On ne descend pas au Pirée pour le Pirée. On y descend pour un rocher qui domine Athènes depuis vingt-cinq siècles et dont la seule évocation faisait déjà rêver les voyageurs de l'Antiquité : l'Acropole. Le grand port grec, à environ 13 kilomètres du centre de la capitale, sert de porte d'entrée à l'une des escales les plus chargées de sens de toute la Méditerranée. Autant bien l'organiser.

Rejoindre Athènes sans se compliquer la vie

Depuis les terminaux, plusieurs options mènent au centre. Le métro demeure la solution la plus simple pour les voyageurs autonomes : la ligne 1 relie Le Pirée à la station Monastiraki, au pied des quartiers anciens, en une trentaine de minutes. La plupart des compagnies proposent aussi une navette vers le centre, et les taxis attendent à la sortie des terminaux.

Moyen de transportDurée approximative
Métro, ligne 1 vers MonastirakiEnviron 30 minutes
Taxi vers l'AcropoleDe 20 à 30 minutes selon la circulation
Navette de la compagnie vers le centreEnviron 30 minutes

Le rocher sacré

L'Acropole se mérite par une montée progressive, mais chaque pas en vaut la peine. Au sommet, le Parthénon, élevé au Ve siècle avant notre ère sous Périclès, impose ses colonnes doriques rongées de lumière. À ses côtés, l'Érechthéion et ses caryatides, ces colonnes en forme de jeunes femmes, offrent l'un des profils les plus reconnaissables de l'art grec. Sur les flancs du rocher, le théâtre de Dionysos, berceau de la tragédie, et l'odéon d'Hérode Atticus, toujours utilisé pour des spectacles, complètent l'ensemble. Venez tôt si possible : la lumière du matin et la fraîcheur rendent la visite bien plus agréable.

Le musée qui change tout

Au pied du site, le musée de l'Acropole présente les sculptures originales dans un bâtiment contemporain de verre et de béton, construit au-dessus de fouilles visibles sous les planchers vitrés. Frises, korés au sourire énigmatique, fragments du Parthénon : une heure ici double la valeur de l'ascension. La terrasse du café, tournée vers le Parthénon, offre en prime une pause avec vue.

Plaka et l'agora antique

En contrebas s'étend Plaka, le plus vieux quartier d'Athènes, lacis de ruelles néoclassiques où les tavernes servent moussaka et calmars grillés sous les treilles. On y flâne entre deux monuments, avant de rejoindre l'agora antique, l'ancien cœur civique où enseignait Socrate. Le temple d'Héphaïstos, remarquablement conservé, y veille sur un champ de ruines planté d'oliviers. À quelques rues, les étals de Monastiraki mêlent antiquités, sandales de cuir et souvenirs dans un joyeux désordre oriental. Gardez un œil sur l'heure : le retour demande la même marge que l'aller, et les rues de Plaka savent retenir les promeneurs.

Syntagma et la relève des evzones

Si le temps le permet, poussez jusqu'à la place Syntagma, devant le Parlement, où les evzones en jupe plissée et chaussures à pompons exécutent leur relève cérémonielle au début de chaque heure. Le contraste entre la solennité du pas et la circulation athénienne compose un moment étonnant de la vie grecque contemporaine.

Et Le Pirée lui-même ?

Les passagers qui restent près du navire ne sont pas en reste. Le port cache deux anses gracieuses : Mikrolimano, bordée de restaurants de poisson serrés au ras des flots, et la marina Zéa, rendez-vous des plaisanciers. Le musée archéologique local conserve pour sa part des bronzes antiques d'une qualité rare, sauvés des eaux du port.

Le retour vers la mer

Au retour, depuis le pont du navire, Athènes s'étale dans la lumière du soir, blanche et infinie, avec son rocher au milieu. On repense aux caryatides, au marbre chauffé de soleil, au bourdonnement de Plaka. Vingt-cinq siècles tiennent dans une journée d'escale ; c'est beaucoup demander à une journée, et c'est exactement pourquoi tant de voyageurs reviennent.