Deux noms pour une même escale, et une distinction utile à faire dès le départ. Puntarenas, la ville historique, occupe une étroite langue de sable qui s'avance dans le golfe de Nicoya ; Puerto Caldera, à une vingtaine de kilomètres au sud, concentre aujourd'hui l'essentiel du trafic maritime costaricien. Les navires accostent le plus souvent à Caldera, un terminal à conteneurs où la marche est interdite sur les quais : une navette conduit les passagers à la sortie, et les autocars d'excursion attendent au pied de la passerelle. De là, le centre du pays s'ouvre dans toutes les directions.
Puntarenas, la promenade et le granité
Une vingtaine de minutes de route suffit pour rejoindre Puntarenas, la « perle du Pacifique » des anciens, longtemps unique débouché maritime du café costaricien. La ville a gardé de cette époque une âme populaire et balnéaire qui se goûte le long du Paseo de los Turistas, la promenade qui borde la plage sur des kilomètres. Les familles s'y baignent, les comptoirs servent du poisson grillé, et l'on y déguste la spécialité maison : le « churchill », un granité généreux garni de sirop, de crème glacée et de lait condensé, institution locale depuis des générations. Au large de la pointe, l'île San Lucas, ancienne prison devenue parc national en 2020, se visite en bateau : sentiers, plages et bâtiments pénitentiaires chargés d'histoires composent une sortie originale. Le quai des traversiers, au bout de la langue de sable, relie par ailleurs la péninsule de Nicoya, et ce va-et-vient donne au front de mer un air de gare maritime d'autrefois.
La forêt à moins d'une heure
Le parc national Carara, à une trentaine de minutes de Caldera, offre le condensé de nature le plus accessible de l'escale. Ses sentiers plats traversent une forêt de transition où les aras rouges tiennent le premier rôle, appuyés par toute une distribution de trogons, singes et iguanes. Sur la route, l'arrêt au pont du fleuve Tárcoles s'impose : les crocodiles qui paressent en contrebas comptent parmi les plus imposants du pays, et le spectacle se contemple en toute sécurité depuis le tablier.
Plus loin, plus haut
Les excursions de pleine journée élargissent l'horizon. Les autocars grimpent vers les brumes de Monteverde et ses ponts suspendus dans la canopée, ou mettent le cap sur San José, la capitale, à environ 90 kilomètres à l'est, pour ses musées de l'Or et du Jade et son théâtre national. Côté mer, les catamarans rejoignent l'île Tortuga et ses eaux claires pour une journée de baignade et de masque et tuba. Chacune de ces sorties occupe l'essentiel de l'escale : choisissez selon vos envies de forêt, de ville ou de sable, en vérifiant les heures de retour.
Repères utiles
| Destination | Depuis Puerto Caldera |
|---|---|
| Puntarenas (Paseo de los Turistas) | environ 20 minutes |
| Parc national Carara | environ 30 minutes |
| San José | environ 90 km à l'est |
| Monteverde | journée complète |
Des taxis attendent à la sortie du terminal pour qui préfère composer son itinéraire librement ; convenez du tarif avant le départ et gardez une marge sur l'heure de rappel à bord. Prévoyez de l'eau, un chapeau et des vêtements légers : la côte pacifique centrale conjugue chaleur et humidité une bonne partie de l'année, avec des averses possibles en après-midi durant la saison verte. Les colones et les dollars américains se côtoient dans les commerces, et les distributeurs ne manquent pas en ville.
À l'heure du départ, depuis le pont, le golfe de Nicoya déploie ses îles dans la lumière déclinante pendant que les grues du terminal reprennent leur ballet. L'escale aura peut-être mené aux aras de Carara, aux brumes de Monteverde ou à un simple granité face à la mer : autant de versions d'un même pays qui ne déçoit à peu près jamais ceux qui prennent le temps de le regarder.


