Cabrits Dominica
Dominica

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Deux collines volcaniques éteintes, reliées à la grande terre par un isthme marécageux : la presqu'île des Cabrits verrouille le nord de la baie du Prince Rupert, dans le nord-ouest de la Dominique. Son nom viendrait des cabris que les marins de passage laissaient paître ici, garde-manger sur pattes pour les traversées suivantes. Le quai d'escale se trouve à l'intérieur même d'un parc national, cas à peu près unique dans les Antilles. À peine la passerelle franchie, le ton est donné : la forêt descend jusqu'à l'eau, les frégates tournoient au-dessus du mouillage et les premières ruines militaires émergent des arbres à cinq minutes de marche.

Fort Shirley, une garnison arrachée à la végétation

Les Britanniques fortifièrent ces hauteurs à partir de 1765 pour surveiller le canal qui sépare la Dominique de la Guadeloupe française. Fort Shirley logea jusqu'à six cents soldats répartis entre casernes, poudrières et batteries de canons. Longtemps englouti par la jungle, l'ensemble a été patiemment dégagé puis restauré : on parcourt aujourd'hui les esplanades, les citernes et les murs de pierre volcanique en compagnie des lézards. Depuis les remparts, la vue embrasse toute la rade, où les voiliers dessinent des virgules blanches; un coup d'œil suffit pour comprendre pourquoi les stratèges se disputaient ce plan d'eau. L'histoire du lieu dépasse l'anecdote militaire. En 1802, les soldats antillais du 8e régiment des Indes occidentales s'y révoltèrent contre leur condition; cette mutinerie pesa dans la décision de Londres d'affranchir, cinq ans plus tard, tous les soldats esclaves de l'armée britannique.

Les sentiers des deux sommets

Depuis la garnison, des sentiers balisés grimpent vers les hauteurs jumelles de la presqu'île. La montée vers West Cabrits demande une trentaine de minutes sous les grands arbres, entre chants d'oiseaux et racines luisantes; des trouées s'ouvrent sur la baie, le village de Portsmouth et la houle qui blanchit au pied des pentes. Les marcheurs reconnaîtront ici l'aboutissement du Waitukubuli National Trail : ce sentier de randonnée de 185 kilomètres, le plus long des Caraïbes, traverse toute l'île et achève son ultime tronçon précisément aux Cabrits.

Récifs et marécages

Le parc protège aussi ce qui se remarque moins. Les zones humides de l'isthme abritent hérons et crabes de terre, tandis que des formations coralliennes longent la baie de Douglas, juste au nord de la presqu'île. Masque et tuba suffisent pour observer poissons-perroquets et gorgones à quelques mètres du rivage, dans une eau généralement paisible, à l'abri des alizés. Les batteries en ruine qui gardaient autrefois cette anse dorment aujourd'hui sous les figuiers étrangleurs, à deux pas des serviettes de plage — l'artillerie et la baignade n'ont jamais fait si bon ménage.

Portsmouth, de l'autre côté de la baie

À trois kilomètres du débarcadère, Portsmouth aligne ses maisons basses entre la plage et les mornes. On y va pour le marché, pour les barques des pêcheurs, et surtout pour l'embouchure de l'Indian River, où des rameurs licenciés mènent leurs canots de bois sous la voûte des mangroves. L'excursion, courte et silencieuse, se combine sans difficulté avec la visite des fortifications dans une même demi-journée.

En fin de journée, beaucoup rentrent à pied, sans navette ni file d'attente, pendant que la lumière rasante réchauffe les murs de la garnison. Peu d'escales offrent pareil raccourci : passer en quelques enjambées du pont d'un navire au cœur d'un espace protégé où l'histoire et la forêt ont conclu une trêve.

Repères pratiques

  • Le quai est situé dans le parc national de Cabrits : un droit d'accès aux sites s'applique, souvent inclus dans les excursions.
  • Fort Shirley se rejoint en cinq minutes de marche par un chemin en pente douce.
  • Chaussures fermées recommandées : les sentiers restent humides une bonne partie de l'année.
  • Taxis et guides attendent à la sortie du débarcadère; convenir du prix avant le départ.

Questions fréquentes

Au quai situé à l'intérieur même du parc national des Cabrits, cas à peu près unique dans les Antilles. À peine la passerelle franchie, la forêt descend jusqu'à l'eau et les premières ruines militaires émergent des arbres à cinq minutes de marche.
Oui. Fort Shirley se rejoint en cinq minutes par un chemin en pente douce, et les sentiers des deux sommets partent de la garnison. Seul Portsmouth, à trois kilomètres, demande un taxi — ou une bonne marche pour les plus vaillants.
Fort Shirley et ses esplanades, la montée à West Cabrits — une trentaine de minutes — puis masque et tuba dans la baie de Douglas, juste au nord. L'excursion sur l'Indian River, depuis Portsmouth, se combine sans difficulté dans la même demi-journée.
Une garnison britannique fortifiée à partir de 1765 pour surveiller le canal qui sépare la Dominique de la Guadeloupe française. Elle logea jusqu'à six cents soldats entre casernes, poudrières et batteries. Longtemps engloutie par la jungle, elle a été patiemment dégagée puis restaurée : on parcourt aujourd'hui les esplanades et les citernes en compagnie des lézards.
Les soldats antillais du 8e régiment des Indes occidentales s'y révoltèrent contre leur condition. Cette mutinerie pesa dans la décision de Londres d'affranchir, cinq ans plus tard, tous les soldats esclaves de l'armée britannique. L'histoire du lieu dépasse largement l'anecdote militaire.
La montée vers West Cabrits demande une trentaine de minutes sous les grands arbres, entre chants d'oiseaux et racines luisantes. Ce n'est pas technique, mais les sentiers restent humides une bonne partie de l'année : chaussures fermées recommandées. Des trouées s'ouvrent sur la baie et le village de Portsmouth.
Oui. Des formations coralliennes longent la baie de Douglas, juste au nord de la presqu'île. Masque et tuba suffisent pour observer poissons-perroquets et gorgones à quelques mètres du rivage, dans une eau généralement paisible, à l'abri des alizés. Les batteries en ruine dorment sous les figuiers étrangleurs, à deux pas des serviettes de plage.
Le dollar des Caraïbes orientales. Les dollars américains sont largement acceptés. Prévoyez de la monnaie : un droit d'accès aux sites du parc national s'applique, souvent inclus dans les excursions, et les taxis et guides attendent à la sortie du débarcadère — convenez du prix avant le départ.
L'anglais est la langue officielle. On entend aussi un créole à base française, héritage de la présence française et de la proximité de la Guadeloupe et de la Martinique. Quelques mots de français passent parfois, mais l'anglais reste la langue de l'échange.
Le plus long sentier de randonnée des Caraïbes, 185 kilomètres qui traversent toute la Dominique et achèvent leur ultime tronçon précisément aux Cabrits. Les marcheurs de passage en parcourent souvent les derniers mètres sans le savoir, depuis la garnison vers les hauteurs jumelles.