Bien avant le premier immeuble, ce sont les grues qui annoncent Hambourg. Des rangées de portiques rouges se penchent sur les porte-conteneurs, des remorqueurs croisent des voiliers de plaisance, et l'Elbe se divise en bassins à perte de vue. Le plus grand port d'Allemagne ne se contente pas d'accueillir les navires : il met en scène leur arrivée sur une trentaine de kilomètres, jusqu'au cœur d'une métropole de près de deux millions d'habitants qui a fait du fleuve son identité.
Trois terminaux, trois points de départ
Les navires accostent à l'un des trois terminaux de la ville. HafenCity place les passagers à un quart d'heure de marche du centre, au milieu d'un quartier neuf bâti sur d'anciens docks. Altona, installé dans l'ancien port de pêche, se trouve à quatre ou cinq kilomètres du quartier historique, accessible en train de banlieue. Steinwerder, sur la rive sud de l'Elbe, occupe une zone industrielle : mieux vaut compter sur les navettes ou le taxi. Dans tous les cas, le cœur de la métropole se rejoint sans difficulté, et le réseau de métro fait le reste.
La Speicherstadt, cathédrale de briques
Première étape naturelle : la Speicherstadt, le plus vaste ensemble d'entrepôts anciens au monde, inscrit à l'UNESCO depuis 2015. Ses immeubles de brique rouge, posés sur des pilotis de chêne, se reflètent dans un quadrillage de canaux enjambés de passerelles métalliques. On y devine encore le café, le thé et les épices qui ont fait la fortune des négociants hanséatiques. C'est ici que se cache le Miniatur Wunderland, le plus grand réseau ferroviaire miniature de la planète, où petits et grands restent volontiers deux heures devant ces mondes en modèle réduit.
L'Elbphilharmonie et son panorama
Quelques centaines de mètres plus loin, une vague de verre s'élève au-dessus d'un ancien entrepôt de cacao : l'Elbphilharmonie, inaugurée en 2017, devenue l'emblème de la cité. Sans billet de concert, on peut monter à la Plaza, la terrasse qui fait le tour du bâtiment à 37 mètres au-dessus de l'eau. Le regard embrasse alors tout le théâtre portuaire : bassins, chantiers navals, clochers verts et toits de cuivre.
Du Michel à l'hôtel de ville
En remontant vers les quartiers marchands, la tour baroque de l'église Saint-Michel — le « Michel », comme disent les Hambourgeois — sert de repère depuis trois siècles aux marins qui remontent le fleuve. Son ascenseur mène à une galerie d'où la ville se déploie entre Elbe et lacs. Plus bas, l'hôtel de ville de 1897 étale sa façade néo-Renaissance sur une place animée; derrière lui commencent les arcades commerçantes et les canaux de l'Alster, où les cygnes remplacent les remorqueurs. À l'ouest, le quartier de St. Pauli et sa célèbre Reeperbahn racontent une autre facette du port : celle des marins en bordée, devenue aujourd'hui un haut lieu de spectacles et de vie nocturne. Les lève-tôt du dimanche, eux, connaissent l'adresse du marché aux poissons d'Altona, une institution depuis 1703. Les deux lacs de l'Alster, en plein centre, donnent à Hambourg des airs de station balnéaire urbaine : voiliers, rameurs et promeneurs s'y partagent l'eau et les berges.
L'escale en chiffres
| Élément | Détail |
|---|---|
| HafenCity — centre-ville | 15 minutes à pied |
| Altona — centre-ville | 4 à 5 km, train de banlieue direct |
| Steinwerder — centre-ville | 6 à 7 km, navette ou taxi conseillé |
| Plaza de l'Elbphilharmonie | Terrasse panoramique à 37 m, accessible sans concert |
Le fleuve jusqu'au bout
S'il reste du temps, les pontons des Landungsbrücken méritent un dernier arrêt. On y embarque pour un tour de bassins commenté, ou l'on descend sous le fleuve par l'ancien tunnel de 1911, dont les ascenseurs de bois avalent piétons et cyclistes. En face, les chantiers navals rappellent que ce décor reste un outil de travail. Au moment de larguer les amarres, la métropole accompagne longtemps le navire : grues, phares, villas d'armateurs sur la rive nord. Hambourg ne se termine pas, elle s'éloigne — et l'on se surprend à guetter déjà le prochain passage de l'Elbe.


