Une capitale où l'eau chaude sort de la terre et où les cétacés croisent au large du centre-ville : Reykjavik ne ressemble à aucune autre grande escale d'Europe. La plupart des navires accostent au terminal de Skarfabakki, à environ quatre kilomètres du cœur de la capitale islandaise; taxis, autobus urbains et navettes des compagnies couvrent le trajet, et les marcheurs peuvent longer le front de mer en une cinquantaine de minutes, jalonnée de sculptures et de vues sur le mont Esja.

Hallgrímskirkja et les rues colorées

Le repère le plus sûr de la journée s'aperçoit de presque partout : Hallgrímskirkja, église de béton clair haute de 73 mètres dont la façade évoque des orgues basaltiques. L'ascenseur de la tour mène à un point de vue imprenable sur les toits de tôle rouge, bleue et verte qui dévalent vers la baie. En contrebas, les rues Skólavörðustígur et Laugavegur concentrent boutiques de laine islandaise, galeries, cafés et librairies; la première, peinte aux couleurs de l'arc-en-ciel, mène le regard droit vers le parvis. La plus septentrionale des capitales d'État se parcourt à pied sans effort : tout le centre tient dans un rayon d'un kilomètre.

Harpa, le vieux port et les baleines

Face à la mer, la salle de concert Harpa capte la lumière dans ses milliers d'alvéoles de verre inspirées des cristaux de basalte, une façade conçue avec l'artiste Olafur Eliasson. À quelques minutes le long de l'eau, la sculpture du Voyageur du soleil, squelette d'acier d'un navire tourné vers le large, offre l'un des arrêts photo les plus courus du pays. Le vieux port voisin a gardé ses bateaux de pêche, mais ses hangars abritent désormais bistros de poisson et billetteries d'excursions : les sorties d'observation des baleines partent d'ici et croisent petits rorquals, dauphins à bec blanc et parfois baleines à bosse dans la baie de Faxaflói. Au coin des hangars, un modeste comptoir à hot-dogs nourrit la population depuis 1937; la file d'attente fait partie du folklore.

Geysers, cascades et lagons

En ville même, le dôme de verre du Perlan, posé sur d'anciens réservoirs d'eau chaude, combine expositions sur les volcans et terrasse panoramique. Beaucoup de passagers consacrent toutefois l'escale aux merveilles naturelles de l'arrière-pays. Le circuit du Cercle d'or combine en une journée le parc national de Þingvellir, vallée de faille où siégea l'un des plus anciens parlements du monde, le champ géothermique de Geysir, dont le geyser Strokkur jaillit toutes les cinq à dix minutes, et la double chute de Gullfoss. Les amateurs d'eaux chaudes visent plutôt les lagons géothermiques, dont le célèbre Lagon bleu près de l'aéroport de Keflavík, à environ 50 minutes de route : réservation indispensable. Dans tous les cas, gardez une marge confortable avant l'heure de rappel à bord.

Trois façons de vivre l'escale

FormuleTemps requisPour qui
Centre à pied : église, Harpa, vieux port3 à 4 heuresPremiers contacts avec la capitale
Sortie baleines depuis le vieux port3 à 4 heuresFamilles et amoureux de la faune
Cercle d'or ou lagon géothermiqueJournée presque complèteVoyageurs tournés vers la nature

Avant que les amarres tombent

Reykjavik laisse un mélange singulier d'urbanité et d'éléments bruts : on y boit un espresso soigné une heure après avoir vu la vapeur monter d'une faille. En revenant vers Skarfabakki le long de la baie, le mont Esja change encore de couleur avec la lumière, comme pour rappeler que l'Islande commence à peine derrière la ville. Prévoyez des vêtements pour quatre saisons dans la même journée, conseil local qui n'a rien d'une blague. Rares sont les escales qui donnent aussi vite l'envie d'un vrai retour, en semaine entière cette fois.