leurs prises sous les applaudissements — le cap a bâti sa réputation sur le marlin, célébré chaque automne par l'un des tournois les plus richement dotés au monde. Les terrasses voisines servent ceviches et aguachiles en regardant ce spectacle quotidien, pendant que les pélicans se disputent les restes du nettoyage des poissons.
Conseils d'escale
- Le retour au navire dépend des tenders : prévoir une marge d'au moins une heure avant le dernier départ affiché.
- Négocier ou confirmer le prix des bateaux-taxis avant l'embarquement.
- Le soleil du cap frappe fort toute l'année; l'ombre se fait rare sur l'eau.
- Les paiements en dollars américains sont acceptés partout, la monnaie rendue souvent en pesos.
En quittant le cap
Au départ, le navire repasse devant Land's End, et chacun se masse en général du même côté du pont pour revoir l'arche une dernière fois. Cette silhouette de granit posée entre deux mers résume l'escale : un bout du monde devenu carrefour, où le désert, l'océan et la fête se croisent sans jamais tout à fait se ressembler.


