Toute l'île est l'œuvre d'un volcan. Le Hallasan, plus haut sommet de la Corée du Sud avec ses 1947 mètres, occupe le centre de Jeju et a signé le paysage de partout : cônes de scories, tunnels de lave, falaises de basalte noir. Selon les navires, l'escale se fait au port de Jeju City, sur la côte nord à deux kilomètres du centre, ou au terminal de Gangjeong, près de Seogwipo au sud — deux points d'entrée distants d'une quarantaine de kilomètres, qui ouvrent chacun sur des découvertes différentes.

Seongsan Ilchulbong, le pic du lever de soleil

À l'est, à environ une heure de route, un cône de tuf surgi de la mer il y a des millénaires dresse ses parois abruptes au-dessus des champs. L'escalier aménagé grimpe en une trentaine de minutes jusqu'à la crête, d'où le regard plonge dans un cratère tapissé d'herbes hautes, cerné par l'océan. Le site, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007 avec le Hallasan et les tunnels de lave de Geomunoreum, est devenu l'emblème de l'île — et se mérite tôt le matin, avant les groupes. Sur la route du retour, certains circuits s'arrêtent au tunnel de Manjanggul, galerie creusée par la lave où l'on marche sous terre sur un kilomètre aménagé, entre parois striées et colonne de basalte réputée la plus haute du genre.

Les haenyeo, femmes de la mer

Au pied du cône, avec un peu de chance, on assiste à la sortie des haenyeo : ces plongeuses en apnée, souvent âgées de soixante ans et plus, récoltent ormeaux, oursins et conques sans bouteille, au rythme de leur souffle. Leur sifflement caractéristique en surface, le sumbisori, s'entend de loin. L'UNESCO a inscrit leur culture au patrimoine immatériel en 2016; les rencontrer reste l'un des moments forts d'une journée sur place.

Depuis le nord : Yongduam et le marché Dongmun

Si le navire touche la côte nord, le rocher Yongduam — une lave figée en forme de tête de dragon — se trouve à quelques minutes du terminal, battu par les vagues. Le marché Dongmun, accessible à pied depuis le centre, déborde d'agrumes hallabong, de poissons séchés et de gâteaux de riz : parfait pour goûter l'île sans programme précis, dans le brouhaha des étals. Les grands-mères y vendent aussi le chocolat à la mandarine devenu le souvenir fétiche des visiteurs coréens — impossible de repartir sans une boîte.

Depuis le sud : les chutes de Seogwipo

Côté Gangjeong, la ville de Seogwipo aligne deux cascades à courte distance : Cheonjiyeon, au fond d'un vallon luxuriant, et Jeongbang, l'une des rares au monde à se jeter directement dans la mer du haut de sa falaise. Les sentiers côtiers voisins, plantés de pins tordus par le vent, ménagent des points de vue saisissants sur les îlots du large.

Repères selon le port d'arrivée

SiteDepuis Jeju City (nord)Depuis Gangjeong (sud)
Seongsan IlchulbongEnviron 1 h de routeEnviron 1 h 15 de route
Rocher Yongduam10 minutesEnviron 1 h
Chutes de SeogwipoEnviron 1 h15 à 20 minutes

Les Coréens surnomment Jeju leur île aux trois abondances : le vent, les pierres et les femmes. Une journée suffit pour vérifier la formule — bourrasques sur la crête du cratère, murets de basalte entre les champs de mandarines, plongeuses au large. On repart avec du sel sur les lèvres, une boîte de chocolat dans le sac et l'envie d'aller voir, une prochaine fois, ce que cache le versant du volcan qu'on n'a pas eu le temps d'approcher.