Ici, tout commence par un fleuve. L'Itajaí-Açu déroule ses eaux brunes jusqu'à l'Atlantique, et les navires de croisière remontent son embouchure entre les chalutiers, car Itajaí demeure d'abord l'une des grandes capitales de la pêche au Brésil. Le terminal se trouve en bordure du centre, le long de la rive : quelques minutes de marche suffisent pour atteindre les premières rues commerçantes, un luxe rare sur la côte sud du pays.
La Beira-Rio, promenade d'ouverture
Face aux quais, la promenade Beira-Rio suit le fleuve sur plus d'un kilomètre : piste cyclable, palmiers, monuments et une enfilade de restaurants qui ont bâti la réputation gastronomique de l'endroit — crevettes, poissons grillés, moquecas fumantes. Les habitants s'y retrouvent en fin de journée pour regarder passer les porte-conteneurs, spectacle qui appartient à l'identité locale au même titre que la plage.
Un centre à l'accent açorien
Les rues voisines rappellent que la ville fut peuplée au dix-neuvième siècle par des familles venues des Açores. On y flâne entre l'église matrice au clocher imposant, le théâtre municipal et les façades colorées des commerces de quartier, pendant que les conversations passent sans effort du portugais chantant au vocabulaire des marins. La pêche fait vivre des milliers de familles de la région, et cela s'entend jusque dans les menus du midi. Chaque mois d'octobre, la Marejada célèbre cet héritage portugais pendant environ deux semaines : la plus grande fête de la mer du pays fait alors déborder Itajaí de musique, de danses et de fruits de mer.
Les molhes, entre cargos et surfeurs
Un court trajet en taxi mène aux molhes, deux jetées de pierre qui encadrent l'entrée du fleuve et s'avancent d'environ 800 mètres vers le large. On y marche jusqu'au petit phare, entre pêcheurs à la ligne et surfeurs qui guettent la vague le long des rochers; voir un cargo glisser à quelques dizaines de mètres reste un moment étonnant. La lumière de fin d'après-midi y est particulièrement belle.
Cabeçudas, la doyenne des plages
Juste au sud des jetées, l'anse de Cabeçudas fut la première station balnéaire de Santa Catarina. Ses maisons anciennes se serrent derrière un ruban de sable aux eaux tranquilles, parfait pour une baignade familiale ou un café face à la mer, loin de toute agitation. L'endroit a gardé un esprit de village que les habitants défendent avec fierté.
Balneário Camboriú, la voisine verticale
À une quinzaine de kilomètres au sud — comptez environ trente minutes de route —, Balneário Camboriú dresse sa muraille de gratte-ciels face à l'océan, au point qu'on la surnomme parfois la Dubaï brésilienne. Le contraste avec la cité portuaire vaut à lui seul le déplacement : promenade animée, plage urbaine et téléphérique du parc Unipraias, qui survole la forêt atlantique jusqu'à la crique de Laranjeiras. C'est l'excursion classique de l'escale pour qui veut voir les deux visages de la région.
Repères pour organiser sa journée
| Lieu | Accès depuis le terminal |
|---|---|
| Centre et Beira-Rio | Quelques pas depuis le terminal |
| Molhes da Barra | Environ 10 min en taxi |
| Plage de Cabeçudas | Environ 15 min en taxi |
| Balneário Camboriú | Environ 30 min de route |
Itajaí joue franc jeu : elle fait ce qu'elle a toujours fait, travailler la mer, décharger les bateaux, cuisiner le poisson du jour. C'est justement ce qui rend l'escale attachante. On y passe la journée chez des gens, davantage que dans un décor — et l'on remonte à bord avec l'impression d'avoir goûté un Brésil du quotidien, celui que peu de croisiéristes prennent le temps de rencontrer.


