Le navire ralentit entre deux rangées de montagnes qui tombent droit dans la mer. Au fond du bras d'eau, des maisons aux toits sombres s'accrochent aux pentes de Borðoy, et des bateaux de pêche rentrent lentement vers leurs quais. Klaksvík, deuxième ville des îles Féroé avec ses quelque 5 000 habitants, vit d'abord par la pêche, et cela se voit dès l'arrivée : filets empilés, coques colorées, odeur de sel et de poisson frais.

Du quai d'Ánir au centre-ville

Les navires de croisière accostent généralement au bassin nord, près du hameau d'Ánir, à environ 3 km du centre. Une navette gratuite relie le quai au bureau d'information touristique, en plein centre; la plupart des compagnies offrent aussi leur propre service. Le trajet dure une dizaine de minutes et longe le rivage, avec les sommets de l'île en toile de fond. Ceux qui préfèrent marcher suivent la route côtière, plate et dégagée.

Une ville née de la mer

Klaksvík occupe un isthme étroit entre deux baies, ce qui explique son surnom de capitale de la pêche féroïenne. Le port de travail demeure le vrai spectacle de l'escale : chalutiers en réparation, caisses de morue, pêcheurs qui discutent sur les quais. Flâner le long des bassins permet d'observer une industrie qui fait vivre l'archipel depuis des générations. Les rues commerçantes, regroupées autour du centre, alignent boutiques de laine, cafés et petites épiceries où l'on trouve les chandails tricotés localement.

Christianskirkjan, l'église de pierre

Impossible de manquer la silhouette massive de Christianskirkjan, érigée en 1963. C'est la plus grande église des Féroé, et son architecture s'inspire des anciennes fermes-églises nordiques : murs de pierre brute, toit élancé, intérieur baigné d'une lumière douce. Une barque traditionnelle suspendue à la voûte rappelle le lien constant entre la foi et la mer dans ces îles. L'édifice se trouve à quelques minutes à pied du centre.

Un laboratoire figé dans le temps

La ville réserve une découverte inattendue : un ancien laboratoire de chimie transformé en musée. Le bâtiment a d'abord abrité une boutique de tissus ouverte en 1919, avant de servir de laboratoire de 1932 à 1961. Flacons, instruments et étagères sont demeurés en place, comme si le chimiste venait de sortir. Une salle voisine expose des outils féroïens d'autrefois, du matériel de pêche aux objets du quotidien. La visite est courte, mais elle en dit long sur la vie insulaire du siècle dernier.

Les montagnes tout autour

Où que l'on se trouve à Klaksvík, les pentes vertes ferment l'horizon. Les marcheurs en bonne forme gagnent les hauteurs qui dominent le bourg pour embrasser d'un seul regard les baies, les toits et les îles voisines; le sentier grimpe sec, et la météo change vite, alors de bonnes chaussures et un imperméable s'imposent. Les autres se contentent d'une promenade au bord de l'eau, où les jeux de lumière sur les versants suffisent à occuper l'œil. Par temps clair, les silhouettes de Kunoy et de Kalsoy se détachent au nord.

Conseils pour l'escale

  • Prévoir des vêtements chauds et imperméables, même en été : le vent et la bruine font partie du décor.
  • La couronne danoise et la couronne féroïenne ont cours; les cartes bancaires sont acceptées presque partout.
  • Le dimanche, plusieurs commerces ferment; les églises et les sentiers, eux, restent ouverts.
  • Compter une demi-journée pour l'essentiel, davantage si une randonnée s'ajoute au programme.

Au moment de remonter à bord, la ville paraît déjà familière : quelques rues, une église de pierre, des bateaux qui rentrent au port. Klaksvík ne cherche pas à impressionner. Elle montre simplement comment on vit, depuis toujours, entre la montagne et la mer du Nord — et c'est précisément ce qui reste en mémoire quand les sommets de Borðoy s'effacent dans le sillage.