La côte se dessine lentement depuis la mer : des pinèdes, des rizières qui descendent presque jusqu'à la mer du Japon, puis les grues du secteur portuaire de Tsuchizaki. Akita ne cherche pas à impressionner dès l'arrivée. Cette capitale préfectorale du Tohoku, le nord de l'île de Honshu, réserve ses attraits à ceux qui prennent le temps de s'en approcher : un jardin de château paisible, une fête de lanternes unique au Japon et une table réputée dans tout le pays.

Une tour de verre pour prendre ses repères

Les navires accostent au quai de Nakajima, à environ sept kilomètres au nord-ouest de la gare centrale. À quelques minutes de marche s'élève la tour Selion, une flèche de verre de 143 mètres dont le belvédère, perché à 100 mètres, embrasse d'un côté la mer, de l'autre la plaine rizicole et les monts qui ferment l'horizon. C'est l'endroit idéal pour saisir la géographie des lieux avant de rejoindre le coeur urbain en navette, en taxi ou en train local depuis la gare de Tsuchizaki.

Le parc Senshu, mémoire des seigneurs Satake

À une dizaine de minutes de marche de la gare d'Akita, le parc Senshu occupe l'emplacement du château de Kubota, résidence du clan Satake pendant plus de deux siècles et demi. Les bâtiments d'origine ont disparu, mais les douves, les pentes boisées et une tourelle reconstruite évoquent encore l'époque féodale. Les habitants viennent y marcher sous les cerisiers au printemps, parmi les lotus en été, et la butte principale ménage un beau point de vue sur les toits de la ville.

Des lanternes par centaines

Chaque début d'août, la fête de Kanto transforme les avenues : des porteurs font tenir en équilibre, sur leur front, leur épaule ou leur hanche, des perches de bambou de douze mètres chargées de dizaines de lanternes de papier. Le reste de l'année, le Neburi Nagashi-kan, centre consacré à cette tradition, permet d'observer les perches de près, d'assister à des démonstrations et même d'essayer d'en soulever une. On mesure alors l'équilibre de force et de finesse que demande ce rituel transmis depuis l'époque d'Edo.

L'art sous la lumière du Nord

À deux pas du parc Senshu, le musée d'art d'Akita, dessiné par l'architecte Tadao Ando, conserve une toile monumentale de Tsuguharu Foujita consacrée aux fêtes et aux travaux des campagnes de la région. Le grand escalier de béton et le plan d'eau aménagé en terrasse composent un dialogue silencieux avec les frondaisons voisines. Les amateurs d'architecture pousseront jusqu'au quartier voisin, où une ancienne banque de brique rouge du début du XXe siècle abrite aujourd'hui un musée consacré aux traditions populaires de la région.

La table du Nord

Le riz d'ici et l'eau de fonte des neiges donnent naissance à des sakés recherchés, que plusieurs boutiques du centre font déguster. Au menu des restaurants, le kiritanpo — riz grillé sur bâtonnet, servi dans un bouillon de poulet — réchauffe les journées fraîches, tandis que le marché municipal, à quelques rues de là, aligne poissons de la mer du Japon, légumes de montagne et fruits de saison. Une belle façon de goûter la région sans s'éloigner du circuit. Les becs sucrés termineront par un babahera, cornet de crème glacée façonné en pétales de rose que des vendeuses ambulantes sculptent sous les yeux des passants, l'été venu.

Repères pour l'escale

DestinationComment s'y rendreDurée approximative
Tour SelionÀ pied depuis le quai5 minutes
Gare d'Akita et parc SenshuNavette, taxi ou train local15 à 25 minutes
Neburi Nagashi-kanÀ pied depuis le musée d'artUne dizaine de minutes

Quand le navire s'écarte du quai et que la tour Selion rapetisse dans le soir, il reste de cette escale une impression de calme laborieux : une région qui cultive son riz, brasse son saké et attend chaque été pour hisser ses lanternes vers le ciel. On se surprend à vouloir revenir un jour de début d'août, quand toute la ville lève les yeux.