En 1964, une actrice française en quête de discrétion posa ses valises dans un village de pêcheurs à trois heures de Rio de Janeiro. Brigitte Bardot ne se doutait pas qu'elle venait de changer le destin de Búzios. Soixante ans plus tard, la presqu'île est devenue l'une des stations balnéaires les plus courues du Brésil, sans perdre tout à fait son âme première : les barques colorées se balancent toujours devant les terrasses, et les filets sèchent encore au soleil entre deux boutiques élégantes. Les navires mouillent dans la baie; les chaloupes déposent les passagers au cœur de la station, à quelques pas de tout.
La Rua das Pedras
L'artère emblématique de Búzios porte bien son nom : une rue de grosses pierres irrégulières où l'on marche les yeux levés vers les galeries d'art, les boutiques de créateurs et les restaurants qui ont fait la réputation du lieu. Le soir, elle devient le rendez-vous de tout le village; en journée d'escale, on y flâne plus tranquillement, entre un café serré et une boutique de maillots — spécialité nationale s'il en est. L'ambiance tient du port méditerranéen transplanté sous les tropiques.
L'Orla Bardot, promenade au bord de l'eau
La rue des pierres se prolonge en une promenade qui épouse la courbe de la plage d'Armação. Deux bronzes y arrêtent les passants : Brigitte Bardot assise sur sa valise, regard tourné vers la baie, et les Trois Pêcheurs tirant leur filet, hommage aux fondateurs du village, avec les pieds dans l'eau à marée haute. Les goélettes de sortie en mer et les barques de pêche partagent le plan d'eau, sous le vol des frégates. La lumière de fin d'après-midi y est d'une douceur rare.
Plus de vingt plages
La presqu'île découpe dans l'Atlantique une succession d'anses, chacune avec son caractère. À distance de marche du débarcadère, la plage des Ossos aligne voiliers et maisons blanches autour d'une petite église; un sentier mène ensuite aux criques jumelles d'Azeda et d'Azedinha, eaux claires et parasols plantés dans le sable. Un peu plus loin, João Fernandes déroule ses eaux calmes prisées des familles. Plus loin, Ferradura dessine son fer à cheval abrité, parfait pour la baignade familiale, tandis que Geribá attire les surfeurs. Sur le sable, les vendeurs de fromage grillé et de maté glacé passent de serviette en serviette, rituel brésilien immuable. Les taxis d'eau et les navettes locales permettent de composer son propre circuit de baignade, une plage le matin, une autre après le repas.
En mer ou à table
Les goélettes proposent des tours de deux à trois heures qui longent la côte, s'arrêtant pour une baignade au-dessus d'eaux limpides où évoluent parfois les tortues. Les départs se font surtout en matinée; réserver dès la descente à terre assure une place à l'ombre du taud. Au retour, les tables du front de mer servent la moqueca de poisson, les crevettes grillées et la caïpirinha glacée qui accompagne si bien la contemplation de la baie. Les becs sucrés termineront par une glace artisanale à déguster en marchant sur l'Orla Bardot.
Conseils d'escale
- Le village se parcourt entièrement à pied depuis le débarcadère;
- Azeda et Azedinha se méritent par un court sentier : chaussures souples recommandées;
- les goélettes partent de la plage d'Armação, réservation possible sur place;
- l'ombre se fait rare sur les plages en milieu de journée — chapeau indispensable.
L'heure du départ
Quand la chaloupe s'éloigne, la presqu'île s'étire dans le soir entre ses collines vertes, et les lumières s'allument le long de la Rua das Pedras. Búzios réussit ce que peu de stations parviennent à faire : marier le glamour et la simplicité, la fête et la sieste. On comprend l'actrice d'être restée. On se promet, comme elle, de revenir.


