Aix-en-Provence France

On entend Aix-en-Provence avant de la regarder : l'eau coule sur les places, dans les jardins des hôtels particuliers, au coin des rues, comme si la cité respirait par ses fontaines. Les navires, eux, accostent à Marseille ; une trentaine de kilomètres séparent le terminal de l'ancienne capitale de la Provence, soit 30 à 45 minutes en autocar d'excursion, en taxi ou en train depuis la gare Saint-Charles. Le déplacement se justifie pleinement : peu d'escales méditerranéennes offrent une telle concentration d'élégance dans un périmètre aussi marchable.

Le cours Mirabeau

Tout commence à la fontaine de la Rotonde, vaste bassin du XIXe siècle d'où partent les grandes artères. Le cours Mirabeau s'ouvre juste derrière : une double rangée de platanes centenaires, des façades des XVIIe et XVIIIe siècles aux balcons de fer forgé, des terrasses de cafés où l'ombre semble organisée depuis toujours. À mi-parcours, la fontaine moussue laisse filtrer une eau tiède sous une épaisse chevelure végétale. On la dépasse sans se presser ; ici, marcher lentement relève presque du savoir-vivre.

Les places et les marchés du vieil Aix

Au nord du cours, le lacis des rues anciennes réserve une place à chaque détour. La place Richelme accueille chaque matin un marché de producteurs : fromages de chèvre, olives, melons en saison, herbes coupées du jour. Un peu plus loin, la place de l'hôtel de ville réunit un beffroi à horloge astronomique, une halle aux grains sculptée et des façades pastel. Les amateurs de sucré repartent avec des calissons, ce losange d'amande et de melon confit que les confiseurs aixois façonnent depuis le XVe siècle.

Saint-Sauveur, mille ans en un seul édifice

La cathédrale Saint-Sauveur superpose les époques : un baptistère des premiers siècles chrétiens appuyé sur des colonnes romaines, un cloître roman minuscule et paisible, des nefs gothiques. À l'intérieur se cache le triptyque du Buisson ardent, peint par Nicolas Froment au XVe siècle pour le roi René. L'ensemble se trouve sur le chemin de l'université fondée en 1409, dans un quartier où étudiants et libraires entretiennent une animation constante.

Dans l'atelier de Cézanne

Paul Cézanne est né ici en 1839 et n'a jamais vraiment quitté sa lumière. Son atelier des Lauves, à une demi-heure de marche en montée depuis le centre, demeure tel qu'il l'a laissé : blouse accrochée, pots, crânes et bouteilles ayant servi aux natures mortes. Depuis le terrain voisin, la montagne Sainte-Victoire s'impose à l'horizon, exactement comme sur les toiles. En redescendant, le musée Granet conserve quelques œuvres du maître aux côtés de ses collections de peinture européenne. Ceux qui manquent de temps se rabattent sur l'hôtel de Caumont, demeure du XVIIIe siècle transformée en centre d'art, à deux pas du cours Mirabeau.

Repères pour l'excursion

ÉlémentDétail
AccostageTerminaux de Marseille ; Aix à environ 30 km
Trajet30 à 45 minutes en autocar, taxi ou train
Marché place RichelmeTous les matins
Atelier de CézanneÀ 1,5 km du centre, montée régulière
Monnaie et langueEuro ; français

La leçon aixoise

Sur la route du retour vers le navire, les collines défilent et la Sainte-Victoire s'attarde dans le rétroviseur. Aix n'a rien montré d'extraordinaire au sens strict : des platanes, de l'eau qui chante, des façades dorées. Elle a fait mieux. Elle a démontré qu'une après-midi peut suffire à comprendre pourquoi certains peintres ont consacré leur vie entière à la même montagne.