Rome commence ici, sur ces quais que l'empereur Trajan fit aménager il y a dix-neuf siècles. Civitavecchia demeure la porte maritime de la Ville éternelle, et chaque matin d'escale, des milliers de passagers se posent la même question : filer vers la capitale ou donner sa chance à la cité portuaire? Les deux choix se défendent, à condition de les préparer, et la réponse dépend surtout du temps passé à quai : la plupart des compagnies accordent une dizaine d'heures, ce qui laisse une vraie latitude.
Rejoindre Rome par le rail
Le train reste la solution la plus fiable. La gare se trouve à environ 600 mètres du Forte Michelangelo, soit une quinzaine de minutes de marche depuis les navettes portuaires; des trains partent environ toutes les 30 minutes et rejoignent Roma Termini en une cinquantaine de minutes. Une fois sur place, la règle d'or tient en un mot : choisir. Première option, le Vatican : la basilique Saint-Pierre, sa coupole et, pour les plus organisés, les musées et la chapelle Sixtine réservés longtemps à l'avance. Seconde option, la Rome antique : le Colisée, le Forum et le Panthéon se relient à pied par le centre historique, avec la fontaine de Trevi et la place Navone en chemin. Vouloir tout embrasser en une journée transforme le rêve romain en course contre la montre; mieux vaut savourer un itinéraire que survoler les deux. Prévoyez une marge confortable pour le retour, car le navire n'attend pas les retardataires du train, et les excursions des compagnies demeurent la formule la plus sécurisante pour les moins aventureux.
Le Forte Michelangelo, gardien des quais
Ceux qui restent découvrent une cité portuaire plus intéressante que sa réputation. Dès la sortie du terminal, le Forte Michelangelo impose sa masse de pierre au bord de l'eau. Commencé sur des plans de Bramante et achevé vers 1537, il doit son nom à la contribution de Michel-Ange, et ses remparts ménagent des vues étendues sur la rade. La silhouette carrée du fort, flanquée de tours rondes, accompagne les photos de tous les passagers depuis plus d'un siècle de navigation de plaisance. Autour, la promenade aménagée longe les darses où se côtoient chalutiers, voiliers et vedettes des autorités portuaires, dans un ballet que l'on observe sans se lasser depuis les bancs ombragés.
Thermes romains et vie locale
Dans les collines à quelques kilomètres du centre, les Terme Taurine comptent parmi les complexes thermaux romains les mieux conservés de la région. Bassins, salles chaudes et fragments de mosaïques datent du 1er siècle et rappellent que l'endroit servait déjà de villégiature sous l'Empire. En ville, le marché San Lorenzo anime chaque matinée : les étals de poisson y sont réputés, et les habitants viennent y faire leurs courses comme si aucun navire géant ne mouillait à deux pas. Le musée archéologique national complète la visite avec ses statues et objets trouvés dans les environs.
Deux stratégies pour une journée
| Option | Temps à prévoir | Pour qui? |
|---|---|---|
| Rome en train | journée complète, 8 à 10 heures | première visite, grands sites |
| Civitavecchia à pied | 3 à 4 heures | rythme calme, escale déjà venue à Rome |
Le soir, sur le front de mer
Ceux qui reviennent de la capitale retrouvent la brise marine avec soulagement; ceux qui sont restés terminent la journée sur la promenade du bord de mer, un cornet de glace à la main, face aux traversiers qui appareillent vers la Sardaigne et la Sicile, dans la lumière dorée qui fait pardonner bien des kilomètres. Quelle que soit la formule choisie, l'escale laisse ce mélange particulier d'immensité historique et de vie simple qui n'existe qu'en Italie. Et si Rome n'a livré qu'un fragment de ses trésors, ce fragment suffit généralement à planter le décor du prochain voyage.


