Bilbao a réussi l'une des métamorphoses les plus spectaculaires d'Europe. Il y a trente ans, la ria charriait encore les fumées des hauts fourneaux; aujourd'hui, un vaisseau de titane signé Frank Gehry attire des visiteurs du monde entier sur ses berges réaménagées. Faire escale ici, c'est observer une cité industrielle devenue capitale culturelle sans renier son caractère basque, fier et chaleureux à la fois.
Getxo, la porte d'entrée
Les navires accostent à Getxo, élégante commune balnéaire située à une vingtaine de kilomètres du centre de Bilbao, à l'embouchure de la ria. Avant de filer vers la grande ville, un coup d'œil s'impose sur les demeures cossues du front de mer, héritage des armateurs et industriels du début du XXe siècle. Tout près, le pont de Biscaye enjambe l'estuaire : ce pont transbordeur de 1893, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, transporte encore voitures et piétons dans sa nacelle suspendue.
Rejoindre le centre
| Option | Durée | À savoir |
|---|---|---|
| Navette de la compagnie | 30 à 40 minutes | Dépose généralement plaza Moyúa, à dix minutes à pied du Guggenheim |
| Métro depuis Getxo | Environ 20 minutes de trajet | Une navette portuaire gratuite relie le terminal aux stations voisines |
| Taxi | 25 à 35 minutes | Compter de 30 à 40 euros selon la circulation |
Le Guggenheim, évidemment
On a beau connaître les photographies, rien ne prépare au choc de la première rencontre : les courbes de titane changent de couleur avec le ciel, tantôt argent, tantôt or pâle. Devant l'entrée, Puppy, le chiot géant tapissé de fleurs, monte une garde attendrissante, tandis que l'araignée de bronze Maman étend ses pattes côté fleuve. L'intérieur mérite qu'on lui consacre une heure ou deux, mais le bâtiment seul, longé par la passerelle qui suit la ria, justifie déjà le déplacement. Inauguré en 1997, le musée a entraîné dans son sillage toute la renaissance du quartier d'Abandoibarra : immeubles contemporains, promenades plantées et tramway glissant sans bruit le long de l'eau.
Les Siete Calles
Le vieux Bilbao se concentre autour de sept rues médiévales serrées sur la rive droite, le Casco Viejo. On y circule à pied, d'une librairie centenaire à une boutique de bérets, jusqu'à la plaza Nueva, écrin néoclassique à arcades où les bars rivalisent de pintxos : morue au pil-pil, tortilla moelleuse, poivrons farcis, chaque comptoir expose ses créations comme une vitrine de joaillier. Le marché de la Ribera, posé au bord de l'eau, complète le tableau avec ses étals de poissons et ses comptoirs de dégustation. Prendre le temps d'y observer les habitués commander leur txikito, ce petit verre de vin que l'on boit en tournée d'un bar à l'autre, en apprend plus sur l'âme locale que bien des visites guidées.
Une pause verte ou une vue d'en haut
S'il reste du temps, le parc de Doña Casilda offre ses allées ombragées à deux pas du musée des Beaux-Arts, l'autre grande adresse artistique de la cité. Les plus curieux grimperont plutôt vers le belvédère d'Artxanda, accessible en funiculaire, pour saisir d'un seul regard la vallée, les collines vertes et le ruban de la ria qui repart vers la mer. Là-haut, les familles s'installent sur les pelouses face au panorama, loin de l'agitation des quais; on redescend à regret.
Le retour par l'estuaire
En redescendant vers Getxo, le trajet longe d'anciens chantiers navals reconvertis, des quais devenus promenades, des grues conservées comme des sculptures. C'est peut-être la leçon de cette escale : une cité peut changer de peau sans perdre sa mémoire. On remonte à bord avec l'accent basque dans l'oreille et l'envie déjà précise de revenir goûter d'autres pintxos, un soir de semaine, quand la plaza Nueva appartient aux gens du quartier.


