Un portail sacré se dresse sur un rocher battu par les vagues, face au Pacifique. Au lever du jour, quand le soleil monte exactement dans son axe, les photographes s'alignent sur la grève pour saisir l'image. Ce torii marin, rattaché au sanctuaire Oarai Isosaki, résume l'esprit de cette escale de la préfecture d'Ibaraki : une ville balnéaire et poissonneuse, tournée vers l'océan depuis plus de mille ans, à environ deux heures au nord-est de Tokyo.

Le sanctuaire face aux vagues

Fondé en 856, le sanctuaire occupe une butte boisée au-dessus du rivage. La légende veut que ses divinités soient descendues sur les rochers mêmes où se dresse aujourd'hui le torii Kamiiso, « le portail de la grève divine ». On accède à l'enceinte par un escalier bordé de pins; du haut des marches, le regard file entre les lanternes de pierre jusqu'au Pacifique. Les surfeurs attendent leur vague à quelques mètres du site sacré, et ce voisinage tranquille entre rituel et loisir dit beaucoup du Japon côtier.

Requins et dauphins à l'Aqua World

À quelques minutes de là, l'Aqua World compte parmi les plus grands aquariums du pays. Sa spécialité : les requins, dont il présente la collection la plus variée du Japon, une cinquantaine d'espèces des mers froides et tropicales. Les bassins consacrés aux poissons-lunes, les spectacles de dauphins et les galeries sur la faune locale de la côte d'Ibaraki occupent facilement deux heures. Pour une escale en famille, c'est la valeur la plus sûre de la journée.

Le marché aux poissons

Le midi venu, cap sur le marché du port de pêche. Les étals débordent de coquilles Saint-Jacques grillées, de chinchards séchés et de crabes; les restaurants voisins servent des bols de riz couverts de poisson cru débarqué le matin même. Les habitués repartent avec du poisson séché et des algues de la côte, spécialités que l'on retrouve dans toutes les cuisines de la région. La ville vit de la mer dans les deux sens : ses chalutiers partent vers le large, et son traversier de nuit relie chaque soir la ville à Tomakomai, sur l'île d'Hokkaido, seize heures de navigation plus au nord. Le terminal des navires de croisière partage d'ailleurs ce plan d'eau avec les traversiers.

Vers Mito et le jardin Kairakuen

Les excursions poussent volontiers jusqu'à Mito, la capitale préfectorale, à une vingtaine de minutes. On y trouve le Kairakuen, l'un des trois grands jardins paysagers du Japon, créé en 1842 par le seigneur local. Sa particularité : trois mille pruniers qui fleurissent dès la fin de l'hiver, blancs et roses sur les pelouses en pente. Le pavillon Kobuntei, reconstruit à l'identique après la guerre, laisse voir les salons où le seigneur recevait poètes et vassaux. Au printemps, une autre merveille attire les foules à quelques kilomètres au nord d'Oarai : les collines du parc Hitachi Seaside se couvrent de némophiles, des millions de fleurs bleues qui rejoignent la couleur du ciel. À l'automne, les mêmes pentes virent au rouge avec les kochias.

Repères pratiques

  • Le torii Kamiiso et le sanctuaire se rejoignent en une quinzaine de minutes de marche ou en quelques minutes de taxi depuis le secteur portuaire.
  • Aqua World : prévoir deux heures; billets en vente sur place.
  • Mito et le Kairakuen : environ 15 km; taxi ou train local depuis la gare d'Oarai.
  • Marée haute ou houle forte offrent les images les plus fortes du torii.

Oarai ne joue pas dans la même cour que Tokyo ou Yokohama, et c'est sa force. On y passe une journée au rythme des vagues, entre un portail sacré, des requins et des pruniers. En reprenant la mer, on garde en tête cette silhouette de pierre claire sur son rocher, qui salue les navires comme elle salue le soleil, chaque matin depuis des siècles.

Questions fréquentes

Son torii marin. Le portail sacré Kamiiso, rattaché au sanctuaire Oarai Isosaki, se dresse sur un rocher battu par les vagues, face au Pacifique. Au lever du jour, quand le soleil monte exactement dans son axe, les photographes s'alignent sur la grève pour saisir l'image.
En une quinzaine de minutes de marche, ou en quelques minutes de taxi. On accède à l'enceinte du sanctuaire par un escalier bordé de pins; du haut des marches, le regard file entre les lanternes de pierre jusqu'au Pacifique.
Le trio local tient dans la journée : le sanctuaire Oarai Isosaki et son torii marin, l'aquarium Aqua World, puis le marché du port de pêche pour le midi. Si vous préférez sortir de la ville, remplacez l'aquarium par Mito et le jardin Kairakuen.
C'est la valeur la plus sûre de la journée pour une famille. Cet aquarium compte parmi les plus grands du pays et présente la collection de requins la plus variée du Japon, une cinquantaine d'espèces. Les bassins de poissons-lunes et les spectacles de dauphins occupent facilement deux heures.
Au marché du port de pêche. Les étals débordent de coquilles Saint-Jacques grillées, de chinchards séchés et de crabes, et les restaurants voisins servent des bols de riz couverts de poisson cru débarqué le matin même.
Oui, Mito se trouve à une vingtaine de minutes, environ 15 km, en taxi ou en train local depuis la gare d'Oarai. Le Kairakuen est l'un des trois grands jardins paysagers du Japon, créé en 1842, et ses trois mille pruniers fleurissent dès la fin de l'hiver.
Cela dépend de ce que vous venez voir. La fin de l'hiver donne les pruniers du Kairakuen; le printemps couvre les collines du parc Hitachi Seaside de millions de némophiles bleues; l'automne fait virer les mêmes pentes au rouge avec les kochias.
À marée haute ou par houle forte, quand les vagues éclatent au pied du rocher. Le lever du soleil dans l'axe du portail reste l'image la plus recherchée, mais elle demande une escale qui commence tôt.
Non, et il ne faut pas s'attendre à Tokyo ou Yokohama. C'est une ville balnéaire et poissonneuse de la préfecture d'Ibaraki, tournée vers l'océan depuis plus de mille ans, à environ deux heures au nord-est de Tokyo. Sa force est justement d'être à taille humaine.
Non. Le terminal partage son plan d'eau avec les traversiers : chaque soir, un traversier de nuit relie Oarai à Tomakomai, sur l'île d'Hokkaido, seize heures de navigation plus au nord. La ville vit de la mer dans les deux sens.