Sur le Rhin, de petits bacs de bois traversent sans moteur, portés par le seul courant le long d'un câble tendu entre les rives. C'est la première leçon de Bâle : ici, le fleuve n'est pas un décor, c'est un mode de vie. L'été, les habitants s'y baignent d'ailleurs au fil du courant, leur sac étanche en bandoulière, sous le regard amusé des passagers accoudés aux bastingages. Posée au point de rencontre de la Suisse, de la France et de l'Allemagne, Bâle sert de port d'attache à une grande partie des croisières rhénanes : les navires fluviaux y embarquent et y débarquent leurs passagers, à quelques minutes du centre. L'escale mérite bien davantage qu'un simple transit.

Du Marktplatz aux ruelles anciennes

Le cœur historique s'organise autour du Marktplatz, où l'hôtel de ville du XVIe siècle impose sa façade rouge sang ornée de fresques et de tourelles dorées. Les étals de fruits, de fleurs et de fromages animent la place en matinée, et les odeurs de pain chaud s'échappent des boulangeries voisines. De là, des ruelles pavées grimpent en pente douce entre maisons à colombages et fontaines gothiques, vers les anciennes portes de la cité. On flâne sans plan précis, en levant les yeux sur les enseignes de fer forgé, et chaque détour livre une cour fleurie ou un atelier d'artisan. Les trams verts glissent au milieu de tout cela avec une ponctualité toute helvétique.

La cathédrale et sa terrasse sur le Rhin

En grès rouge, coiffée de tuiles vernissées et flanquée de deux flèches, la cathédrale veille sur le fleuve depuis le XIIe siècle. L'intérieur abrite le tombeau d'Érasme, figure de l'humanisme européen qui vécut ici. Derrière le chevet, la terrasse de la Pfalz s'ouvre en balcon au-dessus du Rhin : les Bâlois s'y retrouvent pour regarder passer les péniches, et la vue porte jusqu'aux collines de la Forêt-Noire, en Allemagne voisine. En contrebas, le pont du Mittlere Brücke, l'un des plus anciens points de franchissement établis ici, relie les deux moitiés de la cité depuis le Moyen Âge. C'est l'endroit précis où l'on saisit la vocation rhénane de la ville.

Une capitale de l'art

La cité rhénane compte une densité de musées peu commune pour sa taille. Le Kunstmuseum, à distance de marche du centre, aligne des chefs-d'œuvre du XIVe au XXe siècle, des maîtres anciens comme Holbein jusqu'à Cézanne et van Gogh ; les amateurs d'art moderne poussent jusqu'au musée Tinguely, consacré aux machines poétiques du sculpteur suisse, installé au bord de l'eau, où fontaines et engrenages s'animent dans un joyeux vacarme. Même sans franchir une seule porte de musée, l'art affleure partout : sculptures de rue, façades peintes, galeries des ruelles. Cet équilibre entre patrimoine et création se cultive ici avec un naturel désarmant.

L'escale en bref

RepèreDétail
Rôle du portEmbarquement et débarquement des croisières rhénanes
Cœur historiqueMarktplatz et hôtel de ville du XVIe siècle
CathédraleGrès rouge, terrasse de la Pfalz au-dessus de l'eau
MuséesKunstmuseum, musée Tinguely
À ne pas manquerTraversée du fleuve en bac à câble

Le fleuve comme fil conducteur

Avant de rejoindre le navire, offrez-vous cette traversée en bac silencieux : deux ou trois minutes suspendues au fil du courant, le clocher de la cathédrale d'un côté, les façades colorées du Petit-Bâle de l'autre. Tout l'esprit du lieu tient dans ce trajet. Que votre croisière commence ici ou s'y achève, Bâle donne au voyage rhénan sa tonalité juste : cultivée, fluide, ouverte sur trois pays que l'on devine depuis les quais, chacun sur sa rive ou presque. Le Rhin file ensuite vers la mer du Nord, et il emporte un peu de cette élégance avec lui.