Tout tient parfois dans un détail : la « grand-rue » de Placencia est un trottoir de béton d'à peine 1,2 mètre de large, homologué par le livre Guinness des records comme le plus étroit au monde. De chaque côté se pressent maisons de bois sur pilotis, comptoirs de crème glacée, galeries d'artistes et cuisines de rue d'où montent des odeurs de poisson grillé. Voilà le décor qui attend les passagers : une localité décontractée posée à la pointe d'une péninsule de 25 kilomètres, entre lagune et mer des Caraïbes, dans le sud du Belize.
Débarquer au cœur du village
Les navires mouillent au large et déposent leurs passagers en annexe, à quelques pas des premières terrasses; ceux qui font escale à Harvest Caye peuvent aussi rejoindre la péninsule par traversier. Une fois à terre, tout se fait à pied. Le trottoir légendaire se parcourt en flânant, murales colorées d'un côté, boutiques de l'autre, et débouche régulièrement sur le rivage : une bande de sable clair court le long de la façade est du village, ponctuée de cocotiers penchés et de barques tirées au sec. L'ambiance donne le tempo : reggae en sourdine, pêcheurs qui réparent leurs filets, hamacs tendus entre deux troncs. Une heure de flânerie suffit pour faire le tour du bourg; le reste de la journée appartient à la mer ou à la jungle, au choix.
Silk Cayes et Laughing Bird Caye
Au large s'égrènent des îlots posés sur la barrière de corail du Belize, la plus étendue de l'hémisphère nord. Les capitaines locaux proposent la sortie classique vers les Silk Cayes ou vers Laughing Bird Caye, parc national de poche : une demi-journée de plongée-tuba parmi coraux, tortues imbriquées, raies et poissons-perroquets, repas sur le sable compris. Les plongeurs certifiés visent plutôt Gladden Spit, fréquenté au printemps, autour des pleines lunes, par les requins-baleines venus se nourrir. Laughing Bird Caye, minuscule et cerné d'eaux turquoise, appartient d'ailleurs au réseau d'aires protégées qui vaut au récif bélizien son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO : les guides y font respecter des règles strictes, et les coraux s'en portent visiblement mieux.
La Monkey River, côté jungle
À une demi-heure de bateau vers le sud, l'embouchure de la Monkey River ouvre un tout autre univers. On remonte le cours d'eau au ralenti, entre berges de palétuviers : singes hurleurs dans les branches, iguanes verts, hérons, parfois un crocodile assoupi sur la vase. Au retour, les guides longent la lagune à l'affût des lamantins qui viennent brouter les herbiers. C'est l'excursion préférée des familles, accessible sans effort particulier; un insectifuge et une casquette suffisent comme équipement.
Saveurs de la péninsule
Placencia vit au rythme créole et garifuna, et cela se goûte : ceviche de conque, riz aux haricots mijoté au lait de coco, chocolat issu des cacaoyères du district voisin de Toledo, sans oublier un comptoir de crème glacée artisanale devenu une étape presque obligée des après-midis chauds. Plus haut sur la langue de terre, la communauté garifuna de Seine Bight rappelle la diversité culturelle de cette côte. Les marcheurs suivent le rivage vers le nord jusqu'aux quartiers plus paisibles, où les hôtels-boutiques côtoient les maisons de pêcheurs, puis reviennent par la même bande de sable, les pieds dans l'eau tiède.
Au moment de regagner l'annexe, le trottoir le plus étroit au monde aura livré sa leçon : les grandes escales ne se mesurent pas en largeur de boulevards.
Repères pratiques
- Escale en mouillage : prévoir le délai des navettes au retour vers le navire.
- Le dollar bélizien s'échange à deux pour un dollar américain, accepté partout.
- L'anglais est la langue officielle; le créole et l'espagnol circulent tout autant.
- Voiturettes de golf en location pour remonter la péninsule.
- Saison sèche approximative de décembre à mai.


