Depuis le pont du navire, le premier voisin de quai attire immédiatement l'attention : un porte-avions. Le USS Midway, géant d'acier devenu musée, est amarré juste en face du terminal de la jetée B Street, en plein centre-ville de San Diego. Rares sont les escales nord-américaines aussi simples à vivre : on descend la passerelle et la Californie du Sud commence aussitôt, baignée d'une lumière douce presque toute l'année.
Un porte-avions pour commencer
Traverser la rue suffit pour monter à bord du Midway. Le pont d'envol aligne ses avions de chasse et ses hélicoptères, tandis que les entrailles du navire livrent cuisines, dortoirs et salle des machines. D'anciens marins, souvent bénévoles, racontent leur quotidien en mer avec un plaisir contagieux, cent anecdotes à l'appui, du décollage de nuit aux tempêtes du Pacifique. Deux ou trois heures passent très vite, et le panorama sur la baie depuis le pont supérieur vaut à lui seul la montée.
Le front de mer et le quartier Gaslamp
En longeant ensuite l'esplanade du port vers le sud, les voiliers et les navires historiques défilent le long des quais. Une dizaine de minutes de marche vers l'est mène au Gaslamp Quarter, le quartier victorien du centre : façades de brique ornées, lampadaires anciens, restaurants et terrasses qui s'animent dès le midi. Le contraste amuse : des immeubles victoriens soigneusement restaurés voisinent avec les tours de verre, et les enseignes au néon rappellent le passé turbulent de ce secteur de marins. Les amateurs de baseball pousseront jusqu'au Petco Park voisin, le stade des Padres, intégré au tissu urbain comme peu de stades savent l'être.
Balboa Park, le géant vert
Quelques minutes de taxi conduisent à Balboa Park, l'un des plus vastes parcs urbains du continent. Ses pavillons de style colonial espagnol, hérités des expositions de 1915 et 1935, abritent une quinzaine de musées entourés de jardins. C'est aussi là que se trouve le zoo de San Diego, mondialement réputé pour ses habitats soignés. Une escale ne permet pas de tout couvrir : mieux vaut choisir un musée ou le zoo, puis flâner sous les arbres du parc, où musiciens de rue et jardins de cactus se partagent les allées.
Old Town, la mémoire mexicaine
Depuis la gare Santa Fe, à six minutes à pied du terminal, le tramway rejoint Old Town, le noyau d'origine de la Californie espagnole puis mexicaine. Maisons d'adobe restaurées, cours ombragées, artisans et restaurants de cuisine mexicaine recréent l'atmosphère du XIXe siècle. On y goûte des tortillas préparées à la main en écoutant les mariachis, à vingt minutes à peine des tours de verre du centre.
Little Italy, la surprise voisine
À quelques rues au nord du terminal, l'ancien quartier des pêcheurs italiens a gardé son nom et retrouvé sa vitalité. Little Italy aligne trattorias, cafés à l'espresso serré et marchés de producteurs le long de rues piétonnes où les fontaines remplacent la circulation. L'endroit se prête bien à un lunch sans se presser, à mi-chemin entre le navire et la gare du tramway, et rappelle que San Diego s'est aussi construite sur le thon et les filets, bien avant les hôtels du front de mer.
La baie jusqu'au bout
En fin de journée, l'esplanade du bord de l'eau se prête à une dernière balade face aux voiliers. Les pélicans plongent près des jetées, les traversiers glissent vers Coronado, et le soleil descend derrière la pointe Loma dans un ciel qui vire à l'orangé. San Diego se quitte à regret, avec le sentiment d'avoir seulement feuilleté le premier chapitre d'une région où la mer, l'histoire militaire et la culture mexicaine se répondent sans jamais se contredire.


