On surnomme la deuxième ville de Porto Rico « la Perla del Sur », la Perle du Sud, mais ses habitants préfèrent une formule bien à eux : « Ponce es Ponce », et le reste n'est que banlieue. Cette fierté tranquille saute aux yeux dès qu'on parcourt la cité, posée sur la côte caraïbe à environ 110 kilomètres de San Juan. Les navires accostent au quai industrialo-portuaire voisin de La Guancha, à quatre kilomètres environ du centre historique ; un taxi ou une navette d'excursion franchit cette distance en une dizaine de minutes.
La Plaza Las Delicias, cœur battant de la ville
Tout commence sur cette grande place ombragée de fontaines et de lauriers taillés. La Fuente de los Leones, rapportée de l'Exposition universelle de Buffalo en 1901, lance ses jets d'eau devant la cathédrale Notre-Dame-de-Guadalupe, reconstruite au fil des tremblements de terre qui ont marqué la région. Les bancs se remplissent tôt le matin : joueurs de dominos, vendeurs de café, employés municipaux qui traversent d'un pas lent. S'asseoir là quinze minutes en dit plus long sur le quotidien ponceño que bien des musées.
Le Parque de Bombas, caserne devenue emblème
Impossible de la manquer : une construction de bois rayée rouge et noir, plantée derrière la cathédrale depuis 1882. D'abord pavillon d'exposition, elle a ensuite abrité les pompiers volontaires de la ville pendant un siècle. Le bâtiment loge aujourd'hui un petit musée gratuit consacré à leurs exploits, dont la lutte contre le grand incendie du quartier commercial en 1899. Les anciennes pompes à bras y côtoient casques de cuir et photographies d'époque, sous un plafond aux poutres peintes.
L'architecture ponceña, entre néoclassique et créole
Autour de la place, les rues Isabel, Cristina et Reina alignent des demeures du tournant du XXe siècle : balcons de fer forgé, colonnades roses, corniches ouvragées. Ce style hybride, mi-européen mi-antillais, porte même un nom, le « Ponce créole ». Le Teatro La Perla, salle néoclassique de 1864, et la Casa Armstrong-Poventud comptent parmi les plus belles pages de ce livre d'architecture à ciel ouvert. Les amateurs d'art savent aussi que le Musée d'art de Ponce conserve l'une des collections européennes les plus réputées des Antilles, dont la célèbre toile Flaming June de Frederic Leighton.
Caja de Muertos, la réserve au large
Face au port, à environ 13 kilomètres de la côte, l'îlot de Caja de Muertos dresse sa silhouette allongée qui évoquerait, selon la légende, un cercueil flottant. Réserve naturelle protégée, il abrite des sentiers arides menant à un phare du XIXe siècle, des criques de sable où nichent les tortues et des fonds à faire rêver les adeptes de masque et tuba. Certaines excursions maritimes proposées lors des escales permettent d'y passer quelques heures ; les places demeurent limitées, mieux vaut réserver tôt.
Repères pour l'escale
| Élément | Détail |
|---|---|
| Accostage | Quai commercial, secteur La Guancha |
| Centre historique | Environ 4 km, une dizaine de minutes en taxi |
| Île Caja de Muertos | Environ 13 km au large, en excursion maritime seulement |
| Monnaie et langue | Dollar américain ; espagnol, anglais compris dans les secteurs touristiques |
Avant de remonter à bord
En redescendant vers le port, le regard s'attarde une dernière fois sur les collines sèches qui dominent les toits et sur la mer des Caraïbes, plus calme ici que sur la côte atlantique. La ville ne cherche pas à éblouir ; elle raconte, façade après façade, l'âge d'or du café et du sucre qui l'a bâtie. Ceux qui aiment les cités à taille humaine, où l'histoire se lit sur les balcons, quittent la Perle du Sud avec l'envie d'y revenir par la route, un jour, pour pousser plus loin l'exploration.


