Une pyramide de calcaire posée sur une mer d'émeraude : voilà la première image qui accueille les passagers dans la baie de Golfo Aranci. L'îlot de Figarolo, avec sa forme régulière presque parfaite, veille sur ce village de pêcheurs du nord-est de la Sardaigne, blotti au pied du promontoire de Capo Figari. Les navires mouillent au large et les chaloupes déposent les voyageurs à quelques pas du centre, là où la Costa Smeralda commence à dérouler ses eaux transparentes.

Un village resté fidèle à la mer

Golfo Aranci a grandi autour de la pêche et du chemin de fer, et cette double origine se lit encore dans ses rues. Le bourg demeure compact : tout s'explore à pied depuis le débarcadère. La promenade du front de mer relie le petit môle aux premières plages, bordée de maisons basses et de terrasses où l'on sert la pêche du matin. Les dauphins fréquentent régulièrement la baie, au point que leur observation est devenue l'une des activités favorites des visiteurs. Depuis le quai, il n'est pas rare d'apercevoir leurs ailerons croiser entre les bateaux.

Des plages à distance de marche

Le sable commence presque au cœur du bourg. Plusieurs plages se succèdent le long du rivage, accessibles sans aucun transport, avec une eau peu profonde qui prend des teintes turquoise dès les premiers mètres. Les familles y trouvent des étendues tranquilles, tandis que les nageurs plus curieux enfilent masque et tuba : les fonds révèlent rapidement une vie marine dense. Le MuMart, un musée sous-marin, expose même des œuvres immergées que l'on observe en apnée ou depuis une embarcation à fond de verre.

Cala Moresca, l'anse préservée

En suivant le sentier côtier vers le sud, une trentaine de minutes de marche mène à Cala Moresca, une crique nichée dans la zone protégée de Capo Figari. Deux petites plages de sable doré s'y partagent l'espace avec des rochers émergés, face à Figarolo qui domine l'horizon. Les pins descendent presque jusqu'à l'eau. Le rivage s'incline doucement, puis les fonds plongent vite, ce qui en fait un site apprécié des plongeurs. C'est l'endroit rêvé pour passer les heures chaudes de la journée, entre baignade, lecture et longue sieste à l'ombre des pins, bercé par le va-et-vient du ressac.

Le sentier de Capo Figari

Les marcheurs en quête de panoramas poursuivent au-delà de Cala Moresca. Un sentier grimpe à travers le maquis jusqu'à une ancienne batterie militaire, en passant près d'un petit cimetière dédié à des marins anglais. Au sommet, le promontoire calcaire s'ouvre sur un phare et sur une vue circulaire : la baie entière, les montagnes de Gallura, et par temps clair les silhouettes des îles voisines. La montée demande de bonnes chaussures et de l'eau, mais la récompense se mesure à des kilomètres de mer déployés sous les falaises.

Les saveurs de la Gallura

Au retour, les tables locales proposent la cuisine de cette région du nord sarde : poissons grillés, fregola aux fruits de mer, pecorino et vins blancs de Vermentino cultivés sur les collines de granit. Une glace artisanale à la main, on flâne une dernière fois sur le front de mer pendant que les bateaux de pêche rentrent au port.

Le soir venu, quand la chaloupe ramène les passagers vers le navire, Figarolo s'embrase des dernières lueurs et l'eau du golfe tourne au violet. Golfo Aranci laisse ce souvenir simple et net : un village où la Sardaigne se donne sans décor superflu, à hauteur d'homme et au bord de l'eau.