Ici, le désert entre dans la mer. Les navires accostent au Puerto General San Martín, un terminal posé sur la péninsule de Paracas, à environ 200 kilomètres au sud de Lima, dans un paysage d'ocres et de falaises que le Pacifique vient frapper. Aucune ville n'attend au pied de la passerelle : cette escale péruvienne se joue dans la réserve nationale voisine, sur les îles au large et, pour les plus ambitieux, jusqu'aux énigmes tracées dans les plaines de Nazca.

Un terminal aux portes de la réserve de Paracas

Le quai relève d'un port mixte, où les activités de marchandises côtoient l'accueil des passagers. Les distances imposent de s'organiser : le village d'El Chaco, base des excursions maritimes dans la baie de Paracas, se trouve à une quinzaine de kilomètres, soit 20 à 30 minutes de route, et la ville de Pisco à une trentaine de kilomètres. La quasi-totalité des croisiéristes optent pour une excursion, qu'elle soit vendue à bord ou réservée d'avance auprès d'agences locales qui viennent chercher leurs clients au terminal.

Les îles Ballestas, refuges d'une faune prodigue

La sortie la plus demandée mène aux îles Ballestas. Depuis El Chaco, des vedettes rapides gagnent en une demi-heure ces îlots rocheux souvent surnommés les « Galapagos du pauvre », un sobriquet injuste tant le spectacle se suffit à lui-même. Des colonies d'otaries se disputent les plages, des manchots de Humboldt se tiennent en équilibre sur les corniches, et des nuées de cormorans, de fous et de pélicans tournoient au-dessus des arches creusées par la houle. On ne débarque pas : le bateau se faufile entre les rochers, moteur au ralenti. En chemin, la plupart des pilotes marquent un arrêt face au Candélabre, un géoglyphe géant gravé dans la pente sablonneuse de la péninsule, dont l'origine et la fonction restent discutées.

Le désert côtier et ses couleurs

La réserve nationale de Paracas protège l'un des rares déserts côtiers du continent. Les routes qui la traversent mènent à des belvédères où la falaise tombe dans une eau étonnamment turquoise, à des plages aux teintes rougeâtres et à des étendues minérales balayées par le vent qui a donné son nom au lieu. Ce vent d'après-midi, régulier sur la péninsule, explique d'ailleurs que la plupart des sorties partent en matinée. Les circuits terrestres combinent généralement deux ou trois points de vue avec un passage au centre d'interprétation. Flamants roses et oiseaux de rivage fréquentent la baie selon les saisons.

Plus loin, l'empreinte des civilisations anciennes

Certaines excursions à la journée poussent vers Tambo Colorado, un complexe inca en adobe remarquablement conservé dans la vallée du fleuve Pisco, où subsistent des pans entiers de murs peints. Les survols des lignes de Nazca, proposés au départ d'aérodromes régionaux, demandent quant à eux un jour entier et un budget conséquent; ils ne conviennent qu'aux escales longues, et il faut composer avec les aléas de la météo et des petits appareils.

Repères pratiques

DestinationDistance ou durée depuis le quai
El Chaco (embarcadère des Ballestas)Environ 15 km, 20 à 30 minutes
Ville de PiscoEnviron 30 km
Circuit dans la réserve nationaleDemi-journée
Tambo ColoradoJournée ou grosse demi-journée

Ce que l'on remporte

Au retour, tandis que le terminal s'éloigne, la péninsule reprend son allure de croquis à l'encre ocre. De cette escale sans monuments ni ruelles, on garde des images d'une netteté rare : le vacarme des otaries, le vol groupé des cormorans, une falaise rouge au-dessus d'une eau claire. Peu d'escales sud-américaines concentrent autant de vie sauvage en si peu d'heures.