Le bateau quitte le canal latéral à la Loire, s'engage dans un embranchement de 2,8 km, franchit deux écluses, puis les platanes du port de la Jonction apparaissent. La cité se dévoile ainsi, par son ancien bassin de commerce, à quelques minutes de marche d'un noyau ancien que la Loire longe sans jamais le traverser. Ancienne capitale du Nivernais, elle a gardé de son passé ducal une silhouette reconnaissable entre toutes : un palais aux allures de château, une cathédrale à double chevet et des ruelles où la faïence occupe encore les vitrines.

Du port de la Jonction au centre ancien

Depuis le quai, une promenade d'une quinzaine de minutes suffit pour rejoindre les vieux quartiers. Le chemin grimpe doucement vers la vieille ville, établie sur un coteau qui domine le fleuve. En route, les maisons anciennes se resserrent, les pavés remplacent l'asphalte et les clochers servent de repères. Elle porte le label Ville d'art et d'histoire, et cela se vérifie à chaque coin de rue : ici une tourelle, là un portail sculpté, plus loin une façade à pans de bois.

Le Palais ducal, château avant les châteaux

Face à une vaste esplanade, le Palais ducal aligne ses tourelles et ses lucarnes ouvragées. Édifié à la fin du XVe siècle pour les comtes puis ducs de Nevers, il est souvent présenté comme l'un des premiers châteaux de la Loire. Sa façade claire, rythmée par une tour centrale ornée de bas-reliefs, se photographie de loin comme de près. L'intérieur accueille aujourd'hui des expositions, et la terrasse voisine ouvre une vue étendue sur les toits et le fleuve.

Une cathédrale, deux chevets

À deux pas de là, la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte étonne par sa construction : un chevet roman à l'ouest, un chevet gothique à l'est, réunis dans un même vaisseau. Bombardée en 1944, elle a reçu au fil des décennies suivantes un ensemble remarquable de vitraux contemporains signés par plusieurs artistes. La lumière colorée qui traverse la nef compose un dialogue rare entre pierre médiévale et création moderne.

La Porte du Croux et la faïence

En poursuivant vers l'ouest, la Porte du Croux dresse sa silhouette de tour-porche du XIVe siècle, vestige des remparts, entourée de verdure. Tout près, le musée de la Faïence et des Beaux-Arts Frédéric Blandin rassemble une importante collection de faïences de Nevers, un artisanat implanté ici à la fin du XVIe siècle par des potiers italiens. Le fameux bleu de Nevers s'y décline en plats, vases et figurines ; quelques ateliers du cru perpétuent le geste et ouvrent leurs portes aux curieux.

Bernadette Soubirous, l'autre visage de la cité

La cité ligérienne est aussi une étape de pèlerinage. Bernadette Soubirous, la voyante de Lourdes, a vécu treize ans au couvent Saint-Gildard, où elle est morte en 1879. Son corps repose dans une châsse de verre à la chapelle de l'Espace Bernadette, à une dizaine de minutes à pied des vieux quartiers. Croyant ou non, le lieu impressionne par son calme et par les jardins qui l'entourent.

Pour terminer, le fleuve

Avant de regagner le bateau, les quais de Loire méritent un détour. Le fleuve, large et encore sauvage, file entre les bancs de sable ; un pont de pierre le franchit et les hérons pêchent sous les vieilles murailles. Voici quelques repères utiles pour organiser la promenade :

  • Port de la Jonction — centre historique : environ 15 min à pied
  • Palais ducal et monuments du centre ancien : regroupés dans un périmètre restreint
  • Porte du Croux et musée de la Faïence : 10 min de plus vers l'ouest
  • Espace Bernadette (couvent Saint-Gildard) : 10 à 15 min de marche

L'escale se conclut souvent au retour le long de l'eau, quand la lumière du soir accroche les toits d'ardoise et les tours anciennes. Nevers ne cherche pas à éblouir ; elle laisse plutôt le sentiment d'une ville qui a traversé les siècles sans se presser, et qui invite à faire de même le temps d'une journée.