Le sable de Cabo Frio a une particularité qui surprend dès les premiers pas : d'une blancheur de neige, fin comme de la poudre, il crisse sous le pied et reste frais même en plein soleil. Ce quartz pur a fait la renommée de cette ville de la Région des Lacs, à l'est de Rio de Janeiro, où l'océan prend des teintes turquoise qu'on n'attend pas à cette latitude. L'escale marie farniente, histoire coloniale et paysages de dunes, le tout à échelle humaine.
La Praia do Forte
La grande plage urbaine déroule son ruban clair sur plus de sept kilomètres, face à une eau vive et transparente — l'adjectif « frio » vient d'ailleurs des remontées d'eaux fraîches qui donnent à la mer sa limpidité. Les kiosques modernes du bord de mer servent jus de fruits, poissons grillés et eau de coco bien froide; les vendeurs ambulants proposent chapeaux et paréos au fil de l'après-midi. La baignade y est agréable, avec quelques vagues pour s'amuser sans se battre.
Le fort São Mateus
À l'extrémité est de la plage, sur une pointe rocheuse battue par les embruns, les murs du fort São Mateus veillent depuis le début du XVIIe siècle. Construit pour protéger le commerce du bois-brésil contre les corsaires, ce petit ouvrage de pierre et de chaux conserve ses canons tournés vers le large. La visite est brève, mais le lieu vaut surtout pour son promontoire : d'un côté la longue courbe de la plage, de l'autre l'entrée du canal d'Itajuru où défilent voiliers et barques de pêche.
La Passagem, le vieux quartier
En remontant la rive vers l'intérieur, on atteint le bairro da Passagem, le noyau ancien de la ville. Ruelles pavées, maisons basses aux façades blanches soulignées de couleurs vives, bougainvilliers débordant des murets : le quartier a gardé l'allure de la bourgade coloniale qu'était la cité au temps où le sel et le poisson faisaient sa fortune. Les restaurants installés au bord de l'eau servent la pêche du jour face aux bateaux; c'est l'endroit tout désigné pour un dîner tranquille à l'écart de l'animation balnéaire. Des barques proposent aussi la remontée du canal vers la lagune d'Araruama, l'une des plus vastes lagunes salées du monde, qui explique la longue tradition salinière de la région.
Boutiques de plage et souvenirs
Cabo Frio s'est taillé une réputation nationale dans un domaine bien précis : le maillot de bain. Une rue entière, connue comme la rue des Bikinis, aligne des dizaines de boutiques de mode balnéaire à prix doux, des modèles classiques aux créations les plus audacieuses. Même sans intention d'achat, la promenade amuse — et les valises repartent rarement vides.
Vers Arraial do Cabo
Les excursions proposées durant l'escale mènent souvent, à une vingtaine de minutes au sud, vers ce village de pêcheurs entouré de criques spectaculaires — Prainhas do Pontal, dunes blanches — que l'on surnomme le « Caraïbe brésilien » pour la transparence de ses eaux. Les sorties en bateau y croisent parfois des tortues et permettent de se baigner dans des criques accessibles seulement par la mer. Une belle façon de compléter la journée si la baignade en ville ne suffit pas.
Dernier regard sur le canal
En fin de journée, les barques rentrent par le canal d'Itajuru dans une lumière de miel, saluées par les pêcheurs qui réparent leurs filets sur les quais de la Passagem. Cabo Frio n'a ni la démesure de Rio ni le chic de sa voisine Búzios; elle offre autre chose, une douceur balnéaire sans façon, où le Brésil se vit les pieds dans le sable blanc. C'est souvent ce genre d'escale, sans prétention, qui laisse les souvenirs les plus nets.


