Le sable de Boracay crisse à peine sous les pas : fin comme de la farine, blanc jusqu'à l'éblouissement, il a fait la renommée mondiale de cette petite île des Visayas, aux Philippines. Les navires jettent l'ancre au large de Caticlan, sur la grande île voisine de Panay, et la journée commence par un double saut de puce : chaloupe jusqu'au terminal de Caticlan, puis traversier vers l'embarcadère de Cagban, sur Boracay même, une traversée d'une dizaine de minutes. Selon les conditions, certaines compagnies déposent leurs passagers plus directement du côté de la fameuse White Beach.

Rejoindre White Beach

Depuis Cagban, les tricycles motorisés, souvent électriques, grimpent la colline et redescendent vers les plages en quelques minutes ; il suffit d'indiquer sa destination, les habitués parlant en « stations », ces secteurs qui jalonnent le rivage ouest. White Beach étire environ quatre kilomètres de sable immaculé le long d'une eau translucide, bordée d'un chemin piétonnier où se succèdent restaurants, boutiques et comptoirs d'activités ; massages en plein air, stands de fruits frais et cafés ombragés jalonnent le parcours, et chacun compose son heure à sa façon. L'ambiance monte doucement au fil de la journée, des baigneurs du matin aux terrasses animées de l'après-midi.

Une eau faite pour être vécue

La baignade vient d'elle-même : l'eau, chaude et calme sur la façade ouest, descend en pente douce. Les amateurs de sensations trouvent leur compte ailleurs sur l'île, où soufflent les vents propices à la planche aérotractée et à la planche à voile ; les centres de plongée, nombreux, desservent des récifs à quelques minutes de bateau. Masque et tuba suffisent déjà pour croiser des poissons colorés près des pontons, et les comptoirs de la promenade organisent en quelques minutes une sortie adaptée à chacun.

La voile rouge des paraws

Impossible de manquer les paraws, ces voiliers à balanciers typiques des Visayas dont les voiles triangulaires glissent sans moteur sur le lagon. Les sorties d'une heure ou deux, négociées directement sur la plage, font le tour des anses voisines ; assis sur le filet tendu entre les flotteurs, les pieds dans les embruns, on tient là le meilleur point de vue sur l'île. Les embarcations à moteur, les bancas, proposent quant à elles des circuits vers les criques et les spots de baignade plus éloignés.

Au-delà de la grande plage

Boracay ne se limite pas à sa carte maîtresse. D'autres anses ponctuent le pourtour de l'île, plus tranquilles, où les paraws font escale ; les ruelles intérieures cachent marchés, échoppes de fruits et petites tables familiales. Goûter un jus de mangue fraîche ou un poisson grillé les orteils dans le sable fait partie des plaisirs simples qui, mis bout à bout, composent la journée. Les couchers de soleil de la côte ouest sont réputés dans tout le pays ; les navires lèvent souvent l'ancre avant, mais la lumière de fin d'après-midi, déjà dorée, console largement.

Le chemin du retour

Il faut prévoir une marge confortable pour le trajet inverse, tricycle, traversier, chaloupe, car les correspondances dépendent de la mer et de l'affluence ; les équipages affichent des heures limites qu'il vaut mieux prendre au sérieux. Ce petit périple fait partie de l'aventure : on repart par étapes, comme à regret, en jetant un dernier coup d'œil par-dessus l'épaule.

Un éclat qui reste

Une fois à bord, le blanc de la grande plage brille encore un moment contre le vert de l'île, puis l'horizon reprend ses droits. Boracay laisse un souvenir d'une netteté singulière : celui d'un sable sans équivalent et d'une eau qui semblait éclairée de l'intérieur. Les Visayas comptent des milliers d'îles ; celle-ci donne l'envie d'aller voir toutes les autres.