La navette quitte le navire ancré au large et file vers un rivage sans immeubles, sans enseignes, presque sans voitures. Culebra apparaît ainsi : une poignée de collines vertes posées entre Porto Rico et les îles Vierges, à environ 27 kilomètres de la grande île. Les croisiéristes qui débarquent au quai municipal de Dewey, l'unique village, comprennent vite que cette escale ne ressemble à aucune autre du sud des Antilles. Ici, la mer fait tout le spectacle.
Dewey, un village qui tient dans la main
Quelques rues, un canal traversé par un petit pont, des cantines familiales où l'on sert des empanadillas de langouste et des jus de fruits pressés à la commande. Dewey se parcourt en une vingtaine de minutes, sans itinéraire précis. Les habitants circulent en voiturette de golf, saluent les nouveaux venus, prennent le temps de causer. Aucun grand complexe hôtelier ne s'est installé sur l'île, et cette retenue se ressent dans le rythme du village. On y ajuste sa montre au tempo local avant de partir vers les rivages.
Flamenco, une baie classée parmi les plus belles au monde
À environ quatre kilomètres du quai, la baie de Flamenco déroule son arc de sable clair entre deux pointes boisées. La route est vallonnée et la chaleur ne pardonne pas : mieux vaut monter à bord d'un público, ces navettes partagées qui attendent près du débarcadère. L'eau y reste calme presque toute l'année, protégée par le fer à cheval des pointes. À l'extrémité ouest, un char d'assaut rouillé repose dans le sable, vestige des exercices de la marine américaine qui a utilisé Culebra comme champ de tir jusqu'en 1975. Les artistes locaux l'ont repeint tant de fois qu'il fait maintenant partie du paysage.
Des tortues à quelques coups de palmes
Une grande partie de Culebra et de ses îlots forme un refuge faunique national créé dès 1909. Cette protection ancienne explique la santé des fonds marins. À Tamarindo, une crique toute proche, les tortues vertes broutent les herbiers à quelques mètres du bord ; on les observe en apnée, dans deux ou trois mètres d'eau, sans effort particulier. Les amateurs mieux équipés rejoignent le récif de Carlos Rosario, où coraux et poissons tropicaux se succèdent le long d'une paroi peu profonde. Masque et tuba se louent au village pour quelques dollars.
Culebrita, l'îlot au phare
Quand l'horaire de l'escale le permet, une sortie en bateau-taxi mène à Culebrita, un îlot inhabité coiffé d'un phare du XIXe siècle. Ses piscines naturelles creusées dans la roche, alimentées par les vagues, offrent une baignade différente de tout ce que proposent les grandes îles voisines. La traversée dure une quinzaine de minutes et se réserve directement au débarcadère, auprès des capitaines locaux.
Repères pour l'escale
| Élément | Détail |
|---|---|
| Accostage | Ancrage au large, transfert en navette vers Dewey |
| Plage Flamenco | Environ 4 km, 10 minutes en público |
| Apnée avec tortues | Playa Tamarindo, voisine de la plage principale |
| Monnaie et langue | Dollar américain ; espagnol et anglais |
Le retour vers le navire
En fin de journée, la navette repasse devant les voiliers au mouillage. Le sel sèche sur la peau, les images de la journée défilent : l'eau translucide de Flamenco, une carapace entrevue dans les herbiers, le bourg qui vivait sans se presser. Culebra n'a ni monument ni musée d'envergure, et c'est précisément ce dépouillement qui reste en mémoire. Ceux qui remontent à bord savent déjà qu'ils raconteront cette journée en premier.


