Le rouge et le bleu se partagent l'horizon. En approchant de Saint-Raphaël, le navire longe les porphyres écarlates du massif de l'Estérel, qui plongent dans une Méditerranée d'un bleu profond : ce contraste saisissant compose l'un des plus beaux paysages d'arrivée de la Côte d'Azur. Les navires mouillent en baie et débarquent leurs passagers en annexe au bassin Santa Lucia, à environ deux kilomètres du centre; une agréable promenade littorale d'une trentaine de minutes, ou une courte navette, mène au Vieux Port.

Une station née au 19e siècle

Saint-Raphaël doit son essor à la vogue des bains de mer et à l'arrivée du chemin de fer, qui attirèrent écrivains, musiciens et hivernants fortunés. Le front de mer conserve de cette époque des villas ornées et un casino face à la rade. Le long du Vieux Port, les terrasses de cafés observent le va-et-vient des pointus et des bateaux de plaisance, tandis que la basilique Notre-Dame de la Victoire, de style néo-byzantin, dresse ses coupoles claires au-dessus des platanes. L'ambiance reste celle d'une ville balnéaire vivante à l'année, moins clinquante que ses voisines, et c'est précisément ce qui la rend attachante. En saison, les baigneurs se partagent les criques de roche rouge et les plages de sable du centre, à quelques minutes de marche des cafés.

Le vieux quartier et son église fortifiée

À quelques rues du rivage, les maisons anciennes se resserrent autour de l'église San Rafeu, édifiée au 12e siècle. Une tour de guet coiffe l'une de ses chapelles : on y surveillait jadis l'horizon, car l'édifice servait de refuge lors des attaques de pirates barbaresques. Le petit musée archéologique voisin expose des amphores remontées des fonds environnants, témoins du commerce romain le long de cette côte. Le marché provençal et les placettes ombragées complètent la flânerie.

Fréjus la romaine, à deux pas

La ville jumelle de Fréjus commence à moins de quatre kilomètres du Vieux Port. Fondée par Jules César sous le nom de Forum Julii, elle conserve un amphithéâtre, des vestiges d'aqueduc et surtout un ensemble épiscopal remarquable : son baptistère du 5e siècle compte parmi les plus anciens de France, et le cloître de la cathédrale abrite un étonnant plafond peint de créatures fantastiques. Un autobus urbain relie les deux villes en quelques minutes; l'excursion se combine aisément avec la découverte de Saint-Raphaël dans une même demi-journée.

L'Estérel, côté mer ou côté sentiers

Les amateurs de nature disposent d'un autre choix : le massif de l'Estérel. Ses roches rouges se découvrent en excursion vers la corniche d'or, l'une des routes côtières les plus spectaculaires de France, ou à pied depuis les calanques du littoral. En chemin, la plage du Dramont conserve la mémoire du débarquement de Provence d'août 1944, face au minuscule îlot de l'île d'Or et sa tour crénelée, qui aurait inspiré Hergé pour L'Île Noire. Depuis le quai Nomy, des vedettes proposent aussi la traversée vers Saint-Tropez, à une heure de navigation le long de la côte.

Repères d'escaleDétails
DébarquementEn annexe à Santa Lucia, à 2 km du centre
Vieux quartierÉglise San Rafeu et musée archéologique
FréjusÀ moins de 4 km, autobus urbain
À goûterPoisson grillé, fruits du marché, rosés de Provence

Avant de remonter à bord

En fin de journée, la lumière rase embrase l'Estérel et adoucit les façades du front de mer. Il reste alors à s'accorder un dernier café face à la rade, là où les Raphaëlois se retrouvent après le travail. Cette escale n'assomme jamais son visiteur de grandiose : elle lui offre plutôt la Côte d'Azur telle qu'on l'espère encore, faite de couleurs franches, d'histoire discrète et de douceur de vivre.