Peu de villes nord-américaines entretiennent un lien aussi étroit avec la mer. Capitale de la Nouvelle-Écosse, Halifax a vu passer les convois de deux guerres mondiales, accueilli un million d'immigrants et porté secours aux naufragés du Titanic. Cette mémoire maritime se lit partout : sur les quais, dans les musées, jusque dans les cimetières de la ville. L'escale a la particularité de commencer au cœur même de cette histoire, puisque les navires accostent aux quais 20 et 22, voisins immédiats du Quai 21, l'ancien hall d'arrivée des immigrants.
Le Quai 21 et le district Seaport
Entre 1928 et 1971, un million de nouveaux arrivants ont posé le pied au Canada dans ce bâtiment devenu le Musée canadien de l'immigration. Récits personnels, photographies, valises d'époque et archives sonores y racontent les traversées de l'Atlantique; de nombreux Québécois et Canadiens y retrouvent la trace de leurs propres familles. Juste à côté, le marché fermier du Seaport rassemble producteurs et artisans de la province, idéal pour goûter aux produits locaux dès la descente du navire.
La promenade du front de mer
Depuis les terminaux, une promenade de bois de quelque 4 km longe le port jusqu'au cœur de la cité. On y croise des remorqueurs, des voiliers, des terrasses et des kiosques de crème glacée; l'ambiance est détendue, les habitants s'y promènent autant que les voyageurs. À mi-parcours, le Musée maritime de l'Atlantique mérite une halte prolongée : ses collections couvrent l'explosion de 1917, qui rasa des quartiers entiers, ainsi que le rôle d'Halifax dans le repêchage des victimes du Titanic, dont plusieurs reposent au cimetière Fairview Lawn.
La Citadelle et la ville haute
Au sommet de la colline qui domine le port, la Citadelle dresse ses fortifications en étoile. Des animateurs en uniforme du 78e régiment des Highlanders font revivre la garnison victorienne, et le canon tiré à midi rythme encore les journées haligoniennes. La montée depuis le front de mer prend de 15 à 20 minutes, assez raide; le panorama sur la rade récompense l'effort. En redescendant, la Grand Parade et l'église St. Paul, élevée en 1750, rappellent les origines de la colonie.
| Attrait | Depuis les terminaux |
|---|---|
| Quai 21 et marché du Seaport | Sur place |
| Musée maritime de l'Atlantique | Environ 20 minutes à pied |
| Citadelle | 30 à 35 minutes à pied ou court trajet en taxi |
| Jardins publics | Environ 30 minutes à pied |
| Peggy's Cove | Environ 45 km, excursion d'une demi-journée |
Jardins publics et pauses gourmandes
À deux pas de la Citadelle, les Jardins publics déploient leurs parterres victoriens, leur kiosque à musique et leurs canards impassibles : une parenthèse verte appréciée par les marcheurs. Les amateurs de fruits de mer trouveront leur bonheur sur le front de mer ou rue Argyle, où le homard, les pétoncles et la chaudrée figurent sur la plupart des ardoises.
Peggy's Cove, si le temps le permet
À environ 45 km, le phare de Peggy's Cove veille sur des rochers de granit poli par les vagues. L'excursion demande une demi-journée, route comprise; par temps clair, le hameau de pêcheurs blotti derrière son phare et son anse encombrée de casiers à homard composent l'une des images les plus connues du Canada atlantique. Ceux qui préfèrent rester en ville ne perdront pas au change : la capitale néo-écossaise se suffit amplement.
En fin de journée, la promenade ramène naturellement vers les quais. Les cloches des bouées, les sirènes des traversiers et les cris des goélands accompagnent les derniers pas. Halifax ne se contente pas de raconter la mer : elle la vit encore, et le voyageur repart avec le sentiment d'avoir partagé, quelques heures durant, cette longue conversation entre une ville et son océan.


