Une impératrice a lancé cette plage. Séduite par la baie dès son enfance, Eugénie de Montijo y fit bâtir en 1854 une villa face à l'océan; l'Europe couronnée suivit, puis les surfeurs, un siècle plus tard. Biarritz vit toujours de ce double héritage : palaces Belle Époque au-dessus des vagues, planches sous le bras dans les rues en pente. L'escale se joue entre ces deux mondes, à pied.

Débarquer face à la Grande Plage

La rade ne dispose d'aucun môle en eau profonde : les navires — le plus souvent de petites unités haut de gamme — mouillent au large et transfèrent leurs passagers en annexe, avec la Grande Plage et ses cabines rayées en ligne de mire. Certaines compagnies choisissent plutôt la baie voisine de Saint-Jean-de-Luz et acheminent leurs hôtes en autocar. Dans les deux cas, le centre se découvre sans véhicule une fois sur place.

La Grande Plage et l'Hôtel du Palais

Le croissant de sable central concentre l'image de la ville : parasols, baigneurs, écoles de surf pour les premières vagues. À son extrémité nord veille l'ancienne villa d'Eugénie, devenue l'Hôtel du Palais, façade rouge et blanc que l'on peut admirer depuis la promenade. Flâner d'un bout à l'autre de la baie prend vingt minutes, embruns compris.

Le Rocher de la Vierge et le port des Pêcheurs

Vers le sud, le sentier du littoral contourne le plateau de l'Atalaye jusqu'au Rocher de la Vierge, récif relié à la terre par une passerelle métallique sortie des ateliers Eiffel. La statue qui le coiffe regarde passer les houles du golfe de Gascogne; par forte mer, les gerbes d'écume montent jusqu'aux visiteurs. En contrebas se cache le port des Pêcheurs, poignée de crampotes blanches — les cabanes des anciens pêcheurs — reconverties en petits restaurants où l'on mange face aux barques.

Les Halles et le goût basque

À cinq minutes dans les rues intérieures, les Halles de Biarritz rassemblent chaque matin poissonniers, fromagers et pâtissiers. On y goûte l'ossau-iraty, les piments doux et le gâteau basque à la cerise noire; les bars à huîtres qui entourent le marché prolongent volontiers l'arrêt. Comptez-y un déjeuner sur le pouce plutôt qu'un repas assis : l'ambiance s'y prête davantage. Le quartier alentour, commerçant et vivant, offre la meilleure idée du quotidien biarrot.

La Côte des Basques et le phare

Deux points de vue encadrent la ville. Au sud, la Côte des Basques — berceau européen du surf depuis les années 1950 — déroule ses vagues longues sous une falaise plantée de tamaris; le spectacle des surfeurs s'apprécie depuis la corniche. À marée haute, l'eau recouvre entièrement le sable et les silhouettes semblent s'élancer du pied même de la falaise. Au nord, le phare de la pointe Saint-Martin récompense l'ascension de ses 248 marches par un panorama complet, des plages landaises aux sommets des Pyrénées qui tombent dans la mer.

Le mémo de l'escale

ÉlémentDétail
DébarquementEn annexe face au centre, ou via Saint-Jean-de-Luz
Rocher de la Vierge15 minutes à pied du débarcadère
Les Halles5 minutes à pied du front de mer
Phare Saint-Martin25 minutes à pied, 248 marches
BayonneEnviron 10 km, autobus ou taxi

L'élégance et l'écume

Peu de stations balnéaires réussissent à vieillir sans se figer. Biarritz y parvient : les façades impériales servent de décor aux surfeurs, les marchés nourrissent les palaces, et l'océan impose son rythme à tout le monde. On remonte à bord les cheveux salés, avec le sentiment d'avoir visité deux époques pour le prix d'une seule journée.