De loin, la silhouette surprend : des pitons volcaniques déchiquetés qui ont valu à Union son surnom de « Tahiti des Caraïbes ». Le mont Taboi, point culminant des Grenadines avec ses quelque 300 mètres, domine deux bourgs de pêcheurs, Clifton et Ashton, et des mouillages fréquentés par les voiliers du monde entier. Les navires ancrent au large et débarquent leurs passagers en navette, généralement au quai de Clifton, porte d'entrée méridionale de l'archipel vincentien.
Clifton, un front de mer qui vit au rythme des voiliers
Le bourg tient en trois rues parallèles au rivage. Cafés d'équipages, échoppes de fruits, ateliers de voilerie et petites tables créoles se partagent les façades de bois. Le marché couvert vend le thon et la dorade du matin, les avocats et les christophines de la semaine. L'ambiance doit beaucoup aux navigateurs de passage : Union sert d'escale de ravitaillement et de point de départ vers les Tobago Cays, et les conversations de comptoir passent de l'anglais au français en une phrase. Les traversiers inter-îles y accostent aussi, chargés de vivres, d'écoliers et de bonbonnes de gaz : le spectacle du quotidien grenadin à l'état pur.
Happy Island, le bar né des conques
Dans le lagon du bourg se dresse la curiosité la plus célèbre de l'île : Happy Island, un îlot entièrement artificiel qu'un habitant, Janti Ramage, a bâti à partir de l'an 2000 en empilant des milliers de coquilles de lambis abandonnées par les pêcheurs. Il y a installé un bar où l'on accoste en bateau-taxi pour siroter un punch entre ciel et récif. L'endroit se contemple aussi très bien depuis le rivage, silhouette improbable posée sur l'eau turquoise.
L'alizé en spectacle à Kite Beach
À l'extrémité est du lagon, la plage des kitesurfeurs attire des riders de toute la planète : le vent souffle ici avec une régularité rare et le plan d'eau, protégé par le récif, reste plat comme une patinoire. Les non-initiés s'installent à l'ombre des raisiniers pour le spectacle des voiles qui strient le ciel ; les curieux réservent une initiation auprès des écoles installées sur place. Les conditions les plus régulières soufflent en général de décembre à juin. Un bateau-taxi ou une courte marche depuis le quai suffit.
Ashton, les salines et le sentier du Taboi
La route côtière rejoint Ashton, le second bourg, plus résidentiel, adossé aux mangroves d'une ancienne marina jamais achevée devenue refuge d'oiseaux. Les marcheurs aguerris s'attaquent au mont Taboi : environ 40 minutes d'ascension raide depuis les hauteurs d'Ashton, récompensées par un panorama qui embrasse Carriacou, Mayreau et tout le semis des Tobago Cays. Prévoir de bonnes chaussures, beaucoup d'eau et l'accord de l'horaire de navette, car la sortie occupe une bonne demi-journée.
Repères pour l'escale
| Élément | Détail |
|---|---|
| Accostage | Ancrage au large, navette vers le quai de Clifton |
| Happy Island | Bateau-taxi de quelques minutes depuis le quai |
| Kite Beach | Extrémité est du lagon, marche courte ou bateau-taxi |
| Monnaie et langue | Dollar des Caraïbes orientales, dollar américain accepté ; anglais |
Une escale qui donne le goût du large
Union ne triche pas : ni resort géant, ni rue commerçante climatisée, seulement un port de pêche devenu carrefour de voiliers, un bar posé sur des coquillages et un sommet qui toise tout l'archipel. En remontant à bord, beaucoup de passagers regardent différemment les mâts ancrés dans le lagon ; l'envie de revenir un jour par la mer, à la barre plutôt qu'en passager, fait partie des souvenirs qu'on rapporte d'ici.


