Le nom remonte à 1517 : les Espagnols trouvèrent ici des figurines féminines offertes à Ixchel, déesse maya de la Lune, dont le sanctuaire occupait la pointe sud. Cinq siècles plus tard, Isla Mujeres demeure une mince bande de terre de huit kilomètres posée face à Cancún, où l'on circule en voiturette de golf et où les journées s'étirent entre deux baignades. Les navires de croisière — de petites unités seulement — mouillent devant la côte ouest, à quelques encablures des maisons peintes, et les chaloupes accostent près du centre.

Playa Norte, l'eau jusqu'aux genoux

À la pointe nord, une langue de sable blanc s'avance dans une mer si peu profonde que l'on marche cent mètres avec de l'eau à mi-cuisse. Playa Norte figure régulièrement parmi les rivages les plus photographiés du Mexique, et le matin, avant l'arrivée des traversiers de Cancún, on y entend surtout le clapot et les frégates. Les palapas louent chaises et parasols; quelques bars servent une eau de coco fraîche à même la noix, et les balançoires plantées dans l'eau font le bonheur des photographes. La mer reste assez calme pour les tout-petits, et les planches à pagaie se louent à l'heure sur place.

Les rues du centre

Le damier du petit centre se parcourt à pied en une heure : façades turquoise, jaunes et corail, hamacs suspendus entre deux portes, murales consacrées à la mer et aux baleines-requins. La rue Hidalgo concentre restaurants et boutiques, plus paisibles que leurs équivalents du continent. On y négocie sans hâte, on y goûte un ceviche de conque, et l'on comprend vite pourquoi tant de voyageurs traversent chaque matin depuis Cancún simplement pour ralentir. Les habitants, eux, continuent de vivre au rythme des retours de pêche.

Punta Sur et le sanctuaire d'Ixchel

À l'extrémité sud, des falaises basses — parmi les premiers points du Mexique touchés par le soleil levant — portent les vestiges du temple dédié à Ixchel et un jardin de sculptures contemporaines aux couleurs franches. Le sentier fait le tour de la pointe au-dessus d'une mer qui passe du jade au bleu profond, avec Cancún en silhouette de l'autre côté du chenal. C'est la promenade la plus spectaculaire de l'île, et la brise y rend la chaleur très supportable.

Le tour de l'île en voiturette

Louer une voiturette de golf reste le rituel local par excellence. La boucle complète demande à peine deux heures, arrêts compris : côte orientale sauvage battue par les vagues, criques abritées de la rive ouest, points de vue signalés par des vendeurs de noix de coco. En chemin, certains s'arrêtent à la ferme des tortues de Sac Bajo, où bassins et enclos protègent œufs et juvéniles avant leur retour à la mer. Le volant à gauche, trente kilomètres à l'heure, l'air marin : difficile de faire plus simple comme liberté.

Sous la surface

Le parc de Garrafón, près de la pointe sud, combine tuba, tyrolienne au-dessus de l'eau et transats face au large. Les centres du bourg organisent aussi des sorties vers les statues immergées du MUSA, ce musée sous-marin devenu récif artificiel, où les silhouettes de béton se couvrent lentement de corail. Les fonds calmes de la rive ouest conviennent très bien aux nageurs occasionnels, surtout le matin quand la visibilité est à son meilleur, et les moniteurs locaux connaissent chaque patate de corail par son petit nom.

Repères pratiques

  • Mouillage au large de la rive ouest; débarquement en chaloupe près du centre.
  • Monnaie : le peso mexicain; dollars américains acceptés, prévoir de petites coupures.
  • Voiturettes de golf très demandées les jours d'affluence : réserver tôt le matin.
  • Punta Sur : entrée payante, chapeau et eau indispensables, peu d'ombre sur le sentier.