On vient à Lyon pour manger, et on y reste pour tout le reste. Les bateaux de croisière fluviale s'amarrent au quai Claude-Bernard, sur la rive gauche du Rhône, ou au quai Rambaud, le long de la Saône du côté de Confluence : dans les deux cas, la table et deux mille ans d'histoire attendent à distance de marche. Peu de métropoles européennes se laissent apprivoiser aussi facilement en une journée.
La Presqu'île, colonne vertébrale
Entre Rhône et Saône s'étire la Presqu'île, cœur battant de la cité. Depuis le quai Claude-Bernard, on franchit le fleuve et l'on débouche place Bellecour, l'une des plus vastes places de France, repère absolu des Lyonnais avec sa statue équestre de Louis XIV. De là, la rue de la République déroule ses commerces vers l'hôtel de ville et l'Opéra, tandis que les rues voisines cachent les bouchons, ces bistrots où l'on sert quenelles de brochet, saucisson chaud et tablier de sapeur dans un joyeux tintamarre. Réserver une table le midi transforme l'escale en fête.
Le Vieux Lyon et ses passages secrets
Un pont sur la Saône plus loin commence le Vieux Lyon, l'un des plus grands ensembles Renaissance d'Europe, inscrit avec l'ensemble du site historique au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998. La cathédrale Saint-Jean y dresse sa façade gothique, mais le vrai plaisir consiste à pousser les portes : les traboules, ces couloirs qui traversent les immeubles de cour en cour, relient les rues entre elles depuis l'époque des marchands de soie. On y circule à voix basse, entre escaliers à vis et galeries suspendues, avec l'impression de marcher dans les coulisses du XVIe siècle.
Fourvière, le balcon de la ville
Du parvis de la cathédrale, le funiculaire grimpe en quelques minutes vers la basilique de Fourvière, vaisseau blanc du XIXe siècle dont l'intérieur scintille de mosaïques dorées. L'esplanade attenante offre le panorama que l'on attend : les toits roux, les deux cours d'eau, et par temps clair la ligne des Alpes. Juste en contrebas, les théâtres romains rappellent que Lugdunum fut capitale des Gaules ; on peut s'asseoir sur les mêmes gradins que les spectateurs du Ier siècle.
Selon vos envies, deux détours
Les amateurs de tissus monteront à la Croix-Rousse, colline des canuts où claquaient autrefois des milliers de métiers à tisser ; ateliers et boutiques y perpétuent la soie lyonnaise. Les curieux de sciences descendront plutôt à la pointe sud de la Presqu'île, où le musée des Confluences dresse son nuage de verre et d'acier au confluent exact des deux cours d'eau : collections d'histoire naturelle et d'anthropologie sous une architecture qui vaut à elle seule le déplacement. Le tramway T1 relie commodément le quai Claude-Bernard à ce quartier neuf.
Un détail qui change tout
En longeant la Saône vers le nord, ne manquez pas la Fresque des Lyonnais, un mur peint en trompe-l'œil où une trentaine de figures de la cité, de l'empereur Claude au chef Paul Bocuse en passant par Saint-Exupéry et Guignol, vous observent depuis leurs balcons peints. La tradition du mur peint s'est répandue dans plusieurs quartiers et transforme la promenade en jeu de piste. Côté logistique, tout se fait à pied, en funiculaire ou en tramway ; le réseau de transport vend des billets à la journée, et les stations de vélos en libre-service jalonnent les berges pour ceux qui préfèrent pédaler d'une rive à l'autre.
Avant d'appareiller
Le soir, les berges s'animent : coureurs le long du Rhône, terrasses pleines, façades illuminées qui se reflètent dans la rivière. Lyon a fait de la lumière une spécialité au même titre que la gastronomie. En regagnant la passerelle, on se surprend à dresser la liste de ce qui reste à goûter, et cette liste, ici, ne s'épuise jamais vraiment. C'est la meilleure raison d'inscrire une seconde fois la capitale des Gaules à son carnet de voyage.


