Le trajet en navette donne le ton de la journée : sous la coque, le fond reste net par dix mètres, dans une eau dont la transparence a fait la réputation de l'archipel. Grand Cayman ne possède aucune jetée pour les paquebots; les navires demeurent à l'ancre devant George Town et des embarcations locales déposent les passagers à l'un des trois terminaux du front de mer, en plein centre de la capitale.

George Town à pied

Depuis les quais, tout se fait en marchant : les boutiques hors taxes, le Musée national installé dans l'Old Courts Building, l'une des plus anciennes constructions de l'île, et les vestiges du fort George, modeste ouvrage de pierre corallienne qui défendait jadis le mouillage. Le tour du centre occupe une matinée sans se presser, entre deux pauses à l'ombre des galeries. Les nageurs équipés d'un masque n'ont même pas à quitter le secteur : les sites d'Eden Rock et de Devil's Grotto, avec leurs tunnels de corail peuplés de tarpons argentés, se rejoignent directement depuis le rivage, à quelques minutes à pied des terminaux.

Seven Mile Beach

Au nord du centre commence le long croissant de Seven Mile Beach, à une dizaine de minutes de taxi. Le rivage y est public sur toute sa longueur : il suffit de choisir un accès, d'étendre sa serviette et de nager dans une mer sans houle, face aux silhouettes des navires au mouillage. Les amateurs de calme visent la portion bordée de filaos près de Governor's Beach, à l'écart des hôtels les plus fréquentés. Cafés et clubs de plage jalonnent le parcours : on peut y passer la journée entière sans jamais reprendre la route.

Stingray City, la rencontre signature

Au milieu du lagon de North Sound émerge un banc de sable où des raies pastenagues viennent au-devant des visiteurs depuis des décennies, héritage du temps où les pêcheurs y nettoyaient leurs prises. On s'y rend en bateau depuis les marinas voisines de Seven Mile Beach; l'eau arrive à la taille, les raies glissent entre les jambes, veloutées et curieuses, sous l'œil des guides qui encadrent chaque groupe. La sortie occupe une demi-journée et se réserve idéalement avant l'escale, tant la demande est forte.

West Bay, des tortues aux rochers de Hell

Vers la pointe nord-ouest, le Cayman Turtle Centre élève des tortues vertes dans des bassins d'observation et retrace le lien ancien entre l'archipel et ces animaux, qui figurèrent longtemps au cœur de son économie. À quelques minutes de là, le hameau de Hell doit son nom à un champ de formations calcaires noires et déchiquetées : on les contemple depuis des passerelles, puis on fait oblitérer une enveloppe au comptoir postal voisin, clin d'œil que les collectionneurs apprécient. Sur la route du retour, la tour d'observation de Camana Bay, tapissée d'une mosaïque marine, offre un dernier panorama sur le grand croissant de sable et le lagon. Les curieux d'histoire disposent d'une option de plus vers l'est : Pedro St. James, demeure de pierre élevée en 1780 sur une falaise basse, présentée comme le plus ancien bâtiment encore debout de l'archipel.

La file des navettes s'allonge en fin d'après-midi, preuve que l'île se quitte à regret. Depuis le pont, George Town rapetisse dans la lumière dorée, et l'eau, jusqu'au bout, laisse voir le fond.

Repères pratiques

  • Port en mouillage : prévoir les files de retour aux navettes en fin de journée.
  • Le dollar des Caïmans est arrimé au dollar américain, accepté partout; la monnaie est souvent rendue en dollars locaux.
  • Conduite à gauche; autobus publics économiques le long de la côte ouest.
  • Jusqu'à plusieurs navires certains jours : réserver Stingray City et les sorties de plongée avant l'escale.