Deux rivières se rencontrent ici, et toute l'histoire de la ville tient dans cette rencontre. À Montereau-Fault-Yonne, l'Yonne vient « faillir », c'est-à-dire se jeter, dans la Seine. Les bateaux de navigation fluviale s'amarrent en rive droite, au pied du vieux bourg, et le spectacle des eaux mêlées accompagne les passagers dès la passerelle.
La confluence et ses quais
La halte fluviale occupe l'un des plus beaux emplacements de la haute Seine, face au confluent. Les quais aménagés invitent à une première promenade au fil de l'eau, où pêcheurs, cyclistes et promeneurs se partagent les berges. De l'autre côté du pont, l'île de la confluence marque la jonction exacte des deux cours d'eau, point stratégique qui valut à la cité bien des convoitises au fil des siècles.
Napoléon sur son pont
Une statue équestre de Napoléon domine la jonction des ponts, à l'endroit même où l'Empereur livra, en février 1814, l'une de ses dernières batailles victorieuses lors de la campagne de France. La tradition rapporte qu'exposé au feu sur les hauteurs, il aurait lancé à ses soldats que le boulet capable de le tuer n'était pas encore fondu. Le monument de bronze, érigé sous le Second Empire, regarde toujours les deux vallées que ses armées défendirent.
La collégiale et le vieux bourg
Quelques rues plus loin, la collégiale Notre-Dame-et-Saint-Loup dresse son chevet gothique au-dessus des toits. L'édifice, commencé au XIIe siècle, conserve un portail Renaissance et une nef lumineuse où l'on entre librement. Autour, le centre ancien aligne maisons à pans de bois, commerces de bouche et petites places où prendre un café en terrasse. Le marché, les jours où il se tient, ajoute ses étals de fromages briards et de produits maraîchers de la vallée.
La faïence, mémoire de la ville
Montereau fut, deux siècles durant, l'un des grands noms de la faïence fine française. Ses manufactures exportaient assiettes et services dans toute l'Europe, rivalisant avec Creil dont elle partagea longtemps les marques. Un musée municipal consacré à cette aventure industrielle expose moules, pièces rares et archives d'ateliers. Pour qui aime les arts de la table, la halte vaut le détour et donne une clé de lecture de toute la ville ouvrière.
Les hauteurs de Surville
Au-dessus de la rive droite, le plateau de Surville offre un point de vue dégagé sur la vallée, celui-là même d'où Napoléon dirigea la bataille. On y monte à pied en une vingtaine de minutes ou en quelques minutes de taxi. Le panorama embrasse le confluent, les toits du bourg et les coteaux de la Seine amont, avec les péniches qui glissent en contrebas. Les convois de céréales y croisent les bateaux de plaisance, rappel que la Seine amont demeure une voie de travail bien vivante.
Repères pratiques
- Le centre ancien commence à moins de dix minutes à pied de la halte fluviale.
- Collégiale, statue et quais se combinent en une boucle d'environ une heure et demie.
- Le musée de la faïence et la montée à Surville complètent aisément une demi-journée.
- Paris se trouve à environ 80 km en aval ; Fontainebleau et sa forêt à une vingtaine de kilomètres.
Au moment du départ, le bateau vire lentement dans les eaux du confluent, et l'on comprend pourquoi tant d'armées, de marchands et de faïenciers se sont disputé ce coude de rivière. Montereau ne figure sur aucune liste de merveilles ; elle offre mieux, une page d'histoire de France à hauteur d'homme, lisible en une escale et racontée par ses deux rivières.


