Kingston Jamaica Port Royal

On l'appelait la ville la plus dépravée de la Terre. Au dix-septième siècle, Port Royal servait de repaire aux flibustiers des Caraïbes, Henry Morgan en tête, et ses tavernes ne désemplissaient jamais. Puis, en juin 1692, un tremblement de terre engloutit les deux tiers de la cité sous la mer, emportant des milliers d'habitants et, aux yeux des prêcheurs de l'époque, réglant ses comptes avec Sodome. C'est sur cette langue de sable chargée de légendes, à l'entrée de la rade de Kingston, que les navires de croisière accostent depuis 2020.

Un village posé sur l'histoire

Le quai flottant débarque les passagers directement dans Port Royal, aujourd'hui paisible village de pêcheurs aux rues étroites. Tout se visite à pied, en une boucle d'environ un kilomètre et demi. L'atmosphère surprend : des barques colorées, des enfants qui reviennent de l'école, des restaurants de poisson réputés dans toute la Jamaïque, et partout, sous les pas, le souvenir d'une cité engloutie que les archéologues sous-marins explorent encore. Les plus flâneurs embarquent pour Lime Cay, un banc de sable clair posé sur la mer à quelques minutes de bateau, parfait pour une baignade sans programme.

Fort Charles, la sentinelle de la rade

Le plus ancien des six forts de Port Royal a survécu au séisme et se dresse toujours face à la passe. Horatio Nelson, alors jeune officier, y monta la garde; une plaque rappelle son passage sur le chemin de ronde. Les canons alignés, le petit musée maritime et la cour pavée se parcourent en trois quarts d'heure avec un guide local. À quelques pas, la Giddy House, ancienne poudrière de 1888, penche dangereusement depuis le tremblement de terre de 1907 : on y entre pour éprouver cette étrange sensation de déséquilibre qui lui a donné son nom.

Kingston, à une demi-heure de route

La capitale jamaïcaine s'atteint en longeant la flèche de sable des Palisadoes. Le musée Bob Marley, aménagé dans la maison où le musicien vécut de 1975 à sa mort en 1981, conserve son studio, ses disques d'or et sa chambre restée intacte : un pèlerinage pour quiconque a déjà fredonné No Woman, No Cry. Non loin, Devon House, demeure de 1881 construite par l'un des premiers millionnaires noirs de l'île, sert sous ses vérandas une crème glacée classée parmi les meilleures au monde par National Geographic. La Galerie nationale et le parc de l'Émancipation complètent aisément le circuit.

Les montagnes en toile de fond

Derrière la ville, les Blue Mountains dessinent une ligne bleutée qui culmine à plus de 2 200 mètres. Les escales longues permettent une montée vers les plantations où mûrit l'un des cafés les plus recherchés de la planète, dégustation face aux vallées comprise. L'air y fraîchit à mesure que la route grimpe, les fougères remplacent les palmiers, les nuages s'accrochent aux crêtes, et la Jamaïque révèle un visage que les circuits balnéaires ignorent complètement.

Remonter à bord avec une histoire

Peu d'escales offrent un tel raccourci : le matin chez les pirates, l'après-midi chez le roi du reggae, avec des montagnes à café en arrière-plan. Quand le navire quitte la rade et double Fort Charles, on regarde une dernière fois la surface de l'eau en songeant à la ville qui dort dessous. Certaines escales divertissent; celle-ci raconte.

Repères pratiques

  • Accostage au quai de Port Royal : le village et Fort Charles se visitent à pied.
  • Kingston se trouve à 25 ou 30 minutes de route; privilégier les excursions organisées ou les taxis autorisés.
  • Prévoir des dollars jamaïcains ou de petites coupures américaines pour les restaurants de poisson du village.
  • Le musée Bob Marley se visite uniquement en visite guidée; réserver tôt les jours d'escale.

Questions fréquentes

À Port Royal, sur la langue de sable qui ferme la rade de Kingston, et non dans la capitale elle-même. Le quai flottant, en service depuis 2020, débarque les passagers directement dans le village. Kingston se trouve à 25 ou 30 minutes de route.
Tout le village, en une boucle d'environ un kilomètre et demi : Fort Charles, la Giddy House, les restaurants de poisson et les ruelles de pêcheurs. Aucun transport n'est nécessaire tant qu'on reste à Port Royal.
Parce qu'elle fut au dix-septième siècle le repaire des flibustiers des Caraïbes, Henry Morgan en tête, et qu'on l'appelait la ville la plus dépravée de la Terre. En juin 1692, un tremblement de terre en engloutit les deux tiers sous la mer. Les archéologues sous-marins explorent encore la cité noyée.
Une ancienne poudrière de 1888 qui penche fortement depuis le tremblement de terre de 1907. On y entre pour éprouver la sensation de déséquilibre qui lui a donné son nom : le plancher incliné trompe complètement l'oreille interne. Elle est à quelques pas de Fort Charles.
Oui si l'escale dure au moins six heures. Le musée Bob Marley, installé dans la maison où il vécut de 1975 à sa mort en 1981, et Devon House, demeure de 1881 célèbre pour sa crème glacée, se combinent en une demi-journée. Le trajet longe la flèche de sable des Palisadoes.
Oui. Il se visite uniquement en visite guidée, et les créneaux partent vite les jours d'escale. Réservez tôt ou passez par une excursion organisée, sans quoi vous risquez de faire la route pour rien.
Oui, en embarquant pour Lime Cay, un banc de sable clair à quelques minutes de bateau du village. C'est une baignade sans programme et sans installations : apportez de l'eau et de l'ombre, il n'y a rien sur place.
Seulement si l'escale est longue. Les crêtes culminent à plus de 2 200 mètres et les plantations de café se visitent avec dégustation face aux vallées. La route grimpe lentement, l'air fraîchit, les fougères remplacent les palmiers. Comptez la journée entière.
Le dollar jamaïcain, avec de petites coupures américaines souvent acceptées. Les restaurants de poisson du village fonctionnent surtout en espèces. La langue officielle est l'anglais; dans la rue, c'est le patois jamaïcain qui domine.
Par une excursion organisée ou un taxi autorisé, jamais par un véhicule hélé au hasard. Convenez du prix et de l'heure de retour avant de partir. Kingston est une vraie capitale de travail, et certains quartiers ne se visitent pas en autonomie.