Bien avant le quai, c'est la couleur de l'eau qui annonce Roatán. Le récif mésoaméricain, deuxième plus grande barrière de corail au monde, frôle ici la surface et dessine autour de l'île des dégradés de turquoise visibles depuis le pont du navire. La plus grande des îles de la Baie du Honduras s'étire sur une soixantaine de kilomètres, couverte de collines vertes, et vit au rythme de la mer depuis toujours.
Deux terminaux, une même île
Les navires accostent à deux endroits distincts. Les bateaux de Carnival et de ses compagnies sœurs rejoignent Isla Tropicale, l'ancien Mahogany Bay, un complexe aménagé autour d'une anse privée avec sa bande de sable, ses boutiques et son télésiège au-dessus des palmiers. Les autres compagnies utilisent le quai de Coxen Hole, planté au cœur de la petite capitale insulaire, avec ses boutiques hors taxes et son marché d'artisanat à la sortie du débarcadère. Environ cinq kilomètres séparent les deux installations, et dans les deux cas, taxis et navettes attendent à la sortie pour rayonner vers la pointe occidentale, là où se concentrent les plus beaux rivages.
West Bay, le rivage qui a fait la réputation de Roatán
À une vingtaine de minutes de route des terminaux, West Bay aligne près de deux kilomètres de sable clair adossé à une eau peu profonde. Le récif s'approche à quelques dizaines de mètres du bord : masque et tuba suffisent pour survoler les coraux, croiser des poissons-perroquets et parfois une raie. C'est l'endroit le plus fréquenté de l'île, et pour cause. Ceux qui préfèrent une ambiance plus locale s'arrêtent juste avant, au village de West End, avec ses cabanes de bois colorées, ses écoles de plongée et ses petits restaurants les pieds dans le sable, où l'on mange une langouste grillée en regardant passer les bateaux.
Des paresseux et des aras au creux de la forêt
Roatán s'est aussi taillé une spécialité attachante : ses refuges animaliers. Plusieurs parcs installés entre les collines et la côte permettent d'approcher paresseux, singes capucins, iguanes et aras rouges, l'oiseau national du Honduras. Les visites se combinent facilement avec une séance de tyrolienne au-dessus de la canopée ou un arrêt baignade, le tout dans le cadre d'une demi-journée. Les familles en redemandent, et l'on comprend pourquoi en voyant un paresseux s'accrocher paresseusement à l'épaule d'un enfant.
Sous la surface
Les plongeurs certifiés connaissent ces fonds de réputation : tombants vertigineux, jardins de corail, épaves et eaux d'une clarté remarquable douze mois par année, le tout à quelques minutes de bateau du rivage. Les centres de plongée de la côte occidentale organisent des sorties adaptées aux horaires d'escale, y compris des baptêmes pour les débutants encadrés en petits groupes. Ceux qui souhaitent rester au sec peuvent opter pour une excursion en bateau à fond de verre au départ des terminaux.
Avant de remonter à bord
En fin de journée, le télésiège d'Isla Tropicale ramène les passagers vers le navire au-dessus des flamboyants, tandis qu'à Coxen Hole les étals de vanille, de sauces piquantes et de bois sculpté font les dernières affaires. Depuis le pont, on suit longtemps la ligne pâle du récif sous la surface. Roatán laisse le souvenir d'une eau qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans les Caraïbes occidentales, et l'envie assez nette d'y revenir avec plus de temps, et peut-être une certification de plongée en poche.
Repères pratiques
- Deux terminaux : Isla Tropicale (Carnival et compagnies associées) et Coxen Hole (autres compagnies), distants d'environ 5 km.
- West Bay se trouve à 11 ou 12 km des quais; compter 20 à 30 minutes de taxi selon la circulation.
- Le dollar américain est accepté partout; convenir du prix de la course avant de monter dans le taxi.
- Réserver tôt les excursions animalières et la plongée : les places partent vite les jours de forte affluence.


