Salerne s'ouvre comme un balcon sur le golfe qui porte son nom, entre les falaises de la côte amalfitaine et les plaines à mozzarella du sud. Le navire s'amarre au môle Manfredi, à une quinzaine de minutes à pied du centre historique : une rareté en Italie, où tant d'escales exigent navettes et transferts. Ici, tout commence par une promenade de front de mer plantée de palmiers, le Lungomare Trieste, que les Salernitains arpentent à toute heure, entre joggeurs du matin et familles du soir.
La ville de la première école de médecine
Au Moyen Âge, Salerne rayonnait sur toute l'Europe grâce à son École médicale, la plus ancienne institution du genre sur le continent, où médecins chrétiens, juifs et arabes partageaient leurs savoirs. Le Jardin de la Minerve en conserve la trace la plus émouvante : ce jardin botanique en terrasses, suspendu au-dessus des toits, cultivait les plantes médicinales servant à l'enseignement. On y grimpe par les ruelles hautes du centre historique; la vue sur le golfe et le parfum des agrumes récompensent l'effort; une tisane préparée selon les recettes anciennes se déguste sur place, face à la mer.
Le Duomo et les ruelles marchandes
La cathédrale San Matteo, édifiée par les Normands au 11e siècle, garde dans sa crypte les reliques de l'évangéliste Matthieu. Son atrium à colonnes antiques, récupérées de Paestum, et son campanile arabo-normand composent un ensemble d'une grande élégance; la crypte baroque, entièrement revêtue de marbres polychromes, surprend par son faste. Tout autour, la Via dei Mercanti déroule ses boutiques dans un lacis de ruelles médiévales où l'on croise davantage d'étudiants que de touristes. Les pâtisseries y vendent la sfogliatella tiède et le café se boit debout, à la mode du sud. Levez les yeux dans la Via dei Mercanti : arcs lombards, portails normands et balcons espagnols se superposent, résumé de mille ans de dominations successives.
Un château au-dessus du golfe
Sur les hauteurs, le château d'Arechi surveille la ville depuis le 8e siècle. Un autobus urbain y grimpe en une vingtaine de minutes; les remparts lombards offrent un panorama qui court des falaises amalfitaines au Cilento. Les marcheurs peuvent redescendre à pied vers le centre par des sentiers en lacets, entre oliviers et figuiers de Barbarie.
La porte de la côte amalfitaine et de Paestum
Salerne constitue l'un des meilleurs points de départ qui soient pour la côte amalfitaine. Du quai voisin du terminal, les traversiers de la ligne côtière rejoignent Amalfi en trente-cinq minutes environ et Positano en un peu plus d'une heure : la fameuse route en corniche, admirée depuis la mer, se passe volontiers des embouteillages. Les amateurs d'antiquité choisiront plutôt Paestum, à une quarantaine de minutes de train : ses trois temples grecs, parmi les mieux conservés du monde méditerranéen, se dressent dans une plaine où paissent les bufflonnes. Pompéi et le Vésuve restent également accessibles en excursion d'une demi-journée.
| Repères d'escale | Détails |
|---|---|
| Accostage | Môle Manfredi, centre à 15 minutes à pied |
| Traversier vers Amalfi | Environ 35 minutes depuis le quai voisin |
| Paestum | Train régional, environ 40 minutes |
| À goûter | Sfogliatella, mozzarella di bufala, citrons de la côte |
L'heure de la passeggiata
En fin d'après-midi, la ville entière descend sur le Lungomare pour la passeggiata, ce rituel italien de la marche lente entre connaissances. Se joindre au mouvement, gelato à la main, reste la plus belle façon de conclure l'escale. Salerne n'a ni la célébrité de Naples ni le vertige d'Amalfi; elle offre à la place une Italie du Sud quotidienne et sincère, qui laisse au passager le sentiment d'avoir été un invité plutôt qu'un client. Et c'est souvent ce sentiment-là, davantage que les panoramas, qui donne envie de reprendre un jour le même quai.


