Savone travaille. Sur ses quais, les traversiers pour la Corse croisent les navires de croisière, les grues du port marchand ponctuent l'horizon, et la ville vaque à ses affaires ligures sans se soucier outre mesure des visiteurs. C'est précisément ce qui la rend attachante : port d'attache majeur de la flotte de Costa Croisières, Savone reste une vraie ville italienne du quotidien, à 45 km à l'ouest de Gênes, où le centre ancien commence à environ 300 mètres du terminal.
Du Palacrociere, le terminal des croisières, une passerelle franchit la darse et débouche dans la vieille darse aux façades ocre et jaunes. Dix minutes de marche par la via Paleocapa, l'artère à arcades, suffisent pour être au cœur de la cité. Tout, ici, se fait à pied.
La tour du navigateur
Première rencontre au bord du bassin : la tour Leon Pancaldo, vestige médiéval des anciennes murailles, qui porte le nom du navigateur savonais parti autour du monde avec Magellan. Petite, carrée, coiffée d'une niche votive, elle sert de trait d'union entre le port et la ville et rappelle que l'endroit a toujours vécu de la mer. Les arcades de la via Paleocapa s'ouvrent juste derrière, avec leurs cafés et leurs commerces à l'ancienne.
Des papes et des tours
Le centre historique réserve une surprise de taille : Savone a donné deux papes à la Renaissance, Sixte IV et Jules II, tous deux de la famille della Rovere. On leur doit la cathédrale de l'Assomption et, accolée, la sa propre chapelle Sixtine, éclatante de stucs et de fresques, construite par Sixte IV comme mausolée pour ses parents; son homonyme romaine lui vole la vedette, mais la découvrir ici, dans une ruelle ligure, fait tout le sel de la balade. Autour, la torre del Brandale et les palais rappellent la prospérité de l'ancienne rivale de Gênes.
La forteresse du Priamar
Dressée sur son promontoire entre le port et la mer, la forteresse du Priamar veille sur la rade depuis 1542. Les Génois l'élevèrent après avoir soumis leur rivale; elle servit plus tard de prison, et le patriote Giuseppe Mazzini y fut détenu. Aujourd'hui, ses remparts se parcourent librement : bastions massifs, cours intérieures, et des terrasses d'où le regard embrasse les bassins, les toits et la Méditerranée. C'est la promenade panoramique de l'escale, à une quinzaine de minutes à pied du navire; comptez une bonne heure pour l'explorer sans vous presser.
Pause ligure
La cité se goûte autant qu'elle se visite. Dans les ruelles, les fours vendent la farinata, galette de pois chiches cuite au feu de bois, et la focaccia encore tiède. Le marché et les boutiques regorgent de pesto, d'huile d'olive de la Riviera et d'amaretti. Une assiette de trofie au pesto à une terrasse de la vieille darse, face aux bateaux, résume assez bien le bonheur simple de cette côte.
Distances utiles
| Lieu | Accès depuis le Palacrociere |
|---|---|
| Vieille darse et tour Leon Pancaldo | Environ 300 mètres |
| Via Paleocapa et centre ancien | De 10 à 15 minutes à pied |
| Cathédrale et chapelle Sixtine | Environ 15 minutes à pied |
| Forteresse du Priamar | Environ 15 minutes à pied |
Beaucoup de passagers embarquent ici sans accorder un regard à la ville, pressés de rejoindre Gênes ou les villages de la Riviera. Ils manquent une escale sans prétention, où les trésors se cachent derrière des façades ordinaires et où l'on peut, en une demi-journée tranquille, passer d'une chapelle papale à un bastion du 16e siècle, puis à un cornet de farinata mangé au bord de l'eau.
Savone n'élève jamais la voix. Elle laisse ses pierres, ses papes et ses parfums de four à bois parler pour elle, et c'est souvent une fois au large qu'on réalise combien on a aimé l'écouter.


