L'aube dans la rade de New York compte parmi les grands moments d'une vie de croisiériste. La statue de la Liberté glisse d'un côté, les tours de la pointe sud s'allument de l'autre, et le navire remonte lentement vers son poste au milieu d'un ballet de traversiers, de remorqueurs et d'hélicoptères. La métropole ne fait pas d'entrée discrète. Elle happe le regard dès le premier mille marin et ne le relâche qu'au départ.
Trois portes d'entrée
La région portuaire compte trois terminaux distincts, et mieux vaut savoir lequel vous accueille. Le Manhattan Cruise Terminal occupe les jetées 88 et 90, sur l'Hudson, entre les 46e et 54e rues : Times Square se trouve à une vingtaine de minutes de marche. Le terminal de Brooklyn, à Red Hook, fait face au sud de l'île et au célèbre monument de la Liberté. Cape Liberty, enfin, se situe à Bayonne, au New Jersey, de l'autre côté de la baie.
| Terminal | Secteur | À proximité |
|---|---|---|
| Manhattan (jetées 88-90) | Midtown, rive de l'Hudson | Times Square, musée Intrepid, secteur Hell's Kitchen |
| Brooklyn (Red Hook) | Rive est de la baie | Cafés de Red Hook, vues sur la baie et son monument, navette fluviale vers Wall Street |
| Cape Liberty (Bayonne) | New Jersey | Accès routier vers Manhattan, environ 30 minutes selon la circulation |
Midtown à portée de pied
Depuis les jetées de Midtown, l'essentiel du centre se conquiert sans véhicule. Le porte-avions Intrepid et son musée de l'air et de l'espace stationnent à deux rues du terminal. En s'enfonçant vers l'est, Hell's Kitchen aligne ses restaurants du monde entier, puis Times Square explose de panneaux lumineux. Broadway, le Rockefeller Center et la 5e Avenue suivent dans la foulée. Central Park attend un peu plus haut, poumon de 341 hectares où les New-Yorkais courent, rament et pique-niquent à l'ombre des tours.
Les classiques du sud
Le bas de l'île se prête à une autre journée : traversée gratuite en traversier de Staten Island pour saluer la Liberté de près, mémorial du 11-Septembre et sa cascade silencieuse, pont de Brooklyn franchi à pied au lever du jour. Les amateurs de musées n'auront qu'un embarras : le Met et sa collection encyclopédique, le MoMA et ses chefs-d'œuvre modernes, le Musée d'histoire naturelle et ses dinosaures. Chacun mérite une demi-journée; une escale oblige à choisir, et c'est très bien ainsi.
Red Hook, l'escale décalée
Les passagers accostant à Brooklyn gagnent à explorer leur port d'attache avant de filer vers Manhattan. Le secteur cultive un esprit d'ancien front portuaire : entrepôts de brique, ateliers d'artistes, tavernes de quartier et vues imprenables sur la baie. La navette fluviale relie ensuite Wall Street en quelques minutes, plus agréable que n'importe quel taxi aux heures de pointe.
Composer avec l'immensité
- Choisissez un seul secteur par demi-journée; la métropole punit les itinéraires trop ambitieux.
- Le métro reste le moyen le plus rapide de circuler; une carte sans contact suffit pour payer.
- Réservez à l'avance les grands musées et les observatoires pour éviter les files.
- Gardez une marge généreuse pour le retour au navire : la circulation new-yorkaise ne pardonne pas.
Manger comme un New-Yorkais
Impossible de repartir sans goûter la métropole : bagel garni au saumon fumé le matin, pointe de pizza pliée en deux sur le pouce, table étoilée le soir pour qui veut souligner l'occasion. Chaque quartier défend ses adresses avec passion, et les demi-journées d'escale suffisent amplement pour se composer un festival gourmand ambulant.
La ville qui reste
New York ne se termine pas, elle s'interrompt. Au moment où le navire redescend l'Hudson, les gratte-ciel défilent une dernière fois, la statue lève sa torche dans le contre-jour, et chacun dresse en silence la liste de ce qu'il n'a pas eu le temps de voir. C'est la signature de cette escale : on n'en fait jamais le tour, on s'y promet simplement de revenir.


