Tout, à Cozumel, commence par l'eau. Quand Jacques-Yves Cousteau y plongea au début des années 1960, il classa ces récifs parmi les plus beaux du monde, et l'île mexicaine n'a jamais cessé depuis d'attirer ceux qui veulent voir sous la surface. Du pont du navire, la couleur annonce déjà le programme : un dégradé de bleus qui pâlit vers la côte, si transparent qu'on distingue les fonds depuis la rambarde. L'île, posée à une vingtaine de kilomètres de la péninsule du Yucatán, vit au rythme des navires ; elle en reçoit parmi les plus grands volumes des Caraïbes, et elle a appris à bien les accueillir.
Trois quais, une même côte
Selon la compagnie, le navire accoste à l'un des trois quais de la côte ouest. Punta Langosta place ses passagers directement au centre de San Miguel, la seule ville de l'île. Les quais International et Puerta Maya se trouvent à environ cinq kilomètres au sud ; les taxis y attendent en file et rejoignent le centre en une dizaine de minutes, à tarif fixe affiché. Bon à savoir : la côte ouest, abritée, offre une mer calme et des couchers de soleil sur le continent ; la côte est, ouverte sur le large, appartient aux vagues et au vent, splendide à contempler mais peu propice à la baignade.
San Miguel et le malecón
San Miguel de Cozumel s'étire le long de son malecón, la promenade qui borde la mer. Derrière les boutiques destinées aux passagers, la place centrale garde sa vie mexicaine : familles le soir, vendeurs de glaces, église modeste et musique qui déborde des terrasses. Les restaurants du centre servent les classiques du Yucatán, cochinita pibil, poisson à la tikin xic, ceviches au citron vert, à des prix qui redeviennent raisonnables dès qu'on s'éloigne de deux rues du front de mer. À un kilomètre au sud du quai de Punta Langosta, la petite plage publique de Caletita permet une baignade simple entre habitants et visiteurs, au pied d'un phare blanc.
Chankanaab, le récif à portée de plage
Pour goûter aux fonds marins sans expédition, le parc Chankanaab, à un quart d'heure de taxi au sud, combine plage aménagée, jardin botanique et lagune. On y entre dans l'eau depuis le rivage pour nager au-dessus de coraux fréquentés par les poissons-anges et les poissons-perroquets, entre des statues englouties, un Christ, une Vierge, le dieu maya de la pluie, devenues récifs artificiels. La formule convient parfaitement aux familles : chaises, casiers, restaurants et démonstrations culturelles sur place, avec la possibilité de ne rien faire d'autre que flotter.
Palancar et les grands récifs du sud
Les plongeurs et les nageurs plus ambitieux mettent le cap sur les récifs du sud, Palancar et Columbia en tête, accessibles en bateau depuis les quais ou les marinas. Les formations coralliennes y dessinent des colonnes et des jardins où circulent tortues, raies et bancs argentés, dans une visibilité qui dépasse souvent trente mètres. Les excursions d'une demi-journée s'ajustent bien aux horaires d'escale et incluent généralement un arrêt à El Cielo, un haut-fond de sable blanc semé d'étoiles de mer, où l'eau turquoise arrive à la taille. C'est l'image que la plupart des passagers rapportent de Cozumel.
Un détour chez Ixchel
L'île n'est pas qu'un rivage. Au centre, sous la végétation, le site de San Gervasio rassemble les vestiges d'un sanctuaire maya dédié à Ixchel, déesse de la lune et de la fertilité, où les femmes du continent venaient en pèlerinage bien avant l'arrivée des Espagnols. Les ruines restent modestes comparées à celles du continent, mais la visite, à une demi-heure du quai, offre une heure d'ombre, d'iguanes et d'histoire à qui veut varier sa journée de plage.
Le soleil du départ
Les navires quittent souvent Cozumel en fin de journée, quand le soleil descend vers le continent et embrase le détroit. Sur le pont, les passagers regardent l'île s'amincir, avec cette sensation particulière que laissent les escales réussies des Caraïbes : du sel sur la peau, des couleurs plein la tête, et l'envie précise de revenir voir ce qui se cache sous la surface, un masque sur le visage cette fois.


