L'arrivée à Skopelos se déroule comme un lever de rideau. La baie s'ouvre, et la Chora apparaît en amphithéâtre : des centaines de maisons blanches coiffées de tuiles couleur terre cuite, des volets bruns, des escaliers qui grimpent vers une colline couronnée de chapelles. Beaucoup de voyageurs reconnaissent l'île sans y avoir jamais mis les pieds : c'est ici qu'a été tourné le film Mamma Mia. Mais l'endroit existait bien avant le cinéma, et son quotidien insulaire vaut à lui seul le détour.
La Chora, un village qui se gravit
Les navires mouillent devant la capitale et les annexes déposent les passagers sur le quai, au pied du village. La petite église de la Panagitsa, postée sur son rocher à l'entrée de la rade depuis le dix-septième siècle, salue chaque embarcation. Derrière elle commence un dédale de ruelles en escaliers, de cours ombragées et de balcons de bois. On monte sans plan précis, on se perd volontiers, et chaque palier révèle un nouvel angle sur la baie. Les balcons croulent sous les géraniums, les portes s'ouvrent sur des cours pavées de galets, et les habitants saluent volontiers ceux qui s'aventurent hors des axes principaux. Tout en haut, les vestiges du château vénitien accueillent quelques cafés et tavernes dont les terrasses dominent les toits.
Le vieux port et les saveurs de l'île
En redescendant par le vieux port, les ruelles alignent boutiques d'artisans et pâtisseries. Les enseignes de bois peint annoncent la couleur : ici, on fabrique encore beaucoup de choses à la main. Skopelos revendique deux spécialités que l'on croise partout : les prunes, séchées ou confites, cultivées sur l'île de longue date, et la tiropita locale, un feuilleté au fromage roulé en spirale puis frit, servi chaud dans le moindre café. Le déguster face aux barques de pêche, pendant que les chats du quai surveillent les environs, compte parmi les plaisirs simples de l'escale. Les confitures de prunes, elles, se glissent sans mal dans une valise.
Monastères et forêts
Skopelos passe pour l'une des îles les plus vertes de la mer Égée, couverte de pins jusqu'au bord de l'eau. Sur les pentes du mont Palouki, face au village, plusieurs monastères se visitent, dont celui de la Métamorphose du Sauveur, fondé à la fin du quinzième siècle. Les routes qui y mènent serpentent au-dessus de la mer et réservent de larges points de vue sur la baie. Les excursions locales combinent souvent ces sanctuaires avec un arrêt baignade dans l'une des criques de la côte sud, aux eaux limpides bordées de forêt.
La chapelle du film
Reste l'image que tant de visiteurs viennent chercher : la chapelle d'Agios Ioannis, juchée sur son éperon rocheux à l'autre extrémité de l'île, près de Glossa. Quelque 110 marches taillées dans la pierre mènent à son parvis, d'où la vue embrasse la mer et les îles voisines. La scène de mariage de Mamma Mia l'a rendue mondialement reconnaissable. L'excursion demande une bonne partie de la journée par la route ou par bateau; les passagers qui préfèrent rester près du navire trouveront dans les ruelles de la capitale largement de quoi remplir leur escale.
Repères pratiques
- Débarquement en annexe au pied du bourg; village entièrement piéton dans sa partie haute.
- Chaussures fermées recommandées : ruelles en pente et marches inégales.
- Chapelle d'Agios Ioannis éloignée de la capitale; prévoir une excursion organisée.
- Monnaie : euro. Produits locaux à rapporter : prunes, miel, amandes.
Quand l'annexe repart vers le navire, la Chora s'éloigne par paliers, toit après toit, jusqu'à redevenir cette façade blanche posée entre mer et forêt. Skopelos aura offert sa version du bonheur grec : un feuilleté chaud, une montée vers un château, et le sentiment que le cinéma n'a rien inventé.


