Une cabine de téléphérique s'élève au-dessus des manguiers, et la côte nord dominicaine se déplie : baies successives, toits de Puerto Plata, océan piqueté de nuages. Beaucoup de passagers d'Amber Cove font de cette ascension le sommet de leur journée — au sens propre. Le terminal, aménagé en 2015 dans une anse de la baie de Maimón, se trouve à onze kilomètres de Puerto Plata, doyenne des villes de la côte atlantique du pays, fondée au tout début de la colonisation espagnole.
Un terminal pensé comme une station balnéaire
Amber Cove ne se limite pas à un quai : piscines avec bar dans l'eau, glissades, tyrolienne au-dessus du complexe, boutiques et terrasses occupent l'anse entière. Les familles qui souhaitent une journée sans logistique y trouvent leur compte sans sortir du site. Ce confort a toutefois un revers : rester dans l'enceinte, c'est passer à côté d'une région parmi les plus attachantes du pays. Les taxis et navettes attendent justement à la sortie.
Puerto Plata, la victorienne des tropiques
Le centre historique aligne ses maisons de bois aux dentelles peintes, héritage de la prospérité du XIXe siècle. La rue des parapluies, tendue de corolles multicolores, mène vers le parc Independencia et sa cathédrale. Face à la mer, la forteresse San Felipe, achevée en 1577 pour repousser les corsaires, compte parmi les plus anciennes constructions militaires européennes des Amériques; ses murs épais et son petit musée se parcourent en une demi-heure. Le Malecón, long boulevard de bord de mer, invite ensuite à marcher au rythme des vendeurs de noix de coco, entre pêcheurs à la ligne et parties de dominos disputées à l'ombre des amandiers. Les amateurs de sable pousseront jusqu'à Playa Dorada, complexe balnéaire établi à l'est de la ville, dont la longue plage blonde s'adosse à un golf dessiné par Robert Trent Jones.
L'ambre, mémoire de la région
La province a donné son nom au terminal pour une bonne raison : ses gisements d'ambre comptent parmi les plus riches au monde, avec des inclusions d'insectes vieilles de millions d'années. Le musée de l'Ambre, installé dans une villa d'époque, en expose des pièces spectaculaires, et des artisans taillent la résine fossile sous les yeux des visiteurs dans plusieurs ateliers du centre. Dans les boutiques, on trouve aussi le larimar bleu ciel, l'autre pierre fétiche du pays; privilégier un vendeur établi pour éviter les imitations.
Le pic Isabel de Torres et les 27 chutes
Le téléphérique hisse ses cabines à près de huit cents mètres, jusqu'à un jardin botanique embrumé que domine un Christ rédempteur aux bras ouverts, écho de celui de Rio. Sentiers courts, fougères arborescentes, orchidées et panorama complet sur la baie; il fait souvent dix degrés de moins qu'en bas, fraîcheur comprise dans le billet. Partir tôt augmente les chances d'un sommet dégagé, les nuages s'accrochant volontiers à la montagne en après-midi. Les plus aventureux mettront plutôt le cap sur les 27 chutes de la rivière Damajagua, à une demi-heure de route : casque et gilet fournis, on y remonte un canyon avant de redescendre en sautant et en glissant de vasque en vasque, encadré par des guides locaux. Fous rires garantis, vêtements de rechange fortement conseillés.
À l'heure du retour, le choix de la journée — farniente au bord de la piscine ou plongée dans un siècle et demi d'histoire portuaire — importe finalement peu : la silhouette du pic, elle, accompagne tous les départs. Elle donne rendez-vous.
Repères pratiques
- Piscines et installations du terminal accessibles sans frais; chaises longues limitées les jours d'affluence.
- Puerto Plata se rejoint en taxi ou navette en une vingtaine de minutes; convenir du tarif à l'avance.
- Les 27 chutes exigent de savoir nager et des chaussures qui tiennent au pied.
- Peso dominicain; dollars américains acceptés partout dans les zones touristiques.


